Bien connu pour stimuler la libido et agir sur la dysfonction érectile et les troubles de l’impuissance, le ginseng est devenu incontournable dans la pharmacopée masculine… A juste titre ?

Qu’il soit asiatique, coréen, chinois, américain ou canadien, le ginseng est une plante vivace, originaire d’Asie du Nord, qui s’installe naturellement dans les sous-bois, sur un terrain bien drainé. Ses feuilles lisses et épaisses ont un bord dentelé et ne résistent pas à l’arrivée de l’automne, tandis que ses fruits, issus de petites fleurs blanches, croissent sous la forme de baies rouge vif. Sa croissance lente oblige quiconque veut bénéficier des bienfaits de ce légume racine à le cultiver pendant environ cinq ans avant de pouvoir le consommer.

Cette « racine-homme » renferme en effet nombre de vertus. Son nom générique Panax (du grec pan, « tout », et akos, « guérir ») nous est peu familier, mais celui de ginseng (du chinois rénshén, rén signifiant « homme », et shén, « essence ») rappelle que la médecine traditionnelle chinoise l’utilise depuis au moins deux mille ans, voire quatre mille. C’est la rencontre, au début du XVIIIe siècle, d’un jésuite avec cette médecine qui a permis la découverte du ginseng dans notre partie du globe.

C’est la rencontre, au début du XVIIIe siècle, d’un jésuite avec la médecine chinoise qui a permis la découverte du ginseng dans notre partie du globe.
C’est la rencontre, au début du XVIIIe siècle, d’un jésuite avec la médecine chinoise qui a permis la découverte du ginseng dans notre partie du globe. DR

Dès lors, la plante a été utilisée selon les mêmes indications que la médecine traditionnelle chinoise, c’est-à-dire comme « tonique », au sens chinois du terme, soit une source d’énergie vitale capable d’augmenter la vitalité et l’appétit, de calmer l’esprit et de procurer la sagesse. Cette caractéristique adaptogène fait du ginseng une plante qui normalise l’organisme et accentue la résistance de ce dernier aux différents stress rencontrés grâce aux ginsénosides, des molécules appartenant à la famille des saponines.

Le ginseng, une réputation exagérée ?

Utilisé frais ou sec, entier ou en rondelles, concassé ou en poudre, le ginseng libère sa saveur douce-amère lorsqu’il est consommé comme aliment. Il délivre ainsi des molécules et permettrait de stimuler le système immunitaire, de lutter contre les sensations de fatigue, d’augmenter l’endurance ou la récupération physique. Pourtant, les résultats de nombreuses études cliniques se montrent contradictoires et les plus récentes semblent même conclure que la réputation du ginseng d’améliorer les performances est exagérée.

C’est d’autant plus surprenant qu’il est utilisé depuis des millénaires pour nombre d’indications : il est ainsi traditionnellement préconisé pour traiter les troubles masculins, et en particulier la dysfonction érectile. Pourtant, les auteurs d’une synthèse publiée en 2008 ont remis en question cette hypothèse en concluant que seul le ginseng rouge asiatique pouvait éventuellement traiter ce trouble… et encore, les résultats manquaient de solidité.

Posologie

En infusion : faire bouillir entre 1 et 2 g de racines dans 150 ml d’eau pendant 10 à 15 min. Ne pas excéder 3 g, trois fois par jour, Herboristerie du Valmont, 18 € les 50 g.
En gélules : 1 gélule deux fois par jour, Naturactive, 11 € les 20 gélules ou Arkopharma, 11 € les 45 gélules.

Outre les performances physiques, le ginseng a toujours été utilisé pour agir aussi sur la santé mentale : il stimulerait les fonctions cognitives et améliorerait les capacités de concentration et de mémorisation tout en maintenant un bon équilibre nerveux. Là encore, les études relatives à ses effets sur la mémoire ne sont pas unanimes et certains résultats viennent entraver l’idée selon laquelle une cure de ginseng avant des examens faciliterait la mémorisation et, donc, la réussite. Les étudiants peuvent cependant se rassurer : l’usage traditionnel est reconnu et une étude datant de 2009 confirme cette vertu de la plante et met même en avant les effets positifs du ginseng dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.

Des études toujours en cours

Face à ce flot d’études contradictoires, l’Organisation mondiale de la santé ne sourcille pas et recommande de limiter la prise de ginseng au matin, en raison de son effet stimulant, tandis que l’organisme allemand Commission E conseille de ne pas excéder trois mois de traitement. Le ginseng est en tout cas une plante qui continue d’intéresser les équipes scientifiques, dans des domaines très variés. Au cours des années 2000, des chercheurs se sont aperçus que la « racine-homme » avait probablement une activité anticancéreuse : la plante avait apporté une meilleure tolérance aux traitements, mais surtout davantage d’énergie physique et un bien-être psychologique indéniable qui ont amélioré la qualité de vie des patients étudiés. De quoi conduire les chercheurs à continuer de s’y pencher… et relancer la libido des patients ?


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