Les membres des groupes qui durent ont souvent besoin de s'accorder quelques infidélités pour entretenir la flamme. Les cinq new-yorkais des Strokes ne font pas exception à la règle. Alors qu'Albert Hammond Jr et Julian Casablancas sortent ce mois-ci leurs nouveaux albums, retour sur les carrières solos d'un groupe culte.

Groupe phare du début des années 2000, The Strokes a fait découvrir le rock à toute une génération. Julian Casablancas, leader charismatique et esprit trouble, Fabrizio Moretti le batteur, Nikolai Fraiture le bassiste, Nick Valensi et Albert Hammond Jr les guitaristes, se rencontrent à l’école – certains au lycée, d’autres en école privée – et fondent en 1998 « The Strokes », sous l’impulsion de Casablancas.

De gauche à droite : Nikolai Fraiture, Fabrizio Moretti, Julian Casablancas, Albert Hammond Jr et Nick Valensi, sur la photo promo de leur premier album « Is This It ».
De gauche à droite : Nikolai Fraiture, Fabrizio Moretti, Julian Casablancas, Albert Hammond Jr et Nick Valensi, sur la photo promo de leur premier album « Is This It ». NME/Dean Chalkley

C’est Albert Hammond Jr qui tente en premier l’aventure solo. Dès 2006, l’un des deux guitaristes des Strokes enregistre Yours To Keep, un opus qui se compare aisément aux deux albums déjà accouchés par les Strokes (Is This It et Room On Fire) mais s’écarte de la route du garage rock pour emprunter un chemin plus léger, onirique et pop. Depuis, Hammond ne cesse plus d’écrire et de composer. En mars, le plus prolifique de la bande sort d’ailleurs son quatrième album, Francis Trouble, un délice pour les oreilles, qui revient à l’essence du son des Strokes.

Albert Hammond Jr sur scène, en solo.
Albert Hammond Jr sur scène, en solo. DR

De leurs côtés, Fabrizio Moretti et Nikolai Fraiture plongent dans le grand bain respectivement en 2008 et 2009, le premier en groupe, le second en solo. Avec Little Joy, Moretti le batteur renoue avec ses racines brésiliennes entourés de ses compatriotes Rodrigo Amarante et Binki Shapiro, qui signent une parenthèse charmante et ensoleillée. Si l’on oubliera vite le premier album du bassiste aux origines françaises Fraiture, sa nouvelle bande, Summer Moon, est quant à elle bien plus intéressante. A la traine, Nick Valensi formera lui aussi son groupe en 2013, CRX, avec lequel il enregistrera New Skin, un opus de 9 titres rythmés par les guitares et les basses, chères au guitariste virtuose des Strokes.

Julian Casablancas sur scène.
Julian Casablancas sur scène. DR

Le Julian Casablancas de 2009, trop alcoolique et trop pénible pour ses bandmates, prend l’air en solo avec Phrazes for the Young, un ovni mélangeant les genres (pop 80s, soul, et même country). La tête pensante des Strokes s’invente un nouvel univers futuriste et teinté de références à l’Asie. Quelques années plus tard, assagi, il monte avec ceux qui l’accompagnèrent sur sa tournée solo un nouveau groupe, The Voidz, résolument punk et rageur, dont le second album sortira le 30 mars 2018.

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