Spécialiste des montres de plongée, Panerai équipe, à l’origine, les nageurs de combat de l’armée italienne. Auréolé par cet aventureux passé, son modèle Luminor fascine aussi bien les élégants que les collectionneurs.

Panerai a longtemps construit des montres exclusivement destinées à l’armée et à ses unités d’hommes-grenouilles. Durant cette période, la production est restée confidentielle. Cette rareté explique en partie l’attrait que ces modèles exercent sur les collectionneurs. Ce n’est qu’en 1993 que la marque d’origine florentine fait son entrée dans la vie civile avec trois montres éditées en série limitée. Quatre ans plus tard, le groupe ­Richemont, à l’époque Vendôme Luxury Group, rachète la société et l’intègre à son catalogue de marques de prestige. Sous son impulsion, la petite officine italienne se transforme en une grande manufacture de montres de luxe. On croise des Panerai au poignet des élégants en costumes chic depuis vingt ans seulement.

La Luminor de Officine Panerai, montre instrument spécialement imaginée pour les interventions militaires sous-marines, apparaît en 1950.
La Luminor de Officine Panerai, montre instrument spécialement imaginée pour les interventions militaires sous-marines, apparaît en 1950. Officine Panerai

Le nom vient du matériau luminescent, le Luminor, qui recouvre ses chiffres et ses index et garantit une bonne lisibilité même dans l’obscurité. Le charisme de ce modèle vient en partie de son passé militaire qui lui vaut une image virile, un brin sulfureuse. En effet, au cours de sa carrière, le garde-temps a été engagé dans des missions périlleuses, de type déminage, sabotage… par les nageurs de combat italiens et égyptiens. Il fascine aussi par sa conception à contre-courant des modes. La Luminor, dont l’usage subaquatique intense dicte l’apparence, rejoint la Radiomir, l’autre collection de la marque née en 1936. Ces deux plongeuses militaires sont assez similaires dans la forme. Cependant, la Luminor se reconnaît à son imposant pont protège-couronne à levier, destiné à garantir son étanchéité.

«Lab-ID Luminor 1950 Carbotech 3 Days», boîtier 49 mm en Carbotech, mouvement p.3001/C mécanique à remontage manuel, bracelet en Carbotech, étanche à 100 m, édition limitée à 50 exemplaires, 50 000 €.
«Lab-ID Luminor 1950 Carbotech 3 Days», boîtier 49 mm en Carbotech, mouvement p.3001/C mécanique à remontage manuel, bracelet en Carbotech, étanche à 100 m, édition limitée à 50 exemplaires, 50 000 €.

Record pour une Luminor

Luminor Panerai aux enchères.

Les montres Panerai de la période militaire (avant 1993) sont aussi rares que recherchées. En 2014, une Luminor en acier a atteint chez Sotheby’s, à Genève, l’enchère de 348 000 €, un record pour la marque. Cette montre née « autour de » 1955, est dotée d’un mécanisme à remontage manuel. Elle reçoit surtout une exceptionnelle lunette tournante transparente en polycarbonate. Cet élément fait penser qu’il pourrait s’agir d’un prototype unique. Elle appartenait à un amiral italien qui a participé à de nombreuses opérations sous‑marines durant la Seconde Guerre mondiale. Ses descendants ont décidé de s’en séparer.

Luminor de Panerai, lanceuse de tendances

A sa naissance, dans les années 50, la Luminor dénote par ses formes originales, ni vraiment rondes ni vraiment carrées, qui rappellent un coussin d’ameublement. Mais plus encore, ce sont les proportions de son boîtier, pouvant atteindre jusqu’à 47 mm, qui marquent sa différence. Pour rappel, les montres d’homme, à l’époque, dépassent rarement 39 mm. Ces dimensions hors du commun ne sont pas le fruit du hasard. Elles ont pour mission de laisser une large ouverture au cadran, au bénéfice de la visibilité, y compris sous l’eau quand on n’y voit goutte. Dans les années 2000, les Panerai parvenues à la vie civile vont être à l’origine de l’engouement pour les boîtiers de taille XXL. Nul doute que la Luminor doit plaire à Michel Sardou, car elle aussi a réussi « l’amalgame de l’autorité et du charme », en mariant un style solide, issu de sa période militaire, avec des finitions et des matériaux luxueux, comme l’or, ou high-tech, comme le titane et le carbone, qui ont accompagné son entrée dans le monde du luxe. Une chose est sûre : les Panerai d’aujourd’hui sont fort peu nombreuses à encore pratiquer la plongée sous-marine. Un peu comme les 4×4, devenus SUV chic, n’ont plus guère l’occasion de fréquenter les petits chemins boueux.

Luminor Submersible 1950 3 Days Automatic Bronzo, boitier 47 mm en bronze, mouvement p.9010 mécanique à remontage automatique, bracelet cuir de veau Ponte Vecchio, étanche à 300 m, édition limitée à 1000 exemplaires, 14 000 €.
Luminor Submersible 1950 3 Days Automatic Bronzo, boitier 47 mm en bronze, mouvement p.9010 mécanique à remontage automatique, bracelet cuir de veau Ponte Vecchio, étanche à 300 m, édition limitée à 1000 exemplaires, 14 000 €. Officine Panerai

Atavisme maison oblige, la Luminor Submersible 1950 3 Days Automatic Bronzo a la mer chevillée aux rouages. Cette nouveauté s’habille ainsi de bronze, un matériau souvent utilisé pour l’accastillage des bateaux anciens. Cet alliage à base de cuivre a la particularité de s’oxyder au contact de la peau, de l’air et du sel. Chacun des 1 000 exemplaires construits va donc se couvrir d’une émouvante patine tirant sur le gris, le vert ou le marron. In fine, chaque montre se pare d’une teinte distincte et se transforme en un objet unique, entraînant l’imaginaire de son propriétaire vers d’autres horizons. Cette pièce au poignet, il est aisé de se prendre un instant pour le capitaine Nemo de Jules Vernes, à la barre de son Nautilus

La Luminor en dates :

En soixante‑sept ans de carrière, ce garde‑temps est passé de la combinaison de plongée au costume cintré, des opérations militaires secrètes aux soirées chic.
• 1950 : naissance de la Luminor, qui tient son nom du revêtement luminescent
qui recouvre ses chiffres et ses index.
• 1993 : première collection civile.
• 1997 : rachat de Panerai par le groupe Richemont.
• 2005 : lancement du premier mouvement maison : le P.2002 à remontage manuel.
• 2017 : présentation de la LAB-ID Luminor, au mouvement sans lubrifiant. Elle est limitée à 50 exemplaires et est garantie cinquante ans. Elle coûte 50 000 €.

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