Du marché aux puces de Mauerpark le dimanche matin à la Weserstrasse pour un dîner huppé, en passant par Kreuzberg et l’église (mé)connue de Südstern, derrière chaque coin de Berlin se cachent des surprises, toutes vintage et multifonctionnelles. Zoom sur les rues qui se font un nom dans l'une des capitales les plus gentrifiées du monde.

8h00. Un lundi matin de septembre, Uhlandstraße, Charlottenburg, le quartier résidentiel huppé à l’Ouest de Berlin. Assis au comptoir de l’hôtel Max Brown, on nous présente une carte de cocktails. Drôle de façon de commencer la journée. Mais une jeune fille à côté précise, en sirotant son bloody mary, que c’est une offre spéciale : un cocktail acheté, un cocktail offert, pour fêter la rentrée. Les parents méritent bien de célébrer le retour à l’école de leurs petits ! Très vite un businessman Américain aussi client de l’hôtel se laisse tenter par l’initiative. Ainsi est Berlin, dans chaque quartier, le mot d’ordre est le même : non-conventionnel, vaguement hipster, et ce à n’importe quelle âge.

Charlottenburg, un quartier résidentiel en plein boom qui tente de résister à la gentrification.
Charlottenburg, un quartier résidentiel en plein boom qui tente de résister à la gentrification.

Mauerpark à Prenzlauer Berg, quartier latin à l’Est de Berlin

Le quartier gentrifié par définition est probablement Prenzlauer Berg. Celui qui fut pendant les années 1980 le centre névralgique de la scène alternative de la Berlin de l’Est, compte aujourd’hui plus que 160 000 habitants, dont plus du quart sont des millenials allemands ou immigrés. Ils habitent les immeubles peu touchés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, une exception par rapport à la majorité des autres quartiers berlinois. Les jeunes familles meublent leurs appartements avec des pièces du showroom eco-friendly Green Living. Elles sont bien entendu fan de slow fashion et achètent leurs vêtements éco-responsables chez Wertvoll. Les étudiants du quartier sont des grands amateurs du septième art qu’ils consomment dans des salles d’essai, comme le Lichtblick, l’une des plus petites en ville. Le dimanche matin, on prend son café, accompagné d’un délicieux pastel de nata à la rhubarbe de chez Rosa Wolf, tout en feuilletant des magazines branchés. Puis, touristes, familles, artistes, se mêlent tous dans les rues, destination le marché aux puces de Mauerpark (« le parc du mur »), pour dénicher quelques pièces design d’occasion ou écouter un concert en plein air.

Le marché aux puces de Mauerpark, à Prenzlauer Berg.
Le marché aux puces de Mauerpark, à Prenzlauer Berg.


Bergmanstrasse à Kreuzberg, à la hauteur de sa réputation

Turque et punk. Deux influences qui ont fait de Kreuzberg, au sud du centre-ville, une référence incontournable dans le monde entier. Dans ce quartier, qui avant la chute du mur était principalement peuplé par des Turcs, des Grecs et des Yougoslaves, les rues s’habillent presque naturellement de graffiti et street art. Ici, dans la rue Bergmanstrasse, on plonge dans une atmosphère décontractée et animée à la fois, entre des boutiques vintage pointues et des restaurants ethniques à tomber. De la charmante Chamissoplatz à la jolie église de Sud Stern, en passant par la Marheineke Markthalle, typiquement berlinoise pour faire ses courses bio, la Bergmanstrasse garde son caractère audacieux et intelligent qui promeut un mode de vie libre et désinvolte.

Bien que profondément Turc et punk, Kreuzberg, cache des pépites de l’architecture néogothique. Ici, l’église de Südstern, construite à la fin du XIXe siècle.
Bien que profondément Turc et punk, Kreuzberg, cache des pépites de l’architecture néogothique. Ici, l’église de Südstern, construite à la fin du XIXe siècle.

Weserstrasse à Neukölln, irrésistible tendance multiculturelle 

Mais lorsque l’on vient de l’étranger et que l’on a envie de s’installer à Berlin, le quartier de prédilection est Neukölln, près de la Weserstrasse, Hermannplatz ou du Tempelhof, un ancien aéroport reconverti en parc urbain. L’atmosphère y est multiculturelle. Aux Turcs et aux Russes se sont rajoutés au fil des années de jeunes étudiants européens, attirés ici par le prix de l’immobilier encore accessible. Après une journée de travail dans un espace de coworking, comme le Weser Land, les journalistes californiens et les créatifs adorent traîner ici. Entre une laverie automatique aux murs tagués et un kebab, ils profitent à plein d’une infinie série de concept-stores hybrides, comme Let them eat cake, une petite boutique vintage qui se vend comme « espace à projets pour des nouvelles idées » et les immanquables bar-restaurants healthy. Irrésistible, à découvrir absolument, une demie-journée suffira pour se sentir comme un local. Etapes obligées : le bar à tapas Gastón, (attention, español solo, impossible d’y passer une commande en Allemand !) et le restaurant Beuster en face.

La Weserstrasse, à Neukölln.
La Weserstrasse, à Neukölln.

Avec ses quartiers hybrides et multi-ethniques, Berlin protège son authenticité et cultive son goût de l’alternatif qui font d’elle une destination particulière qui continue à soutenir un mode de vie festif et jeune. Ceux qui souhaitent s’y plonger auront peut-être besoin d’un cocktail a la première heure du matin…

Dans les rues de Neukölln, le quartier de Berlin où l’immobilier reste accessible.
Dans les rues de Neukölln, le quartier de Berlin où l’immobilier reste accessible.

Une visite guidée arty et insolite

Landwehr Canal, Berlin.

Stefano Gualdi, fondateur de l’agence Ciao Berlin, est un Italien qui a fait de sa passion pour l’art contemporain et pour Berlin une profession. A pieds, en voiture ou en vélo, cet historien de l’art, spécialiste de l’architecture et de l’art du XIXe et du XX e siècle, qui vit à Berlin depuis 2001, concocte des visites guidées sur mesure pour les voyageurs francophones les plus exigeants.

www.ciao-berlin.de

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