Dans le paysage horloger actuel, peu de marques indépendantes tirent encore leur aiguille du jeu. Eberhard & Co. en est ! Pour se démarquer, l’enseigne s’appuie sur une très solide image d’innovation et sur un modèle iconique, le Chrono 4.

Ces trente dernières années, le secteur horloger a connu un puissant phénomène de concentration débouchant sur la constitution de grands groupes industriels internationaux. On a ainsi vu naître le Swatch Group, qui compte une quinzaine d’enseignes. En parallèle, Richemont faisait aussi le plein, se saisissant, notamment, de Vacheron Constantin, de Piaget ou encore d’IWC. Plus récemment, le pôle horloger de LVMH a fait main basse sur Zenith, TAG Heuer et Hublot, tandis que Kering s’emparait de Girard- Perregaux.

Aux côtés de ces géants, il reste encore de la place pour de petites marques indépendantes. Ainsi, Eberhard & Co. continue de voler de ses propres ailes. « Implantée à La Chaux-de-Fonds, notre manufacture horlogère, née en 1887, mérite vraiment l’estampille “maison familiale”. Nous n’avons connu qu’un seul changement de famille dirigeante en cent trente ans d’existence », rappelle fièrement Mario Peserico, directeur général d’Eberhard & Co. Jusqu’en 1969, les héritiers de Georges- Lucien Eberhard, le fondateur, restent aux commandes. La crise du quartz, survenue dans les années 70, met à mal les finances de l’entreprise. C’est à ce moment qu’intervient Palmiro Monti, un Italien visionnaire qui pressent que la belle montre mécanique suisse n’a pas dit son dernier mot, et rachète la maison.

Palmiro Monti, qui reprend l’entreprise dans les années 70.
Palmiro Monti, qui reprend l’entreprise dans les années 70. DR

Puis la relance en restant fidèle à ses fondamentaux. Il se souvient, notamment, que la marque est considérée comme une spécialiste du chronographe sportif : Eberhard a lancé son premier chrono de poignet en 1919. Le nouveau propriétaire choisit de persister dans cette voie. Il décide également de renforcer l’image d’innovation de l’entreprise. C’est sous sa bénéfique impulsion que germe, en 1999, l’idée d’un garde-temps d’exception qui marierait fonction chronographe et technique de pointe. Trois ans plus tard, le Chrono 4 voit le jour. Pour la première fois au monde, un chrono reçoit quatre compteurs additionnels. Jusque-là, un modèle classique arborait deux compteurs complémentaires, voire trois pour les plus sophistiqués d’entre eux. Déjà pas mal…

Le Chrono 4, icône horlogère

La nouveauté Eberhard & Co. va donc plus loin. Ses quatre compteurs affichent les minutes, les heures, les 24 heures du chrono ainsi que la petite seconde. Le quatuor est aligné comme sur une brochette, ce qui garantit une lisibilité parfaite. Cette innovation, dûment brevetée, va faire de ce modèle une icône horlogère. Pour fêter les 130 ans de la firme, deux nouveautés, au boîtier de 42 mm en acier, ont été extrapolées de cette collection. La version Chrono 4 130 Edition limitée est sans conteste la plus spectaculaire. Produite à 130 exemplaires, elle s’habille d’un cadran squelette, dont le pont supérieur est en verre saphir, et d’un bracelet en carbone.

Chrono 4 130 édition limitée, mouvement mécanique à remontage automatique base ETA, boîtier de 42 mm en acier, cadran squelette, 4 compteurs (minutes, heures, 24 heures du chrono et petite seconde), fond en verre saphir, bracelet en carbone, 9 240 €.
Chrono 4 130 édition limitée, mouvement mécanique à remontage automatique base ETA, boîtier de 42 mm en acier, cadran squelette, 4 compteurs (minutes, heures, 24 heures du chrono et petite seconde), fond en verre saphir, bracelet en carbone, 9 240 €. DR

Depuis les années 70, les produits de l’enseigne jouent sur une élégance mâtinée d’extravagance. Ainsi, Eberhard & Co. est l’un des premiers à surfer sur la mode des montres à boîtier XXL. « Dès 1996, nous avons proposé un modèle en 43 mm, se souvient Mario Peserico. Au plus fort de la tendance, nous sommes montés jusqu’à 49 mm. » A la mort de Palmiro Monti, en 2004, sa fille Barbara prend la tête de l’entreprise. Elle comprend qu’il est primordial de préserver l’ADN maison ainsi que l’influence transalpine laissée par son père. « Elle s’est investie personnellement dans le développement artistique des derniers modèles, soignant particulièrement leur esthétique », raconte le directeur général.

Barbara Monti, actuelle CEO de Eberhard & Co.
Barbara Monti, actuelle CEO de Eberhard & Co. DR

Ce soin explique pourquoi les montres Eberhard & Co. remportent un franc succès en Italie. « Aujourd’hui encore, le pays de Prada reste notre premier marché, informe le responsable. Cela explique aussi pourquoi de nombreuses femmes choisissent de porter des chronos Eberhard & Co., originellement destinés aux hommes. » La maison a produit 16 000 montres l’an passé, proposées au prix moyen de 2 200 euros. Pour les années à venir, l’entreprise souhaite consolider sa présence sur ses marchés historiques et s’implanter davantage aux Etats-Unis. Les chronos Eberhard & Co. n’ont pas fini de tourner… et c’est tant mieux !

Le Chrono 4 en 5 dates clés

C’est le modèle phare d’Eberhard & Co., le premier chronographe de l’histoire à disposer de 4 compteurs de cadran en ligne.

  • 1999 : projet d’un chronographe doté de quatre compteurs en ligne.
  • 2001 : lancement du Chrono 4 avec un boîtier de 40 mm en acier.
  • 2010 : présentation de la version Chrono 4 Géant, avec un boîtier de 46 mm. Modèle pionnier de la mode des montres XXL.
  • 2013 : Chrono 4 Géant Full Injection, dont le revêtement est traité au carbone selon un procédé qui renforce la structure de l’acier et donne une teinte noire intégrale.
  • 2017 : présentation de deux nouvelles versions du Chrono 4, pour célébrer les 130 ans de la marque, le Chrono 4 130, en acier, 4 880 €, et le Chrono 4 130 Edition limitée, de 130 exemplaires, en acier, 9 240 €.

Le site web : www.eberhard-co-watches.ch


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