Les préparateurs moto poussent comme des champignons ! Mais il en est un qui se démarque, à tel point que son nom est devenu une référence : Blitz, qui a été l’un des premiers en France. Un pionnier du genre qui a ouvert la voie à beaucoup d’autres.

A l’origine de Blitz, cette petite entreprise au curieux nom de baptême, deux gaillards que rien ne semblait prédestiner au custom de motos : l’un est directeur marketing dans la publicité, l’autre est paysagiste. Le premier, Fred Jourden, pourtant diplômé du supérieur, décide de suivre un CAP de mécanique en cours du soir juste pour réparer lui-même sa vieille moto. Après des années de mécanique appliquée en plus de son job et de nombreuses préparations à son actif, il croise Hugo Jézégabel, bricoleur de Vespa et tout aussi passionné de motos que lui. Ensemble, ils travaillent sur de belles machines anciennes et finissent par lâcher leur job pour garder définitivement les mains dans le cambouis. En février 2011, ils montent officiellement leur atelier de préparation moto. «Blitz» provient de la passion de Fred pour le football américain : le terme désigne l’action défensive autour d’un quaterback, un peu comme le plaquage en rugby. Quant au logo, l’éclair («Blitz», en allemand), il fait référence à l’étincelle que produit une bougie à l’allumage. Mais attention, ici, point d’entretien ou de réparation ! Les deux compères créent et transforment des motos, non pas pour faire de l’art, mais pour les rendre fonctionnelles, dans un seul objectif : l’évasion. A ce tournant de l’histoire, Fred et Hugo n’imaginent pas encore la tournure que va prendre ce lancement.

Hugo Jézégabel (à gauche) et Fred Jourden, de Blitz.
Hugo Jézégabel (à gauche) et Fred Jourden, de Blitz.

Cachés dans un atelier niché au fin fond d’un dédale de coursives d’un immeuble du XIIe arrondissement parisien, ils sont bien conscients que le monde de la préparation moto commence à s’agiter ; ils ont saisi cette tendance au gré de leurs virées à travers le monde. Leur credo : reprendre à leur sauce des motos, essentiellement des BMW, les déshabiller, les peindre en noir et les rendre méconnaissables avec un réservoir en provenance d’une autre marque. Même si le duo refuse de s’enfermer dans un style, la patte Blitz prend, malgré tout, rapidement forme : les machines font sensation dans un monde où la préparation moto est balbutiante. Ces motos noires, dépouillées à l’excès, avec un moteur BMW et un réservoir flanqué du logo d’une marque japonaise étonnent et marquent les esprits. Et les petites séquences filmées de leurs virées moto font vite le tour de la Toile. Blitz devient une référence, et un style de vie se forge : la liberté au guidon d’une machine personnalisée, dans des paysages idylliques, avec ses meilleurs potes. Les commandes affluent. Pour autant, pas question d’abattage.

Blitz transforme des motos, souvent des BMW, les déshabille, les peint en noir et les rend méconnaissables en remplaçant le réservoir par celui d’une autre marque. Ici, une Yamaha TW 125.
Blitz transforme des motos, souvent des BMW, les déshabille, les peint en noir et les rend méconnaissables en remplaçant le réservoir par celui d’une autre marque. Ici, une Yamaha TW 125.

Chez Blitz, chaque machine doit être unique et répondre aux aspirations et à la personnalité de son propriétaire. L’oreille est d’abord attentive, puis l’idée se précise. Le travail de création commence ensuite. Tout est revu de fond en comble. Du moteur aux commandes, des échappements aux roues, tout passe entre les mains des deux mécaniciens pour personnaliser chaque élément. Entre eux, point de spécialité : les idées, les décisions et la main-d’oeuvre ne sont la chasse gardée de personne. Les deux artistes se complètent d’ailleurs jusqu’à leur personnalité : Fred, caché sous une barbe épaisse, se veut loquace et précis, quand Hugo, plus évasif, recherche surtout la discrétion. Des personnalités qui ne convoitent pas non plus la gloire et la fortune. Blitz, malgré une reconnaissance très forte, limite sa production à cinq motos simultanément et, du coup, à une quinzaine de machines par an. Avec une addition sous la barre des 18 000 euros, pas de quoi crier à la multinationale, bien que les machines s’exportent dans le monde entier. Cerise sur le gâteau pour les heureux propriétaires : même si la réglementation moto se fait chaque jour plus dure, les travaux de customisation de Blitz ne portent pas atteinte à la pérennité de l’homologation de la monture. Fred et Hugo veillent à ne pas modifier l’angle de chasse ni la puissance du moteur, et à ne pas changer les caractéristiques de la carburation ou des pneus. Ainsi, le risque de se voir refuser une assurance ou une expertise pour une garantie vol est bien mince. Quant au style, les artistes ne se posent aucune limite, pour peu que la technique suive et que le résultat convienne. D’ailleurs, jusqu’à présent, aucune moto préparée n’est restée abandonnée dans l’atelier par son propriétaire.

Pour plus d’informations sur Blitz consultez le site www.blitz-motorcycles.com

 

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