Ses start-up, son pont et désormais… son immense musée d’art moderne et contemporain. San Francisco est une ville en chantier, dont l’un des plus importants et des plus arty fut celui du SFMOMA. Une extension fulgurante signée Snøhetta, le très successful cabinet d’architectes norvégien.

Presque aussi célèbre que le Golden Gate Bridge, le brouillard est une figure centrale de San Francisco, jusqu’à être affublé d’un surnom. En été, « Karl » enveloppe « Fog City » d’un écran épais et tenace. Une inspiration idéale pour le cabinet norvégien Snøhetta (bibliothèque d’Alexandrie, opéra d’Oslo, grotte de Lascaux…), qui a appliqué son approche contextuelle au nouveau SFMOMA (@sfmoma), dont il a gagné le chantier d’extension, et qui a rouvert ses portes en mai dernier. Un navire de l’art moderne et contemporain dessiné comme une nappe de brouillard massive, dont les façades striées de reliefs irréguliers avec de larges ouvertures offrent des points de vue uniques sur la ville.

La brumeuse silhouette de l’extension du SFMOMA.
La brumeuse silhouette de l’extension du SFMOMA. courtesy SFMOMA

Un lieu lumineux et spacieux (le musée a quasiment triplé de volume avec cette extension), ancré dans son environnement, à l’image de sa nouvelle programmation qui met à l’honneur l’art californien dans ses accrochages permanents mais aussi temporaires. Ainsi, l’exposition Matisse/Diebenkorn explorera le travail de l’artiste Richard Diebenkorn, figure de l’expressionisme abstrait et originaire de la ville (du 11 mars au 29 mai), et, à partir du 15 avril, le musée proposera Here and Home, la première rétrospective du photographe californien Larry Sultan, qui a étudié dans ses clichés l’identité, la famille et les faux‑semblants.

Le SFMOMA, musée porte-étendard

Une vision californo-centrée que confirme la direction du musée : « L’une de nos principales missions est de présenter et de valoriser l’art californien, qu’on retrouve disséminé dans le musée ou regroupé dans trois galeries de nos collections permanentes. Mais aussi à l’occasion d’expositions temporaires, comme celles à venir de Richard Diebenkorn ou de Larry Sultan. »

Une partie de la collection des époux Fisher, grands collectionneurs d’art californien du XXe siècle.
Une partie de la collection des époux Fisher, grands collectionneurs d’art californien du XXe siècle. courtesy SFMOMA

Le musée regorge donc d’œuvres de la côte Ouest… mais aussi d’une collection californienne, celle du couple Fisher. Doris et Donald Fisher, les fondateurs franciscanais de la marque de jeans Gap étaient d’immenses collectionneurs d’art du XXe siècle, de l’abstraction au minimalisme, du pop art au conceptualisme. Dès 2010, ils ont commencé à prêter des œuvres au musée, jusqu’à ce que ce prêt soit étendu à 260 œuvres signées Alexandre Calder, William Kentridge, Anselm Kiefer, Sol LeWitt, Gerhard Richter, Richard Serra ou Andy Warhol. Elles sont désormais exposées sur trois étages, dans des galeries thématiques (l’art allemand après 1960 ou l’abstraction américaine) ou monographiques (Agnès Martin, Ellsworth Kelly).

Contraste saisissant, à l’image de San Francisco

Un destin incroyable pour ce musée fondé en 1935, qui a déménagé en 1995 dans un quartier alors mal famé de la ville. C’est au bâtiment postmoderne en briques, réalisé à cette époque par le Suisse Mario Botta, que s’est donc arrimé l’an dernier le navire blanc haut de dix étages, provoquant un dialogue un peu houleux entre les deux bâtiments, tant la rigueur surréaliste contraste avec cette extension couverte de panneaux en plastique renforcé de fibres, agrémentés de cristaux de silice qui changent d’apparence au fil de la course du soleil.

La nouvelle extension offre un contraste saisissant avec le bâtiment de briques conçu par l’architecte Mario Botta, inauguré en 1995.
La nouvelle extension offre un contraste saisissant avec le bâtiment de briques conçu par l’architecte Mario Botta, inauguré en 1995. Snøhetta

Les terrasses et jardins de sculptures abondent, le plus grand mur végétal des États-Unis renforce le côté organique de l’ensemble. C’est d’ailleurs après avoir été appâtés par la double vocation de l’opéra d’Oslo – à la fois centre culturel et hub communautaire – que l’équipe dirigeante du ­SFMOMA a choisi Snøhetta. Sur le même modèle, le SFMOMA est donc une bonne raison de traverser l’Atlantique !

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