Ils comptent parmi les acteurs majeurs de l'économie suédoise. Portrait de trois CEO qui cartonnent en Suède (et pas seulement).

Hakan Samuelsson, CEO de Volvo

Voitures entièrement électriques, véhicules autonomes, abandon du diesel… Hakan Samuelsson a récemment multiplié les annonces, recentrant Volvo sur ses valeurs historiques : l’innovation, le design, la sécurité, mais aussi la responsabilité environnementale. Un vrai changement de cap pour ce CEO qui a débuté dans les années 70 chez Scania, puis a dirigé MAN, deux constructeurs de poids lourds et d’autocars. Volvo revient de loin. En 1999, la marque est rachetée par Ford, qui la revend en 2010 au chinois Geely pour une somme très inférieure à celle qu’il avait versée. Un acte salutaire, selon Hakan Samuelsson, qui arrive à la tête de la compagnie peu de temps après. Tout en demeurant sur le créneau du haut de gamme, il redresse l’entreprise, annonce des ventes record pendant quatre années consécutives, avec de grands succès comme les SUV XC90 et XC60. Hakan Samuelsson croit à un développement raisonné, voire modeste, en visant la production de – seulement – 800 000 unités en 2020. Il mise sur l’énergie électrique et la connectivité. Le 5 juillet 2017, il déclare que tous les modèles conçus par la marque à partir de 2019 seront entièrement électriques ou hybrides – la fabrication des modèles lancés avant cette date se poursuivra et ils seront progressivement remplacés. Hakan Samuelsson annonce également que Polestar, la branche sportive de Volvo, deviendra une marque à part entière, avec une gamme de véhicules électriques hautes performances. Une marque séparée, mais dont la R&D profitera toujours à la maison mère, à la manière de Tesla (qui semble bien être le modèle à suivre pour Hakan Samuelsson). Et pour donner encore plus de poids à cette nouvelle entité, il en a confié la direction à Thomas Ingenlath, le vice-président senior en charge du design de Volvo. Prochaine étape La voiture autonome. Volvo s’y attelle déjà, avec la compagnie Zenuity qu’il détient avec Autoliv. Zenuity vient de s’associer à Nvidia, entreprise californienne de pointe en matière de supercalculateur pour les voitures autonomes. La transition est donc bel et bien amorcée chez Volvo et, cerise sur le capot, elle ne se limite pas aux véhicules, mais aussi à leur fabrication: le groupe espère qu’en 2025, ses opérations de production deviennent « climatiquement neutres ». 

Hakan Samuelson, CEO de Volvo.
Hakan Samuelson, CEO de Volvo.

Rickard Gustafson, CEO de SAS

Rickard Gustafson est arrivé à la tête de SAS en 2011, certainement choisi pour gérer la crise qui s’annonçait. Il s’agissait de prendre les mesures nécessaires au sauvetage de la compagnie aérienne née en 1946 du « mariage » des trois grandes compagnies danoise, norvégienne et suédoise. Et on ne peut nier qu’il a fait le job. Coupe massive dans le personnel, baisses de salaires, tout en parvenant à un accord avec les syndicats. Ce plan – la seule issue possible pour le CEO qui l’a qualifié de « final call » – a fonctionné. La compagnie a déclaré une année 2013 rentable, ce qui n’était pas arrivé depuis 2007. Mais rien n’est encore gagné pour SAS, qui doit désormais s’attaquer à la concurrence des low-cost – et en particulier de Norwegian Air Shuttle. Rickard Gustafson (« Gusta » pour les intimes) va les défier non pas sur son territoire, mais depuis l’Irlande, où il vient d’installer une filiale. Dès novembre, neuf Airbus A320 décollent de Dublin pour desservir des liaisons entre Londres-Heathrow et des villes scandinaves. Des destinations plus touristiques comme l’Espagne devraient suivre, avec des économies qui se feront sur les salaires, mais aussi et dans une plus grande mesure, sur les charges sociales et les taxes. Mais ce qui, récemment, a fait parler le plus du CEO de SAS est sa déclaration au sujet d’une puce implantée dans la main d’un de ses employés – consentant il va sans dire, puisqu’il travaille dans le SAS Lab. Un centre d’innovation et de recherche créé par Rickard Gustafson afin de réléfchir aux solutions à apporter aux voyageurs de demain. L’idée est, bien sûr, expérimentale, mais elle mettrait l’enregistrement, l’embarquement et les accès aux salons à portée de… main.

Rickard Gustafson, CEO de SAS.
Rickard Gustafson, CEO de SAS.

Jessica Stark, Cofondatrice et CEO de SUP46

Rien d’étonnant à ce que Jessica Stark ait été élue Business Networker de l’année 2016 ou qu’elle figure à la 27eplace du classement des 100 personnalités qui comptent dans le numérique dans les pays nordiques. Tout son parcours la désigne pour cette reconnaissance. Elle a d’abord été responsable de communication au Royal Institute of Technology (KTH) de Stockholm puis, de 2006 à 2011, directrice du marketing et de la communication de Stockholm Innovation & Growth (Sting), le premier incubateur de start-up en Suède. C’est certainement là qu’elle a attrapé le virus de l’entrepreneuriat. Elle a alors créé Stark Kommunikation et s’est spécialisée dans l’accompagnement des entreprises sur les thèmes de l’innovation, de l’entrepreneuriat et des start-up. A l’automne 2012, elle fait partie de l’équipe qui donne naissance à SUP46 – Start-up People of Sweden, 46 étant l’indicatif téléphonique de la Suède. Cofondatrice du lieu avec Sebastian Fuchs et Nathalie Nylén, Jessica Stark en devient la dirigeante en 2013. SUP46 est unique en son genre. C’est tout à la fois un incubateur, un accélérateur et un espace de coworking. Ses créateurs ont voulu en faire un « paradis pour les start-up », qui peuvent y rencontrer des investisseurs et des partenaires parmi les plus influents dans le monde, échanger avec d’autres créateurs d’entreprises ou participer aux nombreux événements organisés chaque mois. L’implication, l’engagement et la disponibilité de Jessica Stark lui valent le surnom de « Start-up Mum ». L’objectif de SUP46 est de faire de la Suède « le pays le plus accueillant et le plus favorable aux start-up ». Pour cela, Jessica Stark et SUP46 ont publié un manifeste en juin 2015, le Swedish Startup Manifesto, afin de soutenir celles « qui créent les emplois, la richesse et les grandes entreprises de demain ». Le manifeste a été signé par plus de 80 start-up du pays. Si Stockholm a réussi à s’imposer sur la scène mondiale de l’innovation comme un acteur avec lequel il faut désormais compter, la « Start-up Mum » y est pour quelque chose. Jessica Stark a annoncé qu’elle allait prochainement céder les rênes de SUP46 afin de passer à l’étape suivante de sa carrière. A suivre, donc…

Jessica Stark, cofondatrice et CEO de SUP46.
Jessica Stark, cofondatrice et CEO de SUP46.

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