Fondée par Wim Ouboter, cette entreprise est devenue, en vingt ans, « le » leader mondial de la nouvelle mobilité urbaine. Son fondateur, qui ne se déplace plus que sur sa trottinette à assistance électrique, a décidé aujourd’hui de s’attaquer aux quatre roues avec la Microlino, une microvoiture électrique qui s’inspire de l’Isetta, la « bubble car » la plus célèbre de l’après-guerre.

Qui imaginerait un banquier zurichois troquer berline et chauffeur contre une trottinette ? Et pourtant… C’est Grégoire Hénin, le patron de Micro France, qui raconte cette drôle d’histoire : « Le Sternen Grill, le restaurant où Wim Ouboter aime déguster ses bratwursts, est à la fois trop près de chez lui pour y aller en voiture ou pour sortir le vélo, et trop loin pour s’y rendre à pied. En réfléchissant à un autre mode de locomotion, la patinette de son enfance lui revient en mémoire et il décide d’en bricoler une dans son garage. » Ce Géo Trouvetou se fabrique alors une trottinette pliable en aluminium. Très vite, tout son entourage lui en réclame une. Il fonde ainsi Micro Mobility en 1996. Le premier modèle, baptisé Kickroller Kick, est commercialisé en 1997. Son succès est fulgurant. Il s’en écoule 80 000 exemplaires chaque jour à travers le monde, mais, très vite, les contrefaçons se multiplient et submergent le marché. Fin 2001, les ventes dégringolent à 37 trottinettes par jour. La société est au bord du dépôt de bilan. Wim Ouboter consacre les deux années suivantes à recenser toutes les copies et à les attaquer. Peine perdue… Il décide alors de revoir son positionnement et concentre son entreprise sur le haut de gamme et l’innovation permanente. Désormais, chaque produit associe qualité, fonctionnalité, robustesse, design et maniabilité. Ainsi, la Mini Micro, un modèle pour enfants sorti en 2001, affiche une stabilité à toute épreuve, grâce à une répartition idéale de la masse corporelle sur ses trois roues. Elle reste, à ce jour, la trottinette pour enfants la plus vendue au monde.

Micro : innovations constantes

Fort de ce succès, Wim Ouboter ne cesse de proposer de nouveaux produits toujours plus ingénieux, dont la Micro Luggage, qui signe sa première collaboration avec Samsonite : avec sa valise montée sur l’avant de l’engin, elle s’adresse aux voyageurs. Si la conception et la technologie sont suisses allemandes, la fabrication, elle, est chinoise. La marque revendique un taux de retours quasi nul.

La Micro Luggage de Micro, en collaboration avec Samsonite.
La Micro Luggage de Micro, en collaboration avec Samsonite. DR

En Suisse, Micro équipe l’armée, notamment avec son modèle spécial neige. En France, sa filiale a signé en 2016 un partenariat avec Peugeot. La nouvelle trottinette à assistance électrique e-Kick est d’ailleurs proposée en option dans les coffres des derniers 3008. Preuve de l’intérêt des urbains pour ce mode de locomotion, en un an, les trottinettes à assistance électrique représentent déjà 20 % des ventes de produits destinés aux adultes. Le marché de la mobilité étant en pleine mutation dans les grandes métropoles, Micro France collabore avec elles pour imaginer de nouvelles façons de circuler. A Paris, les produits Micro sont proposés à la location dans les parkings Vinci ainsi qu’à la sortie de certaines gares de RER. Un partenariat est également à l’étude avec la RATP. Pour Grégoire Hénin, l’avantage de la trottinette en ville réside à la fois dans le gain de temps pour les déplacements et dans la sécurité absolue, puisque, en dessous d’une certaine vitesse, on peut légalement circuler sur les trottoirs.

La Microlino.
La Microlino. DR

Après la révolution trottinette, Wim Ouboter s’apprête à en créer une nouvelle avec le lancement d’une microvoiture électrique qui semble tout droit sortie d’un catalogue de jouets. Le design de sa Microlino s’inspire des lignes de l’Isetta, la première citadine de poche de l’histoire automobile, imaginée à Milan en 1952 par Renzo Rivolta et dont la commercialisation est cédée à BMW en 1955. C’est d’ailleurs ce modèle qui sauvera la firme de la faillite… BMW en a cédé les droits à Micro Mobility. Mais cette Microlino, qui s’ouvre par l’avant, est loin d’être vintage. Si elle ne passe pas inaperçue dans les rues, elle revendique une ingénierie et un équipement high-tech : son autonomie peut atteindre 215 kilomètres, sa batterie se recharge en deux heures, sa vitesse maximale est de 90 km/h et son coût, de 12 000 euros. Vendue depuis janvier à Zurich, elle sera commercialisée à Paris dès le printemps prochain. Une distribution qui ne s’opérera pas par un réseau de revendeurs, mais par l’intermédiaire d’un showroom et d’un site web. Cinq mille précommandes ont été effectuées en Europe depuis sa présentation officielle, à l’automne dernier. De quoi redonner le sourire aux automobilistes parisiens ?


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