Le plus grand Emirat des EAU inaugure début novembre une annexe du Louvre imaginée par Jean Nouvel. Un projet pharaonique et controversé qui devrait faire entrer Abou Dhabi dans une nouvelle ère.

Le 11 novembre prochain, le Louvre Abou Dhabi ouvrira ses portes, 10 ans après la signature de l’accord intergouvernemental par la France et les Emirats Arabes Unis. Un musée qui n’a, dans son allure, rien à voir avec son homologue parisien. Son architecte, Jean Nouvel – qui commence à connaître le Golfe comme sa poche après la construction d’une étonnante tour de bureaux et du Musée national du Qatar à Doha – l’a imaginé comme une médina, coiffée d’un dôme dentelé et argenté, tout en murs blancs. Un hommage à l’architecture locale réussi, et dont la réalisation n’aura pas été de tout repos.

Le Louvre Abou Dhabi, imaginé par Jean Nouvel.
Le Louvre Abou Dhabi, imaginé par Jean Nouvel. Mohamed Somji

Initialement prévue pour 2012, l’inauguration accuse donc un retard de près de cinq ans ! Un caillou parmi d’autres dans les bottes du musée… Le coût aussi était au centre de toutes les attentions. Abou Dhabi a dépensé 91 millions d’euros pour la construction, mais ce n’est rien comparé aux sommes versées par l’Emirat pour s’acheter le droit d’utiliser le nom de « Louvre » et celles pour la location des œuvres à plusieurs musées français. En tout, l’addition dépasse le milliard d’euros. A tout cela s’ajoutent, comme c’est souvent le cas lorsque l’on évoque les pays du Golfe, les pétitions et tribunes d’historiens de l’art, furieux de voir le patrimoine culturel du pays s’enfuir vers les EAU. Enfin, et c’est peut-être le point sur lequel l’indignation est générale : Abou Dhabi est épinglé par Human Rights Watch qui met en cause le mauvais traitement de la main d’œuvre immigrée employée pour la construction du musée. Malgré plusieurs réformes des lois sur le travail dans le pays, les polémiques persistent. Mais cela ne semble pas arrêter Abou Dhabi dans sa course en avant.

La culture, l’argument fort d’ Abou Dhabi

Le Louvre Abou Dhabi s’inscrit dans un projet très ambitieux, celui de l’Île de Saadiyat. Un hub culturel pharaonique où, en plus de l’annexe du musée le plus célèbre du monde, l’on pourra trouver un Guggenheim, imaginé par Frank Gehry et dont le coût est estimé à près de 400 millions d’euros. Mais aussi une cité des arts dessiné par Zaha Hadid, le musée Sheikh Zayed par Norman Foster et une grande salle de concert. Bien entendu, Abou Dhabi oblige, ce « cultural district », une fois complété, voisinera avec des terrains de golf et five stars démesurés.

Le Saadiyat Cultural District, avec des constructions signées Zaha Hadid, Jean Nouvel et Frank Gehry entre autres.
Le Saadiyat Cultural District, avec des constructions signées Zaha Hadid, Jean Nouvel et Frank Gehry entre autres. DR

L’art et la culture sont deux des arguments qu’ Abou Dhabi compte faire valoir dans sa bataille (amicale) du tourisme avec Dubaï. Car le plus grand Emirat de la région ne tient pas la comparaison, pour le moment, sur ce point, avec son minuscule voisin. En attirant des noms comme le Guggenheim ou le Louvre, troisième musée le plus visité du monde, Abou Dhabi compte bien changer la donne, en proposant une offre radicalement différente de celle de Dubaï. C’est ici aussi que se déroule tous les ans l’une des plus grandes foires d’art contemporain de la région : Abu Dhabi Art, du 8 au 11 novembre en 2017.

Nature & familles contribuent à la hausse des chiffres

Avant de dépenser des milliards dans la culture, Abou Dhabi a préparé le terrain en utilisant sa superficie pour se poser en destination familiale et « nature ». On peut ainsi s’y promener dans l’Oasis classée d’Al Aïn, visiter le fort Qasr Al Hosn ou faire la queue des heures pour avoir le privilège d’entrer dans la Mosquée Sheikh Zayed. La réserve naturelle de Sir Bani Yas et les montagnes de Jabel Hafeet sont autant de terrains de jeux pour les aventuriers soft. Dans une interview réalisée en janvier dernier, Alice Kabanoff alors directrice des relations presse France à l’office du tourisme d’ Abou Dhabi, confirmait cette tendance à se tourner vers le tourisme en famille. « Le parc d’attraction Ferrari World, le parc aquatique Yas et le circuit de F1, ainsi que les luxueux resorts balnéaires de Saadiyat Beach et Nuraï Island rencontrent un grand succès auprès des familles ». Une stratégie portée par la campagne de pub digitale « extraordinary stories » qui connaît un beau succès, (23 millions de vues sur Youtube).

Les montagnes de Jebel Hafeet, rendez-vous incontournable des aventuriers en Range Rover.
Les montagnes de Jebel Hafeet, rendez-vous incontournable des aventuriers en Range Rover. DR

Un positionnement qui semble porter ses fruits. L’Abu Dhabi Tourism & Culture Authority revendique 4,4 millions de touristes en 2016, 8 % de plus qu’en 2015. Ils n’étaient que deux millions en 2010. Les acteurs du tourisme, eux, auraient vu leurs revenus annuels grimper de 594 millions à 884 millions d’euros entre 2012 et 2015. Connaissant l’une des croissances les plus impressionnantes du monde dans le secteur touristique, Abou Dhabi ne devrait pas avoir trop de mal, après la complétion du district culturel de Saadiyat, à atteindre son objectif de 7,5 millions de touristes avant 2030.

→ www.louvreabudhabi.ae

→ www.visitabudhabi.ae

Y aller

Emirates Palace, Abou Dhabi.

A l’occasion de l’inauguration du Louvre Abu Dhabi, la Fugue, agence spécialiste des événements culturels, organise des séjours d’exception à Abou Dhabi et Dubaï. Au programme, visite du Louvre, deux nuits à l’Emirates Palace et découverte de l’architecture locale. A Dubaï, tournée du quartier arty avec son Opéra majestueux et du Financial District, ses galeries d’art et séjour à l’Armani Hotel… Un voyage “Haute Couture”.

Séjours 5 jours / 4 nuits à partir de 4120 € par personne. 

www.lafugue.com


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