Né il y a 163 ans, le malletier de luxe français fusionne toujours étroitement ses créations avec notre monde en pleine accélération. Souvent en avance sur son époque, la marque sait aussi arrêter le temps quand il le faut. C’est le secret de sa survie, selon Michael Burke, président de Louis Vuitton depuis quatre ans. Rencontre et décryptage d’un subtil exercice d’équilibriste.

TGL : Ne craignez‑vous jamais de dérouter vos clients ?
M. B. : Même transgressifs ou surprenants, les objets Louis Vuitton se bonifient au passage du temps. Le temps est impitoyable et un fort pourcentage de ce que nous connaissons aujourd’hui disparaîtra. C’est pourquoi nous rejetons un nombre fou de projets qu’on n’imagine pas s’inscrire dans la durée selon la définition Louis Vuitton.

TGL : Vous comptez développer d’autres produits nomades ?
M. B. : En effet, à travers une gamme de petits cadeaux, The Art of Gifting, où on trouve des vide-poches, des carnets ou des porte-­monnaie. Elle nous permet de renouer avec l’accessibilité et nos archives démontrent qu’ils existaient autrefois et que les clients venaient pour cela aussi. Ainsi, nous pouvons rejouer avec nos matières, nos codes et donner à voir qui nous sommes.

TGL : Pouvez‑vous nous dire un mot sur les parfums, absents depuis 1946, et tout à coup de retour ?
M. B. : On a visé l’exception et nous avons réussi bien au-delà [le lancement de ces fragrances, en 2016, coïncide stratégiquement avec un marché du parfum en croissance mondiale de + 15 % en 2015 ; la niche des parfums de luxe occupe 10 % de ce marché, NDLR]. Le flacon épuré, transportable dans une minimalle, est l’œuvre de Marc ­Newson, tandis que l’esprit de ces jus créés par notre parfumeur Jacques ­Cavallier-Belletrud reste très XIXe siècle. Nous avons proposé sept voyages olfactifs qui nous transportent dans un autre monde, à la façon d’un tapis magique…

TGL : Comment voyage Michael Burke ?
M. B. : Je voyage léger, loin et… longtemps.

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