Le champion de l’audio premium et made in France, Devialet, a lancé en 2014 Phantom, une enceinte sans fil qui a bouleversé un marché devenu ronronnant. Retour sur le lancement de cet ovni de l’audio haut de gamme avec Quentin Sannié, le président.

Devialet ne fait rien comme les autres… A l’opposé des start‐up éphémères, il développe et commercialise des systèmes audio à la qualité inégalée, en s’appuyant sur un portefeuille de 80 brevets exclusifs. Néanmoins, ses usines sont situées à Montceaules‐Mines (Saône‐et‐Loire) et à Fontainebleau (Seine‐et‐Marne), et ses clients se trouvent principalement hors des frontières de l’Hexagone. Dans son siège parisien, ingénieurs et designers mitonnent de concert des appareils qui changeront notre perception de la musique. A commencer par l’enceinte sans fil Phantom, sur laquelle revient le CEO de cette success‐story, Quentin Sannié.

The Good Life : Comment s’est déroulée la conception de la Phantom ?
Quentin Sannié : Dès le départ, notre objectif était de diviser par trente le prix et la taille d’une chaîne hi‐fi à 50 000 euros. Le but, à moyen terme, est de créer un marché de mass premium : cibler les amateurs de musique qui ne sont pas pour autant des dingues de technologie. On passe ainsi de quelques milliers de clients potentiels à des millions.

The Good Life : Quelles ont été les contraintes techniques ?
Q. S. : Avec la Phantom, la restitution descend à 16 Hz, la note la plus basse de l’instrument le plus grave, et on atteint 105 dB, soit le volume d’un concert de rock, le tout dans un volume de 10 litres. Pour arriver à ces performances jamais vues, la Phantom adopte une forme proche de la sphère pulsante, qui est en physique la source sonore parfaite.

TGL : Comme avec vos amplis, on peut associer plusieurs Phantom entre elles…
Q. S. : Oui, il est possible de cumuler jusqu’à 24 Phantom pour équiper une maison entière. On peut alors choisir d’écouter la même chose partout ou des morceaux différents dans chaque pièce. Notre application Spark permet de mixer les sources : ordinateur, streaming, tablettes et smartphones. Toutes se retrouvent sur l’interface de contrôle et toutes les personnes connectées au réseau peuvent ajouter leur discothèque au pot commun. Ensuite, l’application permet de choisir ce qui sera joué sur chaque enceinte et à quel niveau sonore. On ne se soucie plus d’où vient la musique, elle est immédiatement disponible…

TGL : L’effet visuel de la Phantom est également surprenant…
Q. S. : En effet, les haut‐parleurs latéraux vibrent de façon spectaculaire, mais ce n’est pas quelque chose d’artificiel. Ce mouvement est dû à notre technologie Heart Bass Implosion, qui permet de restituer des graves à fort volume grâce à des haut‐parleurs exclusifs.

TGL : Comment s’est passée leur conception ?
Q. S. : On a d’abord cherché une usine capable de les produire, mais on ne l’a pas trouvée, car, avec 24 mm de débattement, ils excèdent tous les cahiers des charges. On a donc créé notre ligne de fabrication, près de Fontainebleau. Et pour pouvoir interagir en temps réel avec notre équipe d’ingénieurs, la chaîne d’assemblage est à Montceau‐les‐Mines. Dix millions d’euros ont ainsi été investis, en France, dans l’outil industriel. Il est impossible de fabriquer un objet aussi complexe que la Phantom avec des gens travaillant à 10 000 km…

TGL : La Phantom a été lancée en décembre 2014. Quel premier bilan tirez-vous de ce lancement ?
Q. S. : Nous avons enregistré de nombreuses précommandes en ligne, puis énormément d’achats dans nos corners, chez Harrod’s, à Londres, et chez Colette, à Paris. Parmi, notre
clientèle, on compte des célébrités comme Karl Lagerfeld, Will.i.Am, Kanye West… Ces gros consommateurs de musique ont immédiatement craqué.

TGL : Comment voyez-vous l’avenir ?
Q. S. : Notre objectif est de faire tenir notre technologie d’amplification sur une puce pour pouvoir la mettre dans nos produits ou… dans ceux d’autres acteurs.

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