Albertine Guillaume
The Good Escape

Les îles Lofoten : beauté arctique à couper le souffle

Teintées d’aurores boréales en hiver et du soleil de minuit en été, réputées pour leur pêche au skrei miraculeuse et leurs températures clémentes, les Lofoten concentrent un fort imaginaire collectif empreint de légendes et de mystères au nord du cercle polaire, entre le Vestjord et la mer de Norvège.

Une soudaine douleur dans la poitrine me tire de mon mauvais rêve. Cet endroit met mes nerfs à vif. Mon cœur est encore empli de tempête et de tourmente lorsque nous arrivons sur la plage d’Haukland. L’immensité verdoyante de la plaine bordée par une plage de sable blanc et des eaux cristallines apaise ma tristesse. Tout à coup, il y a du mouvement dans les nuages. Il suffit d’une trouée pour que la lumière solaire s’engouffre. La magie opère immédiatement. La nature paraît luxuriante et engageante. L’eau prend mille et une teintes joyeuses et séduisantes. Je me sens en paix.

L’immensité verdoyante de la plaine bordée par une plage de sable blanc et des eaux cristallines à Haukland.
L’immensité verdoyante de la plaine bordée par une plage de sable blanc et des eaux cristallines à Haukland. Albertine Guillaume

A Ballstad, on embarque à bord de l’Iversen Jr. Le sémillant Borge Iversen, la soixantaine, pêcheur depuis quarante ans, nous accueille avec un sourire goguenard. Malgré son allure dégingandée et sa démarche brouillonne à quai, il se déplace avec grâce et légèreté sur son bateau de pêche, son royaume. Les lignes sont posées. Le soleil est suffisamment haut pour nous inonder de lumière. Les fjords alentour apparaissent dans une majesté paisible que je ne leur connaissais pas. Au-dessus de nous, les mouettes s’accumulent et tournoient, improvisant une danse macabre. Il est temps de remonter les lignes. Les gestes de Borge Iversen sont précis et calibrés. Chaque duel avec la mer est une remise en question permanente. Dès qu’il sort sa prise de l’eau, il lui harponne la tête avant de la balancer sur le pont.

A bord de l’Iversen Jr, le bateau de Borge Iversen, pêcheur depuis quarante ans.
A bord de l’Iversen Jr, le bateau de Borge Iversen, pêcheur depuis quarante ans. Albertine Guillaume

Même si ce n’est pas la pleine saison, la pêche nous paraît prolifique. Les prises s’accumulent à vue d’œil. J’assiste avec une certaine fascination aux derniers soubresauts nerveux du poisson, à ses appels d’air désespérés. La mer n’a jamais été aussi belle. Elle scintille de mille éclats, toute puissante. Ce soir-là, le jour ne se coucha pas, mais, contrairement aux nuits précédentes, le soleil de minuit illumina le ciel et la mer, les teintant de mille couleurs oniriques, apaisant et pansant les âmes en peine. Cette nuit-là, je dormis à poings fermés.

Le port de pêche de Ballstad.
Le port de pêche de Ballstad. Albertine Guillaume

« (…) Les géants couverts d’algues passaient dans leurs villes/Sous-marines où les tours seules étaient des îles/Et cette mer avec les clartés de ses profondeurs/Coulait sang de mes veines et fait battre mon cœur (…) » (Guillaume Apollinaire, Cortège).

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