Quentin Monge - Les Singuliers
The Good Pills

La prunelle va vous réserver quelques surprises...

Très commune en Europe et identifiable grâce à ses fleurs bleu violacé, la prunelle disposerait de tant de vertus médicinales qu’elle serait même employée en phytothérapie pour purifier l’organisme de façon radicale.

Préférant les terrains calcaires jusqu’à 2 000 mètres d’altitude, la prunelle (Prunella vulgaris), brunelle, petite consoude ou encore charbonnière, se rencontre dans les prés et dans les clairières partout en Europe, mais aussi en Australie ainsi qu’en Afrique et en Amérique septentrionales. Vivace et envahissante, elle appartient à la famille des lamiacées et possède un rhizome court et rampant : elle peut former un tapis violacé dont la hauteur varie de 10 à 40 cm. La tige, dressée et surmontée de fleurs en épis à son extrémité, est d’une consistance herbacée le long de laquelle s’épanouissent des feuilles larges d’environ 2 centimètres, ovales et légèrement dentelées, aux deux faces poilues. Les fleurs, d’un bleu violet soutenu, sont plutôt petites et éclosent en alternance entre juin et octobre. Le calice paraît un peu hérissé et la corolle, évasée, mesure entre 10 et 15 mm. Quant au fruit à graine unique, il est sec, allongé, et d’une surface lisse.

Hormis les racines, toutes les parties de la prunelle sont comestibles : les feuilles et la tige peuvent être consommées crues ou cuites, en salades en infusions chaudes ou froides et même dans des potages. En phytothérapie, on l’utilise intégralement. Mentionnée, semble-t-il pour la première fois, dans la littérature chinoise au cours de la dynastie des Han pour soulager les troubles du foie, la prunelle est incontournable dans ce domaine. Dans nos contrées, cette plante était conseillée au Moyen Age pour un usage contre les amygdalites en raison de la ressemblance des fleurs avec la gorge. Pendant la Renaissance, on la préconisait en gargarismes contre les angines et en cataplasme sur les plaies, les irritations et les ulcères. Elle avait en outre la faculté de diminuer les accès de fièvre, les hémorragies internes et les diarrhées, et de soulager les troubles buccaux. La médecine chinoise utilise encore les fleurs qui ont séché sur la plante pour optimiser la quantité de polysaccharides, des stimulants du système immunitaire, et pour nourrir le foie. D’ailleurs, on dit qu’il suffirait de manger une douzaine de ses fleurs pour nettoyer son sang et débarrasser son corps de toutes les éruptions cutanées. Car la prunelle contient de nombreux principes actifs : des tanins, des principes résineux, des saponines, des flavonoïdes et des vitamines A, C et K.

Posologie

  • En gouttes : 5 chaque matin. Self Heal, 25 € les 20 ml.
  • En teinture mère (parties aériennes fleuries) : de 20 à 60 gouttes selon l’application.
  • En infusion (parties aériennes fleuries) : laisser infuser 40 g par litre d’eau, 3 ou 4 tasses par jour.
  • En décoction (feuilles séchées sur la plante) : de 10 à 15 g.

 

Les vertus innombrables de la prunelle

Les Anglais appellent la Prunella vulgaris « self-heal » ou encore « all-heal », c’est-à-dire celle qui autoguérit ou qui soigne tout. La prunelle a en effet des vertus anti-inflammatoires, qui permettent de lutter contre les gingivites ou les troubles digestifs, et pourrait être intéressante dans le traitement des allergies. Elle a aussi des propriétés désinfectantes et astringentes, qui soulagent les maux de gorge. On la préconise aussi en compresses ou en cataplasme pour de petites lésions cutanées. Et ce n’est pas tout : elle aurait plusieurs autres indications, toniques, antispasmodiques et hypotensives grâce à sa capacité à calmer les nerfs. Sa teneur en acide rosmarinique en fait, en outre, l’un des antioxydants naturels les plus puissants, à privilégier, par exemple, en cas de maladie auto-immune pour favoriser l’autoguérison des cellules ou favoriser le développement des cellules saines. Elle est également utilisée comme antiviral, comme diurétique et même comme antibiotique.

Des études ont ainsi montré que la plante activait significativement l’immunité cellulaire en cas de tuberculose induite par un bacille résistant aux antibiotiques chez le rat. De nombreuses études in vitro démontrent par ailleurs que la Prunella vulgaris est efficace contre les virus de l’herpès simplex 1 : des essais ont montré que les souris infectées avaient moins de risque de mourir si elles étaient traitées avec une crème à base de prunelle, le nombre de lésions cutanées ayant d’autre part diminué. Ces résultats sont d’autant plus encourageants que ce virus est de plus en plus résistant au principal antibiotique utilisé. Autre espoir : il semblerait que la prunelle ait une certaine efficacité contre le virus du VIH et celui de la grippe, tout comme contre le cancer du poumon, mais pour le moment aucune étude in vivo n’est venue confirmer ces hypothèses.

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