Musée, salle de vente aux enchères, hôtel… la construction du Guardian Art Center à Pékin est une petite révolution pour la capitale chinoise et une réussite pour l’architecte allemand Ole Scheeren.

L’architecte Ole Scheeren, par le biais de son agence éponyme, présente le Guardian Art Center comme le premier bâtiment construit sur-mesure pour les besoins d’une salle de vente aux enchères d’œuvres d’art. Une nouvelle réalisation, inaugurée à la fin du mois de janvier, qui abritera, en outre, un musée, des ateliers de conservation et rénovation, un hôtel et des restaurants.

Pour cette création près de la Cité interdite – une zone où plusieurs dizaines de projets ont été rejetés depuis vingt ans – Ole Scheeren a voulu, comme il en a l’habitude, intégrer le bâtiment à son environnement. Ici, plus qu’à Singapour, où le tissu urbain est divers (il y a réalisé le spectaculaire complexe Interlace et les tours DUO), le challenge se complique, tant l’architecture alentour est endémique.

Le Guardian Art Center, Pékin, par Büro Ole Scheeren a été inauguré le 24 janvier 2018.
Le Guardian Art Center, Pékin, par Büro Ole Scheeren a été inauguré le 24 janvier 2018. Iwan Baan

Si le Guardian Art Center est ultramoderne et son architecture audacieuse, il s’agit cependant du projet le mieux incorporé à son voisinage du Büro Ole Scheeren. Au rez-de-chaussée, l’architecte a imaginé un amas de cubes en basalte gris percés de hublots lumineux dispersés aléatoirement. « Posée » dessus, comme suspendue, la seconde partie de l’édifice est recouverte d’une peau en briques… de verre ! Un aspect inspiré par les hutongs, des labyrinthes de ruelles étroites bordées de petites maisons, qui composent le quartier.

Vue sur la Cité interdite et le parc Jingshan, depuis le Guardian Art Center d’Ole Scheeren.
Vue sur la Cité interdite et le parc Jingshan, depuis le Guardian Art Center d’Ole Scheeren. Iwan Baan

Un hommage du 21e siècle à l’architecture locale, tout en clins d’œil savamment dosés et évitant l’écueil du trop nostalgique. Ole Scheeren le voit comme « Une déclaration d’humilité à deux pas du Palais impérial et de la Cité interdite et pense qu’il réconcilie les histoires complexes de la capitale et offre une nouvelle perspective de relation entre la ville historique et moderne, à travers un bâtiment reflétant l’identité chinoise dans ce qu’elle a de contemporain ». Une chose est sûre, un hub culturel qui n’est pas contrôlé par le gouvernement, c’est une petite révolution !

A l’intersection entre Wangfujing, célèbre rue commerçante et de Wusi, avenue culturelle, près du Musée d’art national de Chine de Jean Nouvel et de la Cité interdite, la localisation elle-même du musée est un clin d’œil à son rôle de liant historique entre le contemporain et le passé.

Ole Scheeren voit les choses en grand

Les intérieurs, eux, vivent avec leur temps. Le Guardian Art Center est articulé autour d’une grande salle de 1700 m² dépourvue de colonne et modulable, où l’on peut ajouter des cloisons en fonction de la scénographie de l’exposition ou des ventes aux enchères. Une volonté d’Ole Scheeren, qui a déjà travaillé comme scénographe pour le MoMA à New York et la Hayward Gallery à Londres.

La salle des expositions.
La salle des expositions. Alex Fradkin

On trouve au dernier étage un hôtel, un restaurant et plusieurs autres services, une salle de conférence au sous-sol et des ateliers dédiés à la rénovation et la conservation des œuvres.

Guardian Art Center, Pékin.
Guardian Art Center, Pékin. Ole Scheeren

Un lieu de destination multi-usages et intégré : pari réussi, une fois de plus pour Ole Scheeren. A voir, désormais, si son Guardian Art Center traversera le temps aussi bien que le Palais impérial voisin, intemporel.


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