Joan Mitchell et Jean‑Paul Riopelle à Quebéc, Fernand Léger à Metz, Cézanne à Martigny, Van Eyck à la National Gallery, Chagall au LACMA... De mises en perspective en redécouvertes, styles et époques se télescopent en cinq expos inattendues, mais essentielles.

Tour du monde avec The Good Life pour découvrir 5 expos d’arts classique et moderne

1. Quebéc, Pour l’amour de l’art

Si la relation entre Joan Mitchell et Jean‑Paul Riopelle fut moins médiatique que celle de Camille Claudel et Auguste Rodin, elle fut tout aussi explosive – et alcoolisée. En 1955, lorsque l’Américaine quitte New York pour Paris, où elle rejoint le peintre et sculpteur Jean‑Paul Riopelle, elle a 30 ans, et sa peinture, abstraite, moderne et monumentale, l’a propulsée aux premiers rangs des représentants de l’école de New York. Cette exposition retrace vingt‑cinq ans de dialogue artistique en 60 œuvres (peintures, dessins et documents d’archives), dont le chef‑d’œuvre de Riopelle, L’Hommage à Rosa Luxemburg, fresque de plus de 40 m de long conservée au musée national des Beaux‑Arts du Québec.

“Micmac”, Jean-Paul Riopelle, 1975.
“Micmac”, Jean-Paul Riopelle, 1975. Idra Labrie

Mitchell / Riopelle. Un couple dans la démesure,
Musée national des Beaux‑Arts du Québec
Du 12 octobre au 7 janvier.
www.mnbaq.org

2. Martigny, Rétrospective utile
Drôle de titre pour une exposition ! Mais ce Chant de la terre, symphonie composée par Gustav Mahler en 1907, résume parfaitement l’aspiration de Cézanne, mort après avoir été surpris par un orage alors qu’il peignait – une fois de plus – sa terre, celle de la montagne Sainte‑Victoire. Une centaine d’œuvres sont présentées, qui résument l’ensemble de la carrière du « père de l’art moderne », du début des années 1860 jusqu’à sa mort en 1906.

“La Tentation de Saint-Antoine”, Cézanne, vers 1870.
“La Tentation de Saint-Antoine”, Cézanne, vers 1870. Fondation Collection E.G. Bührle

Cézanne, Le Chant de la terre
Fondation Gianadda
Jusqu’au 19 novembre.
www.gianadda.ch

3. Metz, Fernand Léger, chantre de la vie moderne
« Le beau est partout », clamait Fernand Léger, et plus sûrement « dans l’ordre d’une batterie de casseroles sur le mur blanc d’une cuisine », sur une enseigne publicitaire de la place de Clichy, dans une chorégraphie des Ballets suédois… que dans les musées. Lorsqu’il rentre, blessé, de la Première Guerre mondiale, l’artiste n’a plus qu’une envie : reprendre ses pinceaux, mais renouveler sa peinture en débordant des contours étroits de son châssis. Comment ? En la faisant dialoguer avec tous les champs artistiques : typographie, cinéma, design, photographie, architecture… Fernand Léger pratique toutes les disciplines. Le Centre Pompidou‑Metz propose de découvrir l’univers de ce chantre de la vie moderne en une soixantaine de toiles. Une initiation idéale.

Le Typographe, Fernand Léger, 1919.
Le Typographe, Fernand Léger, 1919. © The Louise and Walter Arensberg Collection

Fernand Léger. Le beau est partout
Centre Pompidou‑Metz
Jusqu’au 30 octobre.
www.centrepompidou-metz.fr

4. Londres, Confrontation nécessaire
Comment un peintre primitif flamand inspira‑t‑il les avant‑gardistes préraphaélites quatre siècles plus tard ? Dante Gabriel Rossetti, John Everett Millais et William Holman Hunt, figures de proue du mouvement britannique, firent des Epoux Arnolfini,tableau de Van Eyck peint sur bois en 1434 et entré dans les collections de la National Gallery, à Londres, en 1842, le symbole de leur démarche caractérisée par une abondance de motifs et de détails. L’exposition confronte, pour la première fois, le portrait des époux Arnolfini avec des peintures du XIXe siècle. Recommandé aux amoureux des énigmes à la recherche de celles contenues derrière le miroir, le petit chien ou les vers d’Ovide inscrits sur le cadre.

“The Lady of Shalott”, John William Waterhouse, 1888.
“The Lady of Shalott”, John William Waterhouse, 1888. Leeds Museums and Galleries (Leeds Art Gallery) / Bridgeman Images

Réflexions : Van Eyck et les préraphaélites
National Gallery
Du 2 octobre au 2 avril.
www.nationalgallery.org.uk

5. Los Angeles, Un pas de deux avec Chagall
Marc Chagall aimait la musique traditionnelle juive de son enfance, la musique populaire russe et la musique de Bach. S’il a peint le plafond de l’Opéra de Paris, il a aussi créé des décors et des costumes pour le Théâtre juif de Moscou ou les Ballets russes. Son ambition ? Réunir la musique, la danse et la peinture. Chagall : Fantasies for the Stage souligne l’influence des arts de la scène sur son œuvre et expose les costumes et les dessins de l’artiste – dont certains sont inédits –, ainsi qu’une sélection de peintures représentant des musiciens et des scènes lyriques.

“La Flûte enchantée”, quand danse, art moderne et musique se marient. New York, 1967.
“La Flûte enchantée”, quand danse, art moderne et musique se marient. New York, 1967. Frank Dunand / Metropolitan Opera Archives

Chagall : Fantasies for the Stage
County Museum of Art
Jusqu’au 7 janvier.
www.lacma.org

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