L'aéroport d'Orly s'est lancé dans un plan absolument titanesque de modernisation visant à en faire une infrastructure incontournable, mondiale et connectée. Sa longue histoire, constituée de rayonnements et de revers, témoigne de l'évolution de cet objet urbain atypique qu'est l'aéroport.

Hypermobilité internationale à Orly

Non loin de la porte B, au pied de la tour de contrôle, le chantier phare de la renaissance d’Orly est en cours, celui qui devrait permettre à l’aéroport d’accéder au statut de hub hypermoderne. « Le bâtiment de jonction constitue la pierre angulaire de la somme de projets visant le renouveau d’Orly, explique Romain Lochu, le directeur du projet. C’est un chantier hors norme, à la fois pour les dimensions de l’édifice, mais aussi pour la logique aéroportuaire dans laquelle il s’insère. Il se trouvera au cœur de la plate-forme et reliera les deux terminaux existants. »

Cette énorme construction de 80 000 m2 réunira les bâtiments existants et réorganisera l’ensemble en un seul terminal et trois halls d’embarquement – contre deux terminaux et six salles actuellement. L’espace est réparti en trois niveaux parfaitement ordonnés et différenciés, afin d’assurer une circulation harmonieuse des flux. De grands espaces, une nature domestiquée, des matériaux luxueux, une œuvre d’art monumentale et l’intégration omniprésente de la marque ADP sont censés combler les attentes des passagers et satisfaire leurs sens. Simplicité, facilité et fonctionnalité sont les maîtres mots de ce lieu censé incarner l’hypermobilité internationale. Peu importe si le mythe ubiquitaire est entravé par de longues périodes d’attente puisqu’il permet à ADP de capitaliser toujours plus sur l’expérience du passager-client, bientôt exaltée par les 5 000 m2 de commerces prévus dans le nouveau bâtiment de jonction. L’aéroport se caractérise ainsi par un encadrement absolu de son espace public.

Bâtiment de jonction

  • Avril 2015 : début des travaux.
  • Printemps 2018 : première mise en service.
  • Printemps 2019 : mise en service principale.
  • 385 M € d’investissements.
  • 1 terminal et 3 halls d’embarquement.
  • 80 000 m2.
  • Capacité d’accueil supplémentaire de 3,5 M de passagers.
  • 3 niveaux
    – 0 : livraison des bagages + sortie + métro ;
    – 1 : départs + contrôles + embarquement ;
    – 2 : débarquement + correspondances + contrôle immigration.
  • 5 000 m2 de commerces.
  • A terme, création de 2 600 emplois directs et de 8 500 emplois indirects.

Une station de métro débarquera à Orly

La mise en service principale du bâtiment de jonction est prévue pour 2019. A terme, l’objectif est de transformer l’aéroport Paris-Orly en un véritable hub de transport concentrant les réseaux aériens, ferrés et routiers. Le pôle intermodal accueillera, dès 2019, une nouvelle zone dédiée aux taxis, mais, surtout, une nouvelle station de métro prévue pour 2024, où se croiseront les lignes 14 (prolongée depuis Paris) et 18 (reliant Paris-Orly au plateau de Saclay, entre autres). « La double station de métro du Grand Paris sera l’une des clés de voûte de cette transformation, déclare Franck Mereyde. Une évolution de bon augure qui permet aux autorités gestionnaires de revendiquer le rôle incontournable de l’aéroport et d’attester de leurs ambitions territoriales en relançant le projet Cœur d’Orly, un écoquartier associant immeubles de bureaux prestigieux, commerces, hôtels, etc. « L’aéroport permet le développement économique d’un territoire tout en captant la croissance mondiale, assure Franck Mereyde. Orly est un pôle multifacettes. A proximité, nous avons le marché de Rungis, Villejuif, qui est le premier centre de cancérologie d’Europe, et Saclay, qui concentre 15 % de la recherche française. Il faut un écosystème pour attirer les entreprises internationales. Pour ADP, l’attractivité est très forte. »

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