A l’heure des fake news et de la défiance de l’opinion américaine vis‑à-vis des médias, deux journalistes ont créé un pure-player d’informations « fiables et sérieuses » destinées aux décideurs politiques et économiques majeurs des Etats-Unis. Axios se voit déjà le média global de demain. Visite d’une rédaction 4.0.

Mercredi d’automne paisible et ensoleillé à Arlington, en Virginie, la banlieue de ­Washington sur la rive droite du Potomac. Le long de la principale avenue commerçante du quartier aisé de Clarendon, au deuxième étage d’un immeuble de location de bureaux partagés, l’ambiance est tout aussi calme mais studieuse. Au fond de l’espace de coworking, la newsroom d’ Axios est visible à travers le mur vitré. Une quinzaine de journalistes planchent sur leur ordinateur, certains des écouteurs sur les oreilles. L’une des cinq télévisions murales diffuse la chaîne d’information en continu MSNBC, filiale de l’un des actionnaires du site, NBC News. Rien de frénétique, en apparence, dans cette start-up média en alerte 24 heures sur 24.

La newsroom, en alerte 24 h/24, dispose de 5 téléviseurs accrochés aux murs.
La newsroom, en alerte 24 h/24, dispose de 5 téléviseurs accrochés aux murs. Claudia Paul

Lancé fin janvier 2017, lors de l’investiture de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, ce nouveau pure-player américain, au nom grec signifiant « digne », a rapidement fait parler de lui dans les couloirs du pouvoir. Car les cofondateurs sont loin d’être inconnus : pointures du journalisme, Jim ­VandeHei (@jimvandehei)et Mike Allen (@mikeallen)ont été les pères fondateurs du site d’informations politiques ­Politico, la grande réussite médiatique de ces dix dernières années, avant d’être ceux d’Axios – seules deux stations de métro séparent les deux rédactions.

Jim VandeHei, journaliste politique, cofondateur et directeur général d’Axios.
Jim VandeHei, journaliste politique, cofondateur et directeur général d’Axios. Claudia Paul

Auparavant, Jim VandeHei avait longtemps couvert la présidence américaine pour le Wall Street Journal et le Washington Post. Mike Allen, « l’homme avec lequel la Maison Blanche se réveille », titrait le New York Times en 2010, s’est, lui, rendu célèbre par la rédaction quotidienne de son Playbook, la newsletter matinale de Politico, « que certaines personnalités les plus influentes d’Amérique lisent avant même d’échanger un mot avec leur conjoint », écrivait alors le quotidien. Le Playbook donnait le la de la journée médiatico-politique de ­Washington.

Rejoints par l’ancien Chief Revenue Officer de Politico, Roy Schwartz, aujourd’hui président d’Axios, et avec l’aide du fonds d’investissement new-yorkais Lerer Hippeau Ventures – qui a participé au lancement du Huffington Post et de BuzzFeed – et de leurs épais carnets d’adresses, les deux journalistes ont levé 10 millions de dollars l’an dernier auprès d’investisseurs aussi divers que le groupe de médias NBC News, la philanthrope Laurene Powell Jobs – veuve du cofondateur d’Apple Steve Jobs –, David and Katherine Bradley, propriétaires du magazine The Atlantic, ou encore le fonds de capital-risque Greycroft Partners. Et les 86 salariés sont aujourd’hui tous actionnaires d’Axios.

Données clés

Lancement : janvier 2017.
Cofondateurs : Jim VandeHei, Mike Allen, Roy Schwartz.
Localisation : siège à Arlington, Virginie. Bureaux à New York.
Employés : 86, dont 36 journalistes (octobre 2017).
Audience Internet : 6,4 M de visiteurs uniques/mois (oct. 2017).
Partenaires publicitaires : 65, dont 25 % appartiennent à Fortune 100 (oct. 2017).
Devise : « Smart brevity » (« concision intelligente »).

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