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Economie 2.0

Londres, le leader de la fin-tech mondiale… pour le moment

Londres fournit incontestablement le terreau idéal pour la floraison de la fin-tech et compte bien, malgré le Brexit, s’établir dans la durée comme la capitale
mondiale des technologies financières innovantes.

Si la fin-tech, à strictement parler, existait bien avant la crise des subprimes – après tout, les premières « technologies financières » remontent aux années 50, avec l’avènement des cartes bancaires –, le credit crunch donne incontestablement un grand coup de fouet au secteur. En effet, après la faillite de Lehman Brothers, en 2008, les institutions financières licencient à tour de bras. Les golden boys deviennent des parias – les banquiers obtiennent en 2010 le triste titre de « profession la plus méprisée du Royaume-Uni » – et la finance ne fait plus rêver les diplômés d’« Oxbridge » (des universités d’Oxford et de Cambridge). Les Britanniques veulent toujours faire de la finance, mais autrement. Et puis les banques ne prêtent plus aussi facilement. Pour lever des fonds, les particuliers et les start-up se tournent alors vers des modèles alternatifs, comme le financement participatif ou crowdfunding. Ajoutez à cela un contexte de forte croissance des technologies numériques et mobiles, et vous obtenez l’explosion de la fin-tech : entre 2010 et 2015, les sociétés britanniques du secteur lèvent 5,4 milliards de dollars de fonds, contre 4,4 milliards seulement pour le reste de l’Europe.

Londres a la plus grande concentration de diplômés du monde.
Londres a la plus grande concentration de diplômés du monde. Mike Abrahams - Getty Images

Si le Royaume-Uni s’impose comme leader sur le vieux continent (même si Londres doit constamment repousser la rude concurrence de Berlin), le pays reste loin derrière les États-Unis qui, eux, lèvent 31,6 milliards de dollars sur cinq ans. Mais peu importe : pour le gouvernement britannique, Londres sera « la » capitale mondiale de la fin-tech. Il introduit donc constamment de nouvelles mesures afin de promouvoir le secteur, et ­investit moult millions de livres sterling dans Tech City, le quartier numérique de Londres qui se situe dans l’est de la ville.

Tech City, le quartier numérique de Londres, est situé dans l’est de la capitale.
Tech City, le quartier numérique de Londres, est situé dans l’est de la capitale. Nick David - Getty Images

Londres, un écosystème idéal pour la fin-tech

Pour Patrick Imbach, directeur au sein du cabinet KPMG, Londres est une ville trois-en-un. Il s’explique : « Aux États-Unis, la ­Silicon Valley est la capitale de l’innovation numérique. New York, avec Wall Street, est traditionnellement celle de la finance. ­Washington, elle, est connue pour y être le fief des législateurs. Au Royaume-Uni, tous ces secteurs sont concentrés en une seule ville – Londres –, ce qui en fait un véritable foyer de prolifération pour la fin-tech. » En effet, Londres est le premier centre financier du monde et la capitale européenne de la tech (avec une croissance de près de 50 % pour le secteur depuis 2010 selon EY). Son quartier des affaires de Canary Wharf est à la fois le plus grand hub bancaire et le plus grand incubateur de start-up fin-tech d’Europe. Les venture capitalists sont légion et les grands fonds d’investissement étrangers dans la tech venus s’établir à Londres incluent Cocoon Ventures (Chine, 500 millions de livres), Index Ventures (San Francisco-­Europe, 328 millions de livres) et Santander (Espagne, 60 millions de livres).

Londres est le premier centre financier du monde. Près de 40 % de la population est née à l’étranger.
Londres est le premier centre financier du monde. Près de 40 % de la population est née à l’étranger. Bloomberg / Getty Images

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