En devenant le premier pays consommateur d’or de la planète, la Chine a doublé l’Inde. Désormais, il lui faut parvenir à prendre la tête du commerce mondial de ce précieux métal. Son bras armé ? Le Shanghai Gold Exchange, plate-forme de l’Asie pour l’achat et la vente d’or.

On l’imaginait imposante, pleine d’assurance, à l’image de la mégapole en Chine qui l’accueille depuis maintenant plus de dix ans. En réalité, elle est bien modeste ! « Elle », c’est la Bourse de l’or de Shanghai, plus connue sous le sigle SGE, pour Shanghai Gold Exchange. Le plus gros centre de commerce du monde pour l’or physique a été fondé en 2002. Elle a détrôné Hong Kong et Tokyo pour devenir « la » plate-forme de l’Asie pour l’achat et la vente du précieux métal jaune. En 2015, ses 320 employés ont procédé au commerce de quelque 34 000 tonnes d’or ! Première du monde depuis neuf ans pour le commerce de l’or physique (lingots, pièces…), elle n’occupe cependant que la quatrième position, derrière Londres, New York et le Shanghai Futures Exchange, si l’on prend en compte le volume total, et notamment le paper gold, cet or dématérialisé qui s’achète via des produits financiers adossés, ou non, au fameux métal.

Le marché chinois de l’or en huit dates.
Le marché chinois de l’or en huit dates. Ariel Martín Pérez

Le SGE est la clé de voûte d’une stratégie bien plus large, qui vise à faire de la Chine un pays qui compte dans l’établissement des cours mondiaux de cette ressource. Pékin est aujourd’hui le premier importateur et le premier consommateur d’or du monde, avec 26 % de la demande mondiale, selon le World Gold Council, le lobby de l’industrie.

 

La Chine, le premier producteur d’or du monde

A la tête des troisièmes plus grosses réserves, derrière l’Afrique du Sud et l’Australie, la Chine est également, depuis neuf ans, le premier producteur d’or de la planète. En 2015, la Chine a raffiné, recyclé ou importé 2 200 tonnes d’or, soit plus de 50 % du total mondial, selon les chiffres officiels. Mais, paradoxalement, elle influence encore très peu la cotation internationale du métal jaune. « Les prix mondiaux de l’or ne sont pas déterminés chez nous, mais au London Metal Exchange (LME) et au New York Commodity Exchange (Comex) », regrette Gu Wenshuo, directeur de la communication du SGE. C’est pourquoi, en avril 2016, la Chine a lancé son propre index : le Shanghai Gold Benchmark. Libellé en yuan (la monnaie chinoise) et opéré par le SGE, ce « fix » est censé limiter l’impact du dollar dans la fixation du prix mondial de l’or, mais aussi mieux refléter les changements dans la demande et l’offre en Chine. Deux fois par jour, il détermine un prix de base pour un gramme d’or, en fonction des ordres d’achat et de vente émis, à l’ouverture de la session, par 18 participants, tous membres du SGE : banques chinoises, sociétés minières, mais aussi institutions étrangères comme la banque britannique Standard Chartered.

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