Le photographe allemand Michael Wolf propose « Life in Cities – continued », condensé de son travail sur les mégapoles à la galerie Christophe Guye de Zurich jusqu’au 20 janvier. Des clichés à couper le souffle… littéralement !

Michael Wolf, munichois de 63 ans, a passé sa vie entre le Canada, Hong Kong et Paris entre autres. C’est dans la cité-Etat qu’il devient photographe pour le magazine Stern avant de se concentrer sur ses propres séries en 2003. Depuis, il a publié plus de 30 livres et exposé à la Biennale de Venise, aux Rencontres d’Arles ou au MoMA. Ses clichés de la vie dans les mégapoles, celles des humains comme celles des immeubles, atterrissent pour la seconde fois à la Galerie Christophe Guye de Zurich, pour la suite de « Life in Cities » (2011), jusqu’au 20 janvier.

Extrait de la série “Architecture of Density” (2009), l’une des plus célèbres du photographe, où il élimine du champ le ciel et l’horizon, accentuant l’idée d’oppression et de gigantisme de Hong Kong.
Extrait de la série “Architecture of Density” (2009), l’une des plus célèbres du photographe, où il élimine du champ le ciel et l’horizon, accentuant l’idée d’oppression et de gigantisme de Hong Kong. Michael Wolf

Parmi les attractions de l’exposition, sa série « Paris Rooftops ». En 2008, la femme et les enfants de Wolf ne supportent plus la vie à Hong Kong. Il déménage alors dans la capitale française, où il vit un mois sur deux. « C’était compliqué pour moi de trouver l’inspiration pour une série à Paris, confie-t-il à The Good Life, cette ville est un décor de film, beaucoup trop propre et organisée pour moi. » Loin du chaos citadin hong-kongais, il patine, jusqu’à ce qu’il grimpe sur les toits, en 2014. Là, il trouve enfin un thème, et le bazar qu’il cherchait, entre ces lignes irrégulières, où se bousculent les cheminées et les antennes TV.

Paris Rooftops #04, 2014.
Paris Rooftops #04, 2014. Michael Wolf

Cette exposition, presque un best-of de Michael Wolf, sera aussi l’occasion de (re)voir des extraits de quatre autres séries et une installation, « Informal Solutions », de plusieurs clichés illustrant la débrouillardise forcée des habitants de Hong Kong. Ainsi, on retrouvera des morceaux choisis de « Night », issues des tribulations nocturnes de Wolf dans sa cité-Etat adorée, de « Tokyo Compression », des photos de tokyoïtes prisonniers du métro et de ses vitres embuées, devant lesquelles les claustrophobes auront quelques sueurs froides. Mais aussi « Transparent City », réalisée à Chicago et « Architecture of Density », l’une des plus célèbres du photographe.

Tokyo Compression #106, 2010.
Tokyo Compression #106, 2010. Michael Wolf

Michael Wolf et l’obsession des « Mega Cities »

« Elles vivent 24/7, la nuit comme le jour on ressent une puissante énergie, on s’y ennuie jamais, elles me fascinent. » Quand il s’agit d’évoquer son amour pour les mégapoles, Michael Wolf ne manque pas d’arguments. Ce qui l’inspire, c’est le désordre, la démesure « j’ai besoin d’une dose de chaos, dans mon art comme dans ma vie », et c’est ce que l’on retrouve dans l’urbain parfois anarchique de Hong Kong, la ville où tout a commencé pour lui.

Night #19, 2004.
Night #19, 2004. Michael Wolf

Ce qui épate le plus chez Wolf, c’est cette faculté à donner vie à des monstres de béton, de verre et d’acier, qui paraissent sans âme au commun des mortels. « L’échelle est importante, plus les clichés sont larges, plus ils prennent aux tripes, nous confie-t-il, puis, à Hong Kong par exemple, les appartements sont si petits que les habitants sont obligés d’investir jusqu’aux façades de leurs immeubles, la vie est partout ». La lumière, les couleurs, le cadre, Michael Wolf à la recette pour plonger son audience dans le flou entre vertige et sympathie pour ses structures massives.

Transparent City #11, 2007.
Transparent City #11, 2007. Michael Wolf

Hong Kong, Chicago, Tokyo et donc Paris, Michael Wolf a déjà parcouru quelques kilomètres… Mais quelle sera la prochaine métropole à passer par son objectif ? « Lagos, au Nigéria ou de grandes villes en Inde, voire, pourquoi pas, la Chine continentale… Tout est question d’inspiration visuelle, mais ce sont des destinations qui m’intéressent. » Par contre, hors de question de photographier l’Allemagne – pourtant son pays natal – « trop conformiste, disciplinée et conservatrice ». Dommage, on paierait pourtant cher pour voir Munich dans l’œil de Michael Wolf…

Michael Wolf : Life in Cities – continued
Galerie Christophe Guye, jusqu’au 20 janvier.
Dufourstrasse 31, Zurich.
Tél. +41 44 252 01 11
www.christopheguye.com


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