Cinq nouveaux créateurs à suivre pour trouver chaussure à son pied sans tarder. Des ateliers parisiens aux manufactures de Pondichéry, rien ne nous échappe !

De Pondichéry à Paris, cinq jeunes créateurs ravissent l’univers des souliers. Tour d’horizon.

Paire & Fils. Pierre de Linares (29 ans) et Guillaume Randruut (30 ans) ont lancé leur business centré sur la bottine (85 % de la collection) le 1er janvier 2015. Meilleurs amis à la ville, issus tous deux d’une école de commerce, ils dessinent des collections urbaines intitulées « L’homme difficile », « L’homme énervé » ou « L’homme serein ». « En master d’entrepreneuriat, nous avons conçu ce projet en nous rendant à Agra, la capitale indienne de la chaussure, pour réaliser les échantillons de nos modèles. Puis on a trouvé un artisan portugais à São João da Madeira qui fournit Lanvin ou Paul Smith », explique Pierre de Linares. Le duo démarre avec 400 paires, distribuées dans un lieu éphémère, puis vend en ligne. En un temps record, la marque retient l’attention des Galeries Lafayette. « Ça nous crédibilise. En plus, nous venons de trouver un investisseur associé. Nous réalisons un CA de 65 000 € HT, en progression de 50 % sur un an. » www.pairetfils.com.


Bobbies . Un pélican comme emblème et un tandem pour le faire voler : Antoine Bolze et Alexis Maugey ont démarré en 2010 grâce à… un prêt étudiant. Aujourd’hui, leur CA atteint 11 M € ! Proposant une fabrication portugaise, Bobbies revisite les classiques, dont le mocassin à picots colorés, et a réussi à imposer des best-sellers, tels Le Luthier ou L’Explorateur. Avec déjà deux boutiques à Lyon, une à Paris (une seconde est en cours d’ouverture, avec un atelier de patine), un site marchand, l’entreprise se porte bien, merci. « Le secteur est moins concurrentiel que le prêt-à-porter, il est porteur, mais également mature, analyse Antoine Bolze, qui fait partie de la génération tombée dans le numérique dès son plus jeune âge. Nous avons beaucoup misé sur notre site, car notre clientèle est trentenaire. Les boutiques permettent de concrétiser le produit et d’obtenir de la notoriété. » www.bobbies.com.

Souliers, cinq jeunes créateurs : Bobbies.
Souliers, cinq jeunes créateurs : Bobbies. DR

Les Crafteurs. Après des débuts de comptable, Jérémi Layani, 27 ans, a préféré monter sa « boîte à chaussures » avec son père, Hervé, qui a travaillé comme distributeur durant trente ans. « Ce n’est pas le même registre, assure Jérémi. On est 100 % Internet. On dessine les modèles et on sélectionne des cuirs français. » Les modèles sont fabriqués dans une manufacture chinoise d’une vingtaine d’artisans. « Notre collection est réduite, composée de bons basiques et d’un service de personnalisation. » Les richelieus Edgar et les boots chukka Gordon sont leurs meilleures ventes. « Nous avons un projet d’atelier de patine au centre commercial Muse, près de Metz, et nous sommes distribués dans 5 boutiques – en Suisse, en Belgique, à la Réunion et à la Garçonnière, à Paris », renchérit Jérémi, fier du résultat atteint en à peine un an ! www.lescrafteurs.com.

Souliers, cinq jeunes créateurs : Les Crafteurs.
Souliers, cinq jeunes créateurs : Les Crafteurs.

R&K. Apparue le 9 novembre dernier, cette marque s’est offert d’emblée une boutique dans le 5e arrondissement parisien. Maria et Cyril Karunagaran (29 ans), tous deux natifs de Pondichéry, en Inde, avaient besoin d’un espace physique pour faire fonctionner leur scanner 3D mis au point par des podologues. Le but : offrir du sur-mesure parmi 7 souliers différents, 3 couleurs et des demi-pointures. Comment ça marche ? Le scanner effectue en boutique les prises de mesure bottier pour chaque client. Les données sont ensuite adressées à un atelier breton artisanal qui bichonne chaque paire. Maria n’est pas novice en la matière : « J’ai découvert le métier dans les ateliers en Inde. Je suis fascinée par le chic des modèles français et Cyril est un dingue de chaussures – il en a plus que  moi ! » www.retk.fr.

Souliers, cinq jeunes créateurs : R&K.
Souliers, cinq jeunes créateurs : R&K. DR

Pete Sorensen. Vétéran parmi ces jeunes marques, Pete Sorensen s’est forgé une identité forte dès 2012. A l’origine de l’aventure, Camille Hourdeaux et Kevin Serpaggi, 35 ans tous les deux, forment un duo qui réalise son rêve : créer des boots et des souliers racés, en cuir fin italien et craquelé, option vintage. Un produit de luxe fait main, vendu dans leur boutique du 11e arrondissement, à Paris. La collection est restreinte, avec des modèles permanents, dont les boots Phantom, Mac Gill et Detroit, que les amateurs adorent. Le jeune créateur rappelle : « Nous avons ouvert 5 boutiques aux Etats-Unis, nous y produisons des modèles spécifiques et nous avons même créé un site. C’est coûteux d’ouvrir des boutiques, nous essayons donc de toucher les distributeurs via les salons et nos 3 agents dédiés aux Etats-Unis, en Europe de l’Est et au Japon. Je suis responsable du reste. En 2019, nous aimerions ouvrir une autre boutique à Paris et y proposer notre nouvelle collection d’accessoires réalisée dans les mêmes cuirs que nos chaussures. » Pete Sorensen produit 5 000 paires par an, pour un CA de  1,3M €.  www.petesorensen.com.

Souliers, cinq jeunes créateurs : Pete Sorensen.
Souliers, cinq jeunes créateurs : Pete Sorensen. DR

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