Le duo de designers Karl Chucri et Rami Boushdid, à la tête du jeune Studio Caramel, commence à se faire connaître en dehors de son pays, le Liban. Une firme au nom sucré qui se distingue avec la boîte à musique Mirage.

Karl Chucri et Rami Boushdid font connaissance à l’Académie libanaise des beaux-arts de Beyrouth, avant d’obtenir leurs masters respectivement à l’IED de Madrid et à la Scuola politecnica di design de Milan. Ils retournent alors au Liban pour y créer le Studio Caramel, en 2015. Une firme au nom sucré qui commence tout juste à faire parler d’elle en dehors de ses frontières.

Karl Chucri et Rami Boushdid.
Karl Chucri et Rami Boushdid. DR

Récemment, c’est avec une boîte à musique, la Mirage, qu’ils se sont distingués. « C’est un projet qui nous a été proposé par la Joy Mardini Design Gallery à Beyrouth qui préparait une exposition sur le thème de la boîte, nous explique Karl Chucri, un challenge stimulant, qui nous a poussé à sortir des sentiers battus du design d’aujourd’hui. »

Boîte à musique Mirage.
Boîte à musique Mirage. Studio Caramel

Réalisé avec la manufacture Reuge à Sainte-Croix, en Suisse, l’objet est délicat, malgré l’utilisation de matériaux réputés robustes (noyer massif, laiton brossé et poli, acier noir). C’est surtout l’illustration de la patte du Studio Caramel. Du mobilier et de la décoration inspirés du milieu XXe, des matières premières utilisées à la typographie en passant par la silhouette générale. C’est le cas avec leur bar roulant revisité, le Baron, qui leur a valu une publication dans le prestigieux magazine Wallpaper*.

Bar roulant Baron.
Bar roulant Baron. Studio Caramel

Studio Caramel surfe sur la vague du design lebanais

Son inspiration, le duo la puise dans les travaux de Jean Prouvé « pour son côté fonctionnel et industriel », Gabriella Crespi « et sa touche bohème-chic avec le laiton comme matériau de prédilection », India Madhavi pour les couleurs et Bethan Gray « pour son attention au détail de fini des textures ». Du beau monde.

Bibliothèque Alegría.
Bibliothèque Alegría. Studio Caramel

S’ils ont de grands maîtres, l’un et l’autre s’inspirent aussi mutuellement, comme nous le confie Rami Boushdid : « Karl est un créatif qui se laisse guider presque exclusivement par ses émotions, sans s’imposer la moindre contrainte préliminaire, moi je suis plus rationnel, je tamise mes idées au fur et à mesure du processus de création ». Une complémentarité indispensable.

Fauteuil, ou armchair, Indolente.
Fauteuil, ou armchair, Indolente. Studio Caramel

Studio Caramel surfe aussi sur la vague du design libanais, en plein essor. Karl s’explique. « On voit émerger une nouvelle génération de designers motivés, créatifs, mais aussi de nouvelles galeries, des foires, des ateliers de production spécialisés ». Si le jeune patron reconnaît quelques carences – pour le moment – en machines spécifiques et techniques d’usinage complexes, il constate également la notoriété grandissante de la scène design libanaise à l’étranger.

Highliner bar-cart.
Highliner bar-cart. Studio Caramel

Être un designer libanais, un avantage pour percer à l’international ? « Il est plus aisé de se faire connaître au niveau national dans un si petit pays très ouvert aux cultures occidentales, admet Rami, et cette notoriété dans notre pays est un atout considérable lorsque nous présentons notre travail à l’étranger. » Et le Studio Caramel s’attend à une année 2018 chargée, rythmée par de nouvelles collaborations avec des maisons d’éditions hors-Liban, « en France notamment », des projets de conception de meubles sur-mesure en Europe et plusieurs déclinaisons de leur objet « icône », le bar roulant. Un nom à retenir !

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