Cultivé sur tout le pourtour méditerranéen, l’anis vert est surtout utilisé comme épice ou pour produire des condiments. Mais ses graines et son huile essentielle sont aussi recommandées, depuis l’époque pharaonique, pour faciliter la digestion et traiter les inflammations des voies respiratoires. De là à dire que le pastis est bon pour la santé…

Originaire du Moyen-Orient, l’anis vert est désormais cultivé dans toutes les régions tempérées du bassin Méditerranéen. Svelte et très aromatique, la Pimpinella anisum – ou anis cultivé, musqué, officinal ou encore sucré – est une plante herbacée annuelle qui mesure de 50 à 80 cm de haut et qui fait partie de la famille des apiacées. Des feuilles inférieures rondes et des feuilles supérieures plutôt découpées supportent une tête florale dont les fruits – des graines – sont récoltés immédiatement après la floraison, c’est-à-dire en juillet et en août. Ecrit vers 1550 avant J.-C., le papyrus Ebers, l’un des plus anciens traités médicaux connus, évoque déjà l’anis, qui entrait dans la composition de la thériaque, un remède miracle guérissant, selon Pline l’Ancien, toutes les maladies et intoxications. Au vie siècle avant J.-C., déjà, Pythagore attribuait à l’anis vert des vertus surnaturelles, alors qu’Hippocrate, un siècle plus tard, le recommandait contre la toux et les aigreurs d’estomac. Le médecin militaire romain Dioscoride, dans son Materia medica, citait l’anis comme un « remède particulièrement bon ». Si l’origine de l’appellation Pimpinella semble provenir de la langue romane, des textes médicaux anciens mentionnent l’utilisation des graines comme diurétique, mais également en cas de problèmes digestifs et de maux de dents. C’est que la plante intrigue depuis toujours, à tel point qu’elle a même été considérée comme aphrodisiaque. Finalement, ce sont surtout ses vertus digestives qui ont été mises en évidence.

Efficace contre les troubles digestifs
Après la cueillette, ses fruits sont séchés et conservés à l’abri de la lumière et de l’humidité pour préserver toutes leurs propriétés, car le fruit de l’anis vert est riche en polysaccharides, en protides, en lipides, en flavonoïdes et en glucosides. Le rendement moyen en huile essentielle de l’anis vert est de 2 ou 3 %. Celle-ci contient de l’E-anéthol à 80 ou 90 %, un composé organique utilisé notamment en parfumerie et dans la fabrication des liqueurs. Les graines, écrasées et consommées en infusion, ainsi que leur huile essentielle, combattraient les ballonnements, provoqueraient l’expulsion des gaz intestinaux et contribueraient à la sécrétion salivaire et à la sécrétion gastrique. L’anis vert favoriserait en outre le péristaltisme – les contractions de l’œsophage et de l’intestin qui permettent d’assurer le cheminement du contenu du tube digestif. Ces vertus carminatives et antispasmodiques le rendent aussi efficace dans le traitement de troubles digestifs divers que contre les éructations. Enfin, favorisant les sécrétions bronchiques, l’anis vert est réputé pour faciliter l’expectoration en cas de toux.

Plante médicinale et usage culinaire
Certes, pratiquement aucune étude clinique chez l’homme n’a prouvé l’efficacité des infusions d’anis vert ou de son huile essentielle, mais celles qui ont été conduites chez les animaux ont montré que ces derniers voyaient leur toux réduire et les contractions de l’intestin dont ils étaient victimes diminuer. L’allergie connue à l’anéthol, présent aussi dans le céleri, le cumin, la coriandre, le fenouil ou l’aneth, en contre-indique évidemment l’utilisation. De même, il vaut mieux éviter de consommer de l’anis vert à haute dose en raison de son effet potentiellement soporifique ou euphorisant. Et, comme toute huile essentielle – qu’il faut éviter d’ingérer en raison de leur toxicité –, les doses élevées et prolongées d’huile essentielle d’anis vert ont un effet stupéfiant et provoquent une ivresse accompagnée de tremblements, voire une confusion mentale et des convulsions. Eh bien… Il n’empêche que l’Agence européenne du médicament (EMA) recommande l’anis vert pour soulager les douleurs gastro-intestinales modérées, dont les flatulences et les ballonnements. A cela, la Coopération scientifique européenne en phytothérapie (ESCOP) ajoute un usage traditionnel dans les catarrhes des voies respiratoires supérieures que confirme la Commission E. Enfin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît son usage en médecine traditionnelle comme tonique, aphrodisiaque et dans le traitement des infections des voies urinaires. De plus, depuis des siècles, l’anis est toujours très apprécié sous forme d’ouzo, de raki, de pastis, d’anisette ou autres. Alors… apéro ?

Indications

• En infusion : infuser 3 g de graines écrasées dans 150 ml d’eau frémissante, 2 ou 3 tasses par jour. L’Herbier de France, 2,95 € les 50 g ou en sachet-dose. Médiflor, 4 € les 24 sachets.
• En inhalation : quelques gouttes d’huile essentielle dans un bol d’eau bouillante. Inhaler les vapeurs pendant 15 min. Aroma-Zone, 5,50 € les 10 ml.
• En gélules : 5 gélules par jour pendant trois semaines. Floressance, Lea Nature, 6,60 € les 45 gélules. ­­