Quinze ans après le dernier vol du Concorde, multinationales et start-up préparent le retour des avions supersoniques. Tour d'horizon des 5 projets les plus sérieux.

Les projets d’avions supersoniques les plus avancés

Boom Supersonic. La start-up du Colorado n’a pas quatre ans d’existence, mais elle fait déjà figure de leader dans le domaine de l’aviation civile supersonique. Richard Branson, le patron de Virgin, accompagne Boom Supersonic depuis 2016 et la révélation de son premier prototype : le XB-1. La multinationale britannique met au service de la jeune pousse ses locaux, ses experts et ses outils, en échange d’une exclusivité sur la fabrication de ses premiers fuselages. Fin 2017, Japan Airlines devient aussi actionnaire, avec un investissement de 10 M $ et la commande de vingt appareils. D’après ses créateurs, les premiers tests du prototype XB-1 auront lieu cette année, pour une mise en service en 2023 de la version définitive. Il volera à Mach 2,2 et reliera New York à Londres en 3 heures 15 pour le prix d’un billet de business-class dans un avion classique, soit environ 5 000 $ l’aller-retour.


Lockheed Martin QueSST X-Plane . QueSST pour « Quiet Supersonic Technology ». Lockheed Martin et la Nasa travaillent ensemble à réduire le volume du bang supersonique (90 décibels) à un simple bruit de lave-linge. Une technologie qui pourrait faire changer la loi interdisant aux avions de voler à plus de Mach 1 au-dessus des terres habitées. Le QueSST X-Plane est donc plus fin, plus aérodynamique, et son nez, plus long. Le but ? Limiter les ondes de choc. Les premiers tests, concluants, du prototype en modèle réduit ont eu lieu en septembre dernier dans les locaux de l’agence spatiale américaine. Après dix ans de collaboration avec Lockheed Martin et plus de 300 M € investis, la Nasa estime qu’elle pourra faire voler un premier appareil grandeur nature équipé de sa QueSST en 2021.

Avions supersoniques : Lockheed Martin QueSST X-Plane.
Avions supersoniques : Lockheed Martin QueSST X-Plane. Lockheed Martin

Spike Aerospace S-512. Quelle allure ! Le S-512 de Spike Aerospace affiche de faux airs de Tupolev Tu-144 (l’avion civil supersonique russe des années 60), mais il est dépourvu de hublots. L’extérieur est filmé par des petites caméras puis projeté sur un grand écran dans la cabine. L’entreprise de Boston a recruté chez Boeing, Gulfstream, Embraer et autres géants de l’aéronautique afin de participer à la création du S-512. Comme pour le QueSST X-Plane, son design a été pensé en vue de diminuer l’impact du passage à Mach 1. L’appareil de 37 m de long pour 18 m d’envergure transportera une vingtaine de passagers de Londres à Hong Kong et de New York à Dubaï sans escale grâce à une capacité de vol allant jusqu’à 11 500 km. Ce jet privé à 100 M $ sera commercialisé dès 2023.

Avions supersoniques : Spike Aerospace S-512.
Avions supersoniques : Spike Aerospace S-512. Spike Aerospace

HyperMach SonicStar. Mystérieux projet que celui mené conjointement par HyperMach et SonicBlue Aerospace, deux compagnies qui ont le même patron, Richard Lugg. Les sites Internet des deux firmes sont fermés et aucune information officielle n’a filtré depuis plus d’un an sur le développement de leur appareil. Pourtant, lors de sa présentation, en 2011, au Salon du Bourget, le SonicStar avait fait parler de lui, en se positionnant comme l’un des pionniers du supersonique nouvelle génération. Avec un moteur moins gourmand en kérosène que le Concorde et une vitesse de pointe censée atteindre Mach 4 et, il est l’un des avions supersoniques les plus innovants. Dans ce cas, pourquoi une telle discrétion ? Il se murmure qu’HyperMach SonicBlue négocient en ce moment avec trois grands acteurs de l’aéronautique et travaillent sur la construction d’une usine révolutionnaire, avec l’idée de faire voler le SonicStar d’ici à 2028. Let’s wait and see…

Avions supersoniques : HyperMach SonicStar.
Avions supersoniques : HyperMach SonicStar. DR

Aerion AS2. Aerion, firme du Nevada, a présenté au public son projet d’avion supersonique dès 2007, avant de gagner en crédibilité avec un premier prototype en 2014. S’associant d’abord avec Airbus (qui a quitté le projet à la fin de l’année 2017 après trois ans à apporter son expertise en aérodynamique), puis avec le constructeur américain Lockheed Martin, l’entreprise de Reno a su convaincre des acteurs majeurs du secteur de l’entourer. Elle prévoit d’effectuer les premiers tests de son AS2 en 2019, après avoir reçu les autorisations et certifications nécessaires à la construction de l’appareil. Moins rapide que le Concorde, avec une vitesse de croisière de Mach 1,4 contre 2,02 pour son aïeul, il sera capable de couvrir une plus longue distance : 8 700 km, soit 2 500 de plus que le grand oiseau blanc. Ce jet de douze places en cabine devrait être mis en service en 2025. Son prix, 120 M €, n’a pas effrayé la compagnie Flexjet, qui en a déjà commandé vingt.


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