Jusqu’au 17 juin au Musée d’Histoire de Lyon, la capitale des Gaules passe sur le divan ! Complexes, innovations, métamorphoses… Tout y passe. Un concept inédit.

Lyon sur le divan, on ne peut plus clair comme nom d’exposition. L’Agence nationale de psychanalyse urbaine (ANPU) s’est attelée pendant un mois à enquêter dans la ville, rencontrer ses habitants pour répondre à des questions simples. Qui sont les parents de Lyon ? Quels sont ses complexes, ses névroses ? Comment guérir ? Une séance de psychanalyse à grande échelle dont les résultats sont exposés au Musée d’Histoire de Lyon (MHL) jusqu’au 17 juin prochain. La ville y est personnifiée en grand bonhomme de fils de fer, dont le corps allongé – sur un divan invisible – s’étale sur toutes les pièces de l’exposition. La naissance en introduction, puis la croissance, les liens entre les quartiers, la santé, le rajeunissement et, pour finir, une prospective sur le Lyon de 2118.

L’originale scénographie de l’exposition Lyon sur le divan.
L’originale scénographie de l’exposition Lyon sur le divan. DR

Dans chaque partie, documents à l’appui, et en se basant sur les résultats obtenus lors des enquêtes de terrain, l’ANPU met en scène un psychanalyste qui rend son verdict. Le MHL y répond avec des archives en tous genres, puis le visiteur est sollicité pour présenter ses éventuelles solutions. On apprend que Lyon a pu être paralysé par les responsabilités transmises par l’Empire romain, et le psychanalyste détecte une « névrose de capitale contrariée ». Il souligne également le paradoxe d’une ville bâtie sur des marécages, qui vit dans le brouillard, pourtant célèbre pour être le berceau des frères Lumière. Aussi, partant du cas des quartiers Perrache-Confluence et Part-Dieu, le psy diagnostique, légèrement provocateur, un complexe d’infériorité et un narcissisme chronique.

Les quais de la Saône dans le brouillard, 1933.
Les quais de la Saône dans le brouillard, 1933. Collection musées Gadagne

Si certaines de ses remarques piqueront la fierté de quelques Lyonnais, le psychanalyste clôt sa séance sur une note positive. S’il pense que Lyon restera tiraillée entre travail et créativité, et prévient d’un risque de « marée urbaine à l’infini » – Lyon s’étend en largeur vers l’est depuis sa fondation – il prédit également que la « libido exacerbée » de la cité des gones lui permettra de tenir son rang et de s’améliorer notamment en matière de raccordement de quartiers et de transports au cours de prochaines années. Le musée profite de cette partie de l’exposition, « Lyon 2118 », pour exposer les travaux, certains réalistes, d’autres plus fantaisistes, de scientifiques et d’artistes qui pensent la ville du futur. Un concept inédit d’analyse du cerveau d’une métropole, que l’on pourrait voir débarquer dans d’autres de nos grandes villes…

La capitale des Gaules vue par Thomas Pesquet.
La capitale des Gaules vue par Thomas Pesquet. DR

Lyon sur le divan
Musée d’Histoire de Lyon, jusqu’au 17 juin 2018.
1, place du Petit Collège (Lyon 5).
www.gadagne.musees.fr  


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