Si les auteurs de bande dessinée ont parfois rêvé le futur, ils l’ont le plus souvent cauchemardé. Régimes totalitaires, conflits atomiques, catastrophes climatiques, mutations génétiques, monstrueuse pandémie… Tour d’horizon de ce que nous réserve (peut-être) l’avenir.

Le futur, c’est merveilleux. « Avec mon hélicoptère-fusée, j’y serai en un quart d’heure », s’exclame avec enthousiasme le jeune Adol­phus en s’élançant dans le ciel de la grande ville, en l’an 2226. Merveilleux, donc, même s’il comporte son lot de menus inconvénients, comme les grèves de robots ou les contraventions pour dépassement de la vitesse autorisée (200 kilomètres à l’heure). En créant la BD Adolphus Claar, en 1982, Yves Chaland ne faisait que se conformer à une tradition de la bande dessinée, inaugurée en 1929 aux Etats-Unis par le personnage de Buck Rogers dans la série du même nom (Philip Francis Nowlan) : mettre en scène l’avenir de l’espèce humaine et dessiner les contours du monde de demain.

En 1935, Alain Saint-Ogan envoie Zig et Puce en l’an 2000, date symbole de tous les fantasmes futuristes. Trans­atlantiques aériens, obus interplanétaire pour voyageurs curieux de découvrir Mars, dancing dans les couloirs du métro, trottoirs roulants pour piétons… En 2000, Paris a bien changé. Quelques années plus tard, Spirou est expédié dans un futur où la circulation à pied est punie par… quinze jours de suppression de cinéma.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde veut croire en des jours meilleurs. L’heure est au rapprochement entre les peuples. Dans les pages de Vaillant, hebdomadaire communiste et futur Pif Gadget, Roger Lécureux et Raymond Poïvet reflètent l’air du temps en donnant naissance, en 1945, aux Pionniers de l’Espérance. Cette équipe de Terriens de diverses nationalités – internationalisme prolétarien oblige – voyage à travers l’espace pour délivrer un message de paix universelle.

On retrouve cet engagement humaniste dans Valérian, la série de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières lancée en 1967. Témoin de son temps, Christin traduit l’optimisme des années 60, marquées par la lutte pour les droits civiques, les mouvements révolutionnaires et la croyance en un avenir radieux.

Paru pour la première fois à la fin des années 60 dans le magazine Pilote, Valérian traduit l’optimisme de son époque, marquée par les mouvements révolutionnaires, la lutte pour les droits civiques et l’écologie.
Paru pour la première fois à la fin des années 60 dans le magazine Pilote, Valérian traduit l’optimisme de son époque, marquée par les mouvements révolutionnaires, la lutte pour les droits civiques et l’écologie. Dargaud

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