Voilà plus de soixante ans que la manufacture horlogère se passionne pour le monde aquatique. Pas étonnant qu’elle ait choisi de s’engager dans cette cause.

La dernière campagne de pub Blancpain semble franchement insolite comparée à celles de tous ses concurrents. En général, les manufactures se contentent, pour leur ­communication, de messages simples et ­directs avec, pour objectif, une efficacité maximale. Certaines présentent leurs montres pleine face ou de façon plus poétique avec, en fond, un décor plus ou moins ­sophistiqué, telles des natures mortes. Parfois, un éclaté impudique ­dévoile, pièce par pièce, la constitution du mouvement pour en mettre en lumière le mécanisme. Les enseignes insistent sur un éventuel détail technique à ne surtout pas manquer pour marquer la ­singularité de leurs créations. Dans les deux cas, on fait le choix du ­pragmatique et de l’efficacité. De fait, la ­dernière ­campagne ­d’affichage Blancpain laisse mi-étonné, mi-perplexe, tant elle sort des ­canons ­habituels.

Extraordinaire et onirique, le nouvel affichage Blancpain promeut écologie et technologie.
Extraordinaire et onirique, le nouvel affichage Blancpain promeut écologie et technologie. DR

Qu’y voit-on ? Une ­baleine à bosse, cétacé pouvant atteindre 14 mètres de longueur, tendre amicalement la nageoire en direction d’un petit plongeur. Le mastodonte marin se tient à la verticale, dans une pose étonnante qui rappelle la ­stature d’un homme debout. Quant au minuscule homme-grenouille, il ressemble à un petit jouet pour le bain des enfants. C’est le ­Japonais Masa Ushioda qui a pris ce puissant cliché. Il explique : « Mon travail consiste à capturer le moment où un mammifère marin exprime des émotions, pour les rendre visibles via une photographie d’art. Si mes photos incitent quiconque à se sentir plus proche du monde aquatique, alors je me sens récompensé. » Cette nageoire tendue doit s’interpréter comme la métaphore du soutien de la manufacture horlogère au monde maritime dès les années 50. Depuis, l’entreprise a multiplié les rendez-vous avec la mer.

Blancpain éditeur

La manufacture suisse invite régulièrement des photographes à réaliser une série de clichés sur le thème du monde aquatique. C’est ainsi que la photo du Japonais Masa Ushioda a été sélectionnée pour la nouvelle campagne. Avec la participation de chacun, la marque publie ensuite des livres d’art aux éditions Blancpain. L’horloger a récemment fait paraître un très beau livre raffiné et imposant, Fifty Fathoms – The Dive And Watch History, 1953-2013. L’ouvrage retrace l’histoire de la plongée sous-marine moderne, un sujet traité en parallèle de l’évolution de la montre Fifty Fathoms depuis son lancement, dans les années 50. Il comprend 475 pages richement illustrées de 600 clichés. Par ailleurs, un nouveau site a été lancé, une plate-forme web à l’attention des partenaires de la marque. Ceux-ci peuvent y diffuser des images et des informations liées à leurs expéditions.
www.blancpain-ocean-commitment.com

En 2014, cette enseigne du groupe Swatch décide de rassembler tous ses partenariats sous le label Blancpain Ocean Commitment. Au menu, une douzaine de projets scientifiques et d’explorations océanographiques visant à la préservation des océans. Un exemple ? La manufacture a longtemps été partenaire du projet, aujourd’hui achevé, Pristine Seas du docteur Enric Sala. Ce chercheur de la National Geographic Society a préparé plusieurs expéditions vers les dernières zones maritimes du monde encore préservées de toute activité humaine, et riches en espèces animales et végétales. Il présente ensuite ses ­observations aux différents États alentours afin qu’ils ­décrètent une éventuelle protection de leurs eaux territoriales. Ce travail a, par exemple, permis la création du Nazca-­Desventuradas, un gigantesque parc marin autour de l’île de Pâques, au large du Chili. Les eaux de cette zone de 720 000 km2 sont désormais protégées, et la pêche est interdite. En tout, le programme aura aidé à la sauvegarde de plus de 3 millions de kilomètres carrés d’océan.

Le docteur Enric Sala, à la recherche des zones océaniques inexplorées.
Le docteur Enric Sala, à la recherche des zones océaniques inexplorées. DR

Mais l’opération la plus spectaculaire reste la mission Gombessa menée par le ­plongeur, photographe et naturaliste français Laurent Ballesta. Ce dernier a débusqué le cœla­canthe, ou « gombessa », le plus vieux poisson du monde : un monstre marin qu’on croyait disparu. De fait, cette drôle de sardine qui peut mesurer deux mètres et peser 70 kg vivait tapie dans le fond des océans. Derrière son physique peu engageant, façon maxipiranha, ce gros ­poisson cache un caractère plutôt placide.

Laurent Ballesta

Dans le documentaire Le Cœlacanthe, sorti en 2014, le plongeur français, spécialiste de la faune et de la flore aquatiques, retrouve le sillage du plus vieux poisson du monde. Dans Le Mystère mérou, en 2015, Laurent Ballesta nous raconte comment 18 000 de ces poissons partis se reproduire un jour de pleine lune, au large de l’atoll polynésien de Fakarava, se retrouvent face à 700 requins affamés. Le photographe capture sous l’eau ce chassé-croisé digne d’un balai de Carolyn Carlson. Fin 2015, il enfile de nouveau palmes et masque dans Expédition Antarctica, et part à la découverte du monde sous-marin autour de ce continent mystérieux. Sous la banquise, il trouve un monde foisonnant de vie de 9 000 espèces souvent inconnues : poissons, crustacés, mais aussi coraux, végétaux, sans oublier phoques et manchots. Un documentaire tiré de cette aventure, Antarctica, sur les traces de l’empereur, a été réalisé par Jérôme Bouvier en 2016.

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