Touche-à-tout enthousiaste, José Lévy poursuit sa route de designer, entre design d’objets, atmosphères délicates et créations de poésie pure, comme cet incroyable samouraï de papier de sept mètres installé dans la cour du musée de la Chasse et de la Nature, à Paris. Une installation qui en dit long sur son travail, va-et-vient constant entre l'ici et l’ailleurs.

The Good Life : Vous rentrez d’Inde où vous étiez en résidence…

Joseph Lévy : J’ai organisé un workshop au département art de la Last School, à Auroville. C’était la troisième étape d’un travail initié avec la manufacture de Sèvres et que j’avais continué à Kyoto, avec la villa Kujoyama et l’université de Zokei. Il consiste à réaliser des céramiques qui doivent se fondre dans des jardins et se mélanger à la végétation.

TGL : Avez-vous des adresses à dévoiler ?

J. L. : Pour commencer, l’endroit où j’ai séjourné, le Dune, un écovillage dirigé par Dimitri Klein qui accueille des artistes en résidence. C’est un endroit magnifique, un immense parc avec 60 maisons différentes, situé près de la mer et doté d’une ferme, ce qui lui permet d’être quasi autosuffisant. Il fait partie d’un réseau d’écolodges en Inde. A Fort-Cochin, j’ai pu profiter de la biennale d’art contemporain. J’ai adoré l’Old Harbour et le Malabar, deux hôtels de Fort-Cochin, ainsi que la Villa Helena, à Pondichéry.

The Malabar House à Fort-Cochin.
The Malabar House à Fort-Cochin.

TGL : Que vous apporte le voyage dans votre travail ?

J. L. : J’aime le sentiment que génère le mouvement. Je suis toujours content de partir et de revenir. Le voyage est une liberté que je m’octroie. C’est une façon de réévaluer ses habitudes en perdant ses repères, en se laissant surprendre, en étant curieux et en apprenant de nouvelles façons de faire. Pour cela, l’Inde et le Japon ont été des expériences exceptionnelles.

TGL : Pour autant, Paris a toujours été au cœur de votre travail…

J. L. : C’est ma ville, l’endroit où je respire. Chaque fois que je rentre de voyage, je suis frappé par sa beauté. Le lendemain de mon arrivée, j’avais invité des amis à un dîner indien. J’avais oublié d’acheter certains ingrédients : je les ai trouvés en quatre stations de métro. C’était l’Inde en plein Paris, sans l’être pourtant. Voilà l’ironie des villes : accueillir des extraits du monde. C’est à la fois formidable et flippant.

TGL : Quelles sont vos adresses préférées à Paris ?

Mon QG depuis toujours, c’est le Waly-Fay. J’adore le marché de la place Monge, le cinéma La Clef et, bien sûr, le café Le Nemours, place Colette.

Waly-Fay, à Paris, le QG de José Lévy.
Waly-Fay, à Paris, le QG de José Lévy.

TGL : En quoi Paris vous inspire ?

J. L. : C’est très flou. C’est une mosaïque de sensations, l’architecture, les couleurs, les jardins, la nature, les parfums. Ce sont des souvenirs personnels qui m’inspirent. Ils sont en lien avec la ville, mais c’est un prétexte à la création. J’essaie de faire en sorte que l’objet ne soit jamais « encombré » par le lieu qui l’a inspiré.

TGL : Une chanson ?

J. L. : Give Paris One More Chance, de Jonathan Richman.

TGL : Quels souvenirs avez-vous de Paris ?

J. L. : J’habitais dans une jolie maison en banlieue. Nous n’étions pas parisiens, nous allions à Paris. J’adorais cette idée : aller à Paris. Même si on y allait très souvent, ce n’était pas notre quotidien et je restais fasciné par les lumières, le cinéma. Tout mon travail repose sur le va-et-vient permanent entre la nature et la ville, les allers-retours.

TGL : Si Paris était un parfum ?

J. L. : Des centaines, toujours changeants : du cèdre et du cigare, du caou­tchouc et de l’ambre, du café, l’odeur du soleil.

TGL : Les autres villes qui ont le plus compté dans votre vie ?

Kyoto et New York, où je suis allé fréquemment pendant sept ans. Comme le disait Simone de Beauvoir : « Il y a quelque chose dans l’air de New York qui rend le sommeil inutile. » Même si je le ressens un peu moins aujourd’hui.

TGL : Les projets qui ont le plus compté pour vous récemment ?

La collection de mobilier Moving Tatami, que j’ai dessinée pour l’éditeur japonais Daiken, et la série colorée des Endiablés, pour les cristalleries Saint Louis.

La collection de mobilier Moving Tatami dessinée pour Daiken.
La collection de mobilier Moving Tatami dessinée pour Daiken.

www.joselevy.fr

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