Jason Devaun

Salles de concert, bars branchés, immobilier en plein boom :
Brooklyn ne s’arrête plus !

L’inauguration le 6 avril du Brooklyn Steel, la plus grande salle de concert du borough avec 1 800 places, est un symbole de plus que Brooklyn dépasse les attentes. Aujourd'hui il est (presque) l’égal de Manhattan dans l’imaginaire du voyageur lorsque l’on évoque New York.

Broadway, le Carnegie Hall, le Madison Square Garden… En ce qui concerne la musique, Manhattan a toujours une longueur d’avance sur Brooklyn. Mais, après avoir rattrapé – ou presque – son retard dans les domaines de la gastronomie et du tourisme, l’autre côté du pont fait un pas de plus dans sa course à la culture avec l’ouverture du Brooklyn Steel, au cœur de Williamsburg. Une inauguration qui pourrait encourager d’autres promoteurs à s’installer dans ce borough. Depuis le début du XXIe siècle, Brooklyn a en effet amorcé une mutation impressionnante, passant du petit frère pouilleux de Manhattan à représentant du « vrai » New York pour beaucoup de baroudeurs.

Le Brooklyn Steel dans une ancienne aciérie à l’extérieur typique.
Le Brooklyn Steel dans une ancienne aciérie à l’extérieur typique. DR

Brooklyn Steel, nouvelle salle de concert du groupe The Bowery Presents (11 salles sur la côte ouest, six à New York) est installée dans une ancienne aciérie du quartier de Williamsburg. Inaugurée le 6 avril par LCD Soundsystem qui y a joué cinq soirs de suite, elle garde – malgré ses 1 800 places – un cachet tout brooklynien, avec briques brunes et architecture industrielle. Avec une programmation assez indie, elle vient marquer encore plus la rupture culturelle entre le très chic Manhattan et le Brooklyn plus relax, qui séduit de plus en plus les visiteurs.

 

Williamsburg, passage obligé à Brooklyn

Ce n’est pas par hasard si The Bowery Presents a fait de Williamsburg sa base. Dans ce petit morceau de Brooklyn, entre le chantier naval et Greenpoint,  on trouve les salles de concert les plus excitantes du borough, comme le Baby’s All Right ou le Muchmore’s. Avec ses fresques murales, ses petits immeubles rassurants, ses bars trendy qui sortent de terre vitesse grand V, Williamsburg a tout pour plaire.

Les rues de Williamsburg.
Les rues de Williamsburg. Studio Vic

Malgré la gentrification, Williamsburg a su garder des espaces destinés au vert comme l’East River State Park, fréquenté surtout par des millennials en quête d’alternatif. Ce parc de la Villette à l’américaine avec une vue imprenable sur la skyline de Manhattan, suit le même chemin que ses aînés de Brooklyn Heights ou Park Slope.

Aucun quartier n’échappe au lifting

Il n’y a pas que Williamsburg qui s’envole, Crown Heights prend lui aussi une nouvelle dimension dans le paysage brooklynien. Certaines maisons dépassent le million de dollars, dans un quartier délaissé il y a encore quelques années. Plus fort encore, Flatbush délaisse son image de coupe-gorge pour devenir la vitrine d’un New York oublié et authentique, avec ses enseignes lumineuses un peu décrépies qui côtoient de plus en plus de boutiques et bars de hipsters. La transformation n’est pas encore totale… La desserte en métro assez médiocre du quartier ne devrait pas l’aider dans sa mutation, mais elle commence.

Les toits de Crown Heights.
Les toits de Crown Heights. Atomische

Le Navy Yard lui aussi a eu le droit à son coup de pouce, administratif cette fois. Les autorités font en effet des petits cadeaux fiscaux aux entreprises qui s’y installent. C’est ici que François-Xavier Terny a choisi d’assembler ses motos nouvelle génération. Pour ses finances d’une part et profiter aussi du savoir-faire local ainsi que de l’image de Brooklyn, symbole d’innovation. En prenant tant d’ampleur aussi vite, on ne s’attendait pas à voir ce voisin encombrant de Manhattan continuer sur sa lancée… tout en restant casual.

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