La figure mythique de l’acteur américain chic et désinvolte a inspiré Erroll Teboul, fondateur de la griffe. Les collections mettent en avant l’image de la star, pour laquelle la marque marseillaise a décroché une licence d’exploitation internationale.

Accro au foot et au tennis, Erroll Teboul a dû lâcher son ballon et sa raquette. Garder un œil vissé sur sa marque Hero Seven (@heroseven7), lancée à Marseille en 2008, est devenu sa ­priorité. Né sur les hauteurs de la cité phocéenne, dans une famille propriétaire d’une quinzaine de boutiques multi et monomarques, Erroll Teboul est à la tête d’une entreprise florissante. Durant quatre ans, il s’est fait connaître à travers la Hero Seven Cup, un tournoi entre copains de foot et entreprises amies du ­milieu textile marseillais, qui se la jouaient OM sur les plages. « Je suis resté grand amateur des valeurs du sport, les vraies, les pures. C’est ­important pour moi. J’adore les belles affiches, et encore plus les beaux matchs. En tennis, par exemple, je suis toujours accro aux champions des années 80 qui avaient une sacrée classe, du tempérament et un jeu exceptionnel, comme Mats Wilander, par exemple », détaille-t-il. Le sport reste le fil rouge de la marque qui ­habille les très stylés Frédéric Bousquet ou Laure Manaudou et, officiellement, le champion du monde ­Camille ­Lacourt, qui a posé en short de bain de la marque. Cet accessoire fut le ­premier produit lancé en 2008 et vendu, dès son apparition, à plus de 6 000 exemplaires…

Steve McQueen était un passionné de courses de voitures, inoubliable dans le film «Le Mans», en 1971.
Steve McQueen était un passionné de courses de voitures, inoubliable dans le film «Le Mans», en 1971.

Conquérir l’Amérique

Aujourd’hui, Erroll Teboul est satisfait, et pour cause : il vient d’étendre à l’Europe et aux États-Unis sa licence ­d’exploitation des droits à l’image de Steve McQueen, gérés par l’agence américaine Greenlight, qui s’occupe, notamment, de personnalités comme Bruce Lee, Marilyn Monroe ou Mohamed Ali. Cet été, les collections Hero Seven sont inspirées par notre chasseur de primes hollywoodien préféré. L’œil bleu plissé sur son viseur de Winchester à canon scié a fait vibrer des ­générations de garçons et de filles ! « Nous avons créé un ­vestiaire masculin complet en référence à son élégance ­décontractée : jour, nuit, sport, week-end », confie Erroll Teboul, qui confie aussi son admiration pour une autre icône, Ralph Lauren. « J’ai passé trois années à New York, dont une comme étudiant à L’Institut supérieur de gestion, car la finance me ­passionnait. Puis j’ai décroché un job dans la boutique Ralph Lauren de Madison Avenue. J’ai eu la chance d’apprendre l’univers de la mode en grand, et de côtoyer régulièrement le patron qui n’avait pas son pareil pour scénariser ses collections. »

Hero Seven a lancé une série exclusive de tee-shirts, sur lesquels on retrouve des photos de Steve McQueen, notamment en combinaison de pilote automobile.
Hero Seven a lancé une série exclusive de tee-shirts, sur lesquels on retrouve des photos de Steve McQueen, notamment en combinaison de pilote automobile.

Aujourd’hui, Hero Seven est en plein boom, puisque la marque ouvre trois nouvelles boutiques – à Metz, à Juan-les-Pins et à Paris –, dont la conception a été confiée à l’architecte marseillaise Claire Teillet. L’objectif est de ­reproduire un décor vintage où brilleront les tee-shirts qui ont fait le succès de la marque, à l’image d’un modèle rayé sur lequel on voit Steve McQueen lancer un Frisbee ! Suite logique, en somme, des ­premières collections de 2009, imprimées de photographies désuètes de ­pêcheurs, de ­marins ou de ­paysages. « Je suis fan de ce grain photographique particulier des années 40 et 50, précise Errol Teboul. Nous ­faisons ­fabriquer ces pièces au Portugal, car nous ­tenons ­beaucoup à leur qualité. Nos clients les collectionnent. » Il s’en vend 150 000 par an.

Le nouvelle collection de t-shirts Hero Seven reproduit un décor vintage.
Le nouvelle collection de t-shirts Hero Seven reproduit un décor vintage.

Dates clés

  • 2008 : fondation de Hero Seven à Marseille par Erroll Teboul.
  • 2008 : le maillot de bain est lancé ; 8 000 exemplaires vendus en 2016.
  • 2009 : création de tee‑shirts sérigraphiés ; 150 000 seront vendus en 2016.
  • 2012 : premier contrat de licence autour de Steve McQueen.
  • 2017 : la licence s’étend à l’Europe et aux États-Unis. Ouverture de 3 points de vente en France, et de deux showrooms à New York et à Miami.

Hero Seven, une visée internationale

La marque, dont le chiffre d’affaires est ­d’environ 8 millions d’euros – 34 % ­réalisé à l’étranger –, a une dizaine de points de vente en Chine, une vingtaine en Allemagne et aussi en Belgique. Elle compte accélérer son implantation aux États-Unis cette année, en inaugurant deux showrooms, à New York et à Miami, afin d’être plus présente pour la trentaine de revendeurs, parmi lesquels Fred Segal, à Los Angeles. « Plus que les Chinois qui préfèrent acheter des marques connues, les Américains sont porteurs pour les produits français qui font ­rêver, explique Erroll Teboul. L’entreprise est en période de consolidation, mais on saisit toutes les opportunités, comme sur ce salon aux États-Unis où des Chinois sont venus nous ­démarcher. Ça s’est conclu immédiatement ! Pour moi qui suis plutôt fidèle en amitié, les relations humaines sont cruciales. » A l’image du patron, chaque produit cache un fil vert qui signale l’intérêt de la marque pour ­l’environnement. Depuis huit ans, Hero Seven reverse à l’association française Cœur de Forêt ­0,25 euro pour chaque article vendu. Ces dons soutiennent des projets de replantation en Amazonie. Chapeau, my Hero !

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