Thomas Robin

Paris : l’œil bienveillant d’Etienne Daho sur ses pairs à la Philharmonie

Jusqu’au 29 avril, Etienne Daho retrace l’histoire d’un style musical dont il est l’une des icônes au fil de 200 portraits, dont 30 qu’il a lui-même capturés. The Good Life a jeté un œil et les deux oreilles à l’exposition Daho l’aime pop !

Intrigué par l’intitulé de l’exposition Daho l’aime pop ! et ses promesses de visite guidée dans les couloirs de la pop française avec l’un de ses maîtres qui joue les (audio)guides, The Good Life s’est rendu à la Philharmonie de Paris. On entre par une galerie de portraits, exposés dans l’ordre chronologique. Cent quatre-vingts clichés choisis par Etienne Daho qui représentent ceux qui, selon lui, ont fait, transformé et retravaillé la French pop. Un style qu’il définit comme celui des affranchis des règles strictes du rock ou de la variété.

Serge Gainsbourg et Étienne Daho, 1987.
Serge Gainsbourg et Étienne Daho, 1987. Claude Delorme

Dans le casque, l’interprète d’Epaule Tattoo, se fait narrateur de l’histoire d’un courant musical qui commence dans les années 50 par Edith Piaf et passe par Boris Vian, Sylvie Vartan, les Stinky Toys, NTM, Mathématiques modernes, les Tokow Boys et continue en 2017 de se propager via Kavinsky, La Femme et Jacques, entre autres. Si l’on a parfois l’impression que Daho nous fait la récitation, on l’oublie vite, embrumés par sa diction toute particulière, la passion dans sa voix et la mise en scène imaginée par l’agence Freaks.

Les Stinky Toys, 1979.
Les Stinky Toys, 1979. Yannick Picard

Après un passage dans le « Videodrome », où sont diffusés certains des clips les plus emblématiques de la pop française, Gainsbourg et son Histoire de Melody Nelson par exemple, c’est le moment d’entrer dans le jukebox. Deux-cents titres des artistes aperçus juste avant. Plaisir coupable, on tape par réflexe le code qui correspond à Retiens la nuit sur l’audioguide… Et, au fil des écoutes, on se rend un peu plus compte de l’influence infinie de Jacno. Le fondateur des Stinky Toys, l’un des premiers groupes punk français, fut producteur pour Lio, Pauline Lafont, Daniel Darc, Jacques Higelin et Daho, forcément.

Lio, 1980.
Lio, 1980. Antoine Giacomoni - Mandrakimage

Une heure dans le jukebox, puis rendez-vous dans la quatrième et dernière pièce, consacrée aux clichés capturés par Daho. Au départ, ces 30 portraits, réalisés pour la plupart à l’occasion du Festival Days Off en 2014, devaient être exposés seuls, avant qu’Etienne Daho ne propose d’y ajouter tout ce que l’on a déjà vu dans les salles précédentes. Des clichés en noir et blanc, minimaliste et émouvants, témoins de la bienveillance de l’artiste sur ses pairs. Touchant.

Flavien Berger, 2016.
Flavien Berger, 2016. êtienne Daho

Une exposition qui vaut d’y faire un tour. Pour la musique, la façon dont Daho prononce « pop », les portraits d’une génération « pose mélancolique et cigarette » et (re)découvrir des classiques de l’underground.

Daho l’aime pop !
Philharmonie de Paris jusqu’au 29 avril
221, avenue Jean Jaurès (Paris 19e).
www.philharmoniedeparis.fr


La playlist de l’exposition Daho l’aime pop !


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