Pascal Nessim et Charles Georges‑Picot, co‑CEO à haut débit créatif, ont pour mission délicate de déployer « leur » agence Marcel sans la dénaturer. Leur secret ? Cette culture du numérique qu’ils pratiquent comme on parle une langue vivante. Fluently !

Chez Marcel, Charles Georges-Picot (@charlusGP) et Pascal Nessim (@pascalnessim) se ­complètent plus qu’ils ne se ressemblent : le premier, tout à la fois distingué dans ses gènes et business-créateur dans l’âme ; le second, geek de la com, d’allure très « plateau de tournage », avec sa chemise ultrablanche et son potentiel de séduction non-stop. Le premier carbure aux M&M’s, l’autre aux cures détox. L’un est plutôt « vous », l’autre, plus à l’aise avec le « tu ». Même leur parcours s’imprime en négatif, en deux trajectoires diamétralement opposées. Pascal Nessim est venu de la com digitale pour aller vers la pub. Il a fondé une web agency, Institutionnel Design, revendue à Publicis en 2001. « Je suis arrivé chez Publicis comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, se souvient-il. Avec une envie incroyable de partager, mais je me suis retrouvé face à des portes fermées de publicitaires qui n’avaient pas fait le même chemin que nous, et qui campaient sur des méthodes incompatibles avec le partage. »

Issu d’une lignée prestigieuse de hauts fonctionnaires, diplomates et financiers, Charles Georges-Picot, lui, est tombé dans la pub bien avant son virage vers le numérique. Alors qu’il s’essaie, à 18 ans, à compenser un carnet de notes anémié par la création d’un petit commerce, Allô Pharma, un service de livraison de médicaments à domicile lancé en collaboration avec SOS Médecins, son père l’enjoint d’aller « vraiment » travailler aux États‑Unis. « Il m’a dit : “tu choisiras entre la banque et la pub”. Je me suis dit que la banque, je pourrais toujours y revenir… » A 27 ans, après des débuts à New York puis à Hong Kong, il est déjà directeur associé de l’agence Dorland, à Londres, où il gère de gros budgets (Malibu, ­Ballantine’s, Lucky Strike) avant de rejoindre Publicis London en 2003. Et la banque d’attendre encore…

Marcel, culture collaborative et agilité permanente

Les deux copatrons de Marcel (qui citent, à leurs côtés, Olivier Sebag et la brillante Anne de Maupeou) enchaînent les cartons. Contrex, Luxottica (Ray-Ban…), Intermarché (la fameuse campagne Les Fruits et Légumes moches fut gratifiée de la plus haute récompense aux Lions de Cannes en 2015), mais aussi Oasis, Total et Groupama : Marcel, la petite chouchoute – hautement rentable – de ­Publicis, aimante les gros clients. En témoigne cette double conquête, cette année, d’Uber et d’Instagram, qui ont choisi Marcel pour lancer leur campagne monde depuis la France. « Un signe fort, alors que la France est réputée rétive aux idées innovantes, note Charles Georges-­Picot. Ils nous ont choisis parce que nous partageons avec eux cette même culture collaborative, cette agilité permanente. C’était génial de voir les équipes d’Instagram débarquer de San Francisco pour venir s’installer durant deux semaines dans nos bureaux des Champs-Élysées ! »

Désormais les yeux braqués sur l’international – l’agence est déjà présente à Mexico, New York, São Paulo et Sydney –, Marcel doit affronter l’un de ses plus gros challenges : grandir en prenant soin de rester… elle‑même. Les co‑CEO ont récemment décidé de rester sur les Champs-Élysées, renonçant à migrer vers le quartier de la Bastille, pourtant jugé plus fun pour leurs 200 très jeunes collaborateurs. « Nous risquions de perdre ce qui fait la force de notre manière de travailler, note Pascal Nessim. Un open space d’une hypertransparence, sur un plateau unique de 2 500 m2. » Et puis, rester tout près de la ­direction du groupe a sûrement ses bons côtés…

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