En devenant le premier pays consommateur d’or de la planète, la Chine a doublé l’Inde. Désormais, il lui faut parvenir à prendre la tête du commerce mondial de ce précieux métal. Son bras armé ? Le Shanghai Gold Exchange, plate-forme de l’Asie pour l’achat et la vente d’or.

 

Une internationalisation à petits pas

« La Chine espère influencer les prix mondiaux en faisant en sorte que les investisseurs achètent de l’or via des contrats basés sur le benchmark de Shanghai, décrypte Philip Klapwijk. Mais sachant que le yuan n’est pas complètement convertible, et connaissant les autres contrôles sur le système financier chinois, je doute que les sociétés minières vont soudainement abandonner l’once fixée à Londres [une once équivalant à 31,1 grammes, NDLR] pour le prix au gramme en yuan de Shanghai. » En attendant, le Shanghai Gold Exchange fait tout pour attirer les investisseurs internationaux. Car ce nouvel index ne pourra être crédible que s’il est soutenu par un volume de transactions suffisamment important et, surtout, s’il est jugé attractif par les porte­feuilles étrangers.

Or, en juillet 2016, seules deux banques étrangères, la britannique Standard Chartered et l’australienne ANZ, avaient décidé de participer au Shanghai Gold Benchmark. Néanmoins, cet index marque un tournant pour cette Bourse de l’or en pleine internationalisation. En 2014, le SGE s’était déjà dédoublé en lançant un International Board. Aujourd’hui, il comprend 63 membres internationaux, dont HSBC, la Deutsche Bank, UBS, JPMorgan Chase et Goldman Sachs. Basé dans la nouvelle zone de libre-échange de Shanghai, de l’autre côté du fleuve Huangpu, ce Board est censé attirer les fonds en renminbis off-shore détenus à l’étranger par ces mêmes banques dans les quelques capitales internationales – Hong Kong, Paris, Londres, etc. – où Pékin expérimente, à petits pas, l’internationalisation du yuan.

Thématiques associées

The good concept store A découvrir dans le concept store