Courtesy Bill Viola Studio

La renaissance électro de Bill Viola,
une Good Exhibition à Florence

Bill Viola, l'artiste new-yorkais qui révolutionne la scène mondiale de l'art vidéo, repère des traces de la beat generation dans les tableaux de la Renaissance. Cet été, plus de cinq heures de ses projections sont à découvrir dans l'exposition "Electronic Renaissance" au palais Strozzi de Florence, la ville italienne à l'origine d'un tournant dans sa carrière.

Vent de fraicheur cet été au palais Strozzi de Florence : les projections de Bill Viola habillent ses salles jusqu’au 23 juillet avec l’exposition « Electronic Renaissance ». Un dialogue entre l’art vidéo et l’architecture de ce bâtiment mythique se confrontent avec les toiles des grands maîtres de la Renaissance tels que Pontormo ou Paolo Uccello.

Certains se souviendront sans doute de l’exposition « Bill Viola » au Grand Palais en 2014. En 2017, c’est à Florence qu’ils auront l’occasion de partir pour un voyage – qui peut durer jusqu’à cinq heures – retraçant 40 ans de carrière du roi de l’art vidéo. Dans ses productions, qui se font de plus en plus ambitieuses, l’artiste américain né en 1951, explore les notions de spiritualité, d’expérience et de perception. Il se plonge entre espace, son et image, et en alliant une recherche technologique à une réflexion esthétique, il fait converser passé et contemporanéité.

The Crossing,Bill Viola, 1996.
The Crossing,
Bill Viola, 1996. Courtesy Bill Viola Studio

Bill Viola, ou le “peintre électronique”

Bill Viola débarque à Florence en 1974. A l’époque, la ville est une scène frémissante de l’art contemporain au niveau international. Il gravite autour de art/tapes/22, une galerie-studio de référence pour la production de l’art vidéo en Europe. Sa charismatique propriétaire, Maria Gloria Bicocchi encense alors l’art coloré et expérimental, presque ludique, du jeune artiste et le surnomme “le peintre électronique”. Viola reste en Toscane pendant un an et demi, et en profite pour puiser son inspiration dans la Renaissance et s’imprégner, comme il le dit, d’une atmosphère « dense d’idées pour l’art et la culture [qu’il] respire dans les rues, les églises et leurs chapelles, à l’intérieur des cours, pas seulement dans les musées ». Il développe ainsi sa propre vision de la fonction de l’art dans la société : les musées ont été créés pour l’art. L’exact contraire de ce qu’il avait vécu à New York, où on faisait de l’art pour remplir les musées. Une expérience significative et un nickname qui justifient son fier retour à Florence presque cinquante ans plus tard.

The CrossingBill Viola, 1996, 10’57’’.
The Crossing
Bill Viola, 1996, 10’57’’. Courtesy Bill Viola Studio

Une visite aux tons psychédéliques

« La Visitation », du Pontormo, l’old master favori de Bill Viola, le fascine par sa composition extrême au couleurs hallucinogènes ; il y voit des allusions à la beat generation. C’est la source d’inspiration de « The Greeting », vidéo présentée au pavillon américain de la Biennale de Venise en 1995 dans laquelle l’artiste fait appel pour la première fois à de vrais acteurs . Une œuvre qui signe un tournant dans ses productions qui se font de plus en plus cinématographiques.

La “Visitation” du Pontormo, 1528-1529 a inspiré Bill Viola pour “The Greeting” réalisé en 1995.
La “Visitation” du Pontormo, 1528-1529 a inspiré Bill Viola pour “The Greeting” réalisé en 1995. Antonio Quattrone

Une vague explosive

Mais l’œuvre la plus spectaculaire exposée au palais Strozzi reste probablement « The Deluge ». Dans cette vidéo de 36 minutes on assiste à un final impressionnant, une explosion d’eau qui engloutit la quotidienneté d’une scène urbaine des plusieurs personnes dans une architecture classique. Un scène catastrophique empruntée, encore une fois, à la tradition artistique italienne, cette fois-ci au Jugement universel que Luca Signorelli peint à Orvieto entre 1499 et 1502.

“The Deluge (Going Forth By Day)”, Bill Viola, 2002.
“The Deluge (Going Forth By Day)”, Bill Viola, 2002. Courtesy Bill Viola Studio

Grâce à ses vidéos inspirées du passé, Viola nous offre l’opportunité d’assister à une révocation des formes primordiales de l’expression humaine. Il arrive à faire ressortir des émotions et réactions intimes chez ses spectateurs. L’exposition s’exporte dans plusieurs sites à Florence comme Santa Maria del Fiore où on pourra admirer les vidéos  « Observance» et « Acceptance », communiquer avec « La Madeleine pénitente » du Donatello et la « Pietà Bandini » du Michel-Ange. Un art presque thérapeutique qui soigne nos âmes en se servant du temps. Inspirant.

Bill Viola, Electronic Renaissance
Jusqu’au 23 juillet
Palazzo Strozzi, Florence
palazzostrozzi.org

 

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