« Il faut cultiver notre jardin. » Un mot d’ordre hérité des Lumières, doublé d’une sensibilité business on ne peut plus contemporaine, qui a certainement inspiré Karen Roos ou Nick Jones, fondateurs respectifs de Babylonstoren et de Soho Farmhouse, les fermes les plus luxe et les plus hype du monde !

Près de 10 000 kilomètres séparent Babylonstoren (@babylonstoren), situé au cœur de la région des vignobles d’Afrique du Sud, à une soixantaine de kilomètres du Cap, de Soho Farmhouse, implanté à Chipping Norton, près d’Oxford, au Royaume-Uni, mais le concept s’épanouit dans chacun d’eux avec une sophistication stylistique et marketing qui force le respect. Et déclenche instantanément l’envie de dégainer sa carte bancaire pour y réserver un cottage ou une cabane de luxe. Visite par ordre d’apparition chronologique.

Daté de 1692, le domaine de Babylonstoren est situé au coeur de la région des vignobles, en Afrique du Sud, à une soixantaine de kilomètres du Cap.
Daté de 1692, le domaine de Babylonstoren est situé au coeur de la région des vignobles, en Afrique du Sud, à une soixantaine de kilomètres du Cap. DR

Babylonstoren

Conçu dans les moindres détails par une ­ancienne journaliste au goût hypersûr et par son mari, magnat des médias au Cap réputé pour ses talents de visionnaire en affaires, Babylonstoren a, en véritable pionnier, redéfini un nouvel écosystème d’hospitalité. Si, dans l’Antiquité, les jardins suspendus de ­Babylone comptaient parmi les Sept ­Merveilles du monde, les potagers de Babylonstoren figurent assurément parmi les sept destinations farm to table les plus courues de la planète.

Il est vrai qu’une poignée de personnalités éclairées ne lésinant ni sur le temps, ni sur les rands sonnants et trébuchants se sont penchées sur le berceau de ce projet de ferme contemporaine. A commencer par les propriétaires et concepteurs du lieu : l’ancienne rédactrice en chef du Elle Décoration sud­africain, Karen Roos, et son mari, Koos Bekker, ancien patron de Naspers, le groupe de médias le plus important du continent, et milliardaire passionné depuis toujours par… le jardinage.

Le verger et le potager de Babylonstoren s’étendent sur 3,5 ha.
Le verger et le potager de Babylonstoren s’étendent sur 3,5 ha. DR

En 2007, ce couple aussi raffiné que puissant et déterminé achète sur un coup de cœur une propriété située entre Franschhoek et Paarl, à une soixantaine de kilomètres du Cap : 240 hectares sur lesquels ne subsiste qu’un corps de ferme Cape Dutch, c’est-à-dire construit dans ce style architectural importé par les colons hollandais aux XVIIe et XVIIIe  siècles et si typique de la région, avec des bâtisses en « H » blanchies à la chaux et au toit de chaume. La ferme date de 1692 et le manoir, de 1777.

A Babylonstoren, les hôtes peuvent prendre leurs quartiers dans l’un des 13 cottages individuels.
A Babylonstoren, les hôtes peuvent prendre leurs quartiers dans l’un des 13 cottages individuels. DR

Le rêve de Karen Roos et de Koos Beeker ? Simplissime, mais ambitieux : restructurer un immense verger et potager de 3,5 hectares adossé aux pentes de la montagne Simonsberg qui ourlent le domaine et l’ouvrir à tous. Une mission qu’ils confient au paysagiste français Patrice Taravella, après avoir eu un coup de foudre pour son travail au prieuré d’Orsan. Trois ans de travaux et une serre de 26 mètres de long – construite en France et expédiée par conteneur depuis Le Havre – plus tard, Babylonstoren (littéralement « la tour de Babel » en afrikaans) ouvrait ses portes. Le jardin reprend en partie les plans de celui de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, édifié en 1650 pour ravitailler les navires passant par le cap de Bonne-Espérance.

Babylonstoren

  • Les plus :
    – La météo, idéale toute l’année.
    – La cuisine fusion santé du restaurant, qui fait la part belle aux 300 variétés de fruits, légumes et herbes du jardin, aux œufs du poulailler ainsi qu’aux viandes et poissons des producteurs locaux.
    – La salle de dégustation et l’implantation au cœur de la région des vignobles.
  • Les moins :
    – La distance depuis l’Europe : difficile d’y aller pour un week-end.

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