Cela fait bien longtemps que la racine de guimauve n’est plus utilisée dans la fabrication de la confiserie du même nom. Cependant, cette plante est indiquée pour passer un bon hiver, car elle apaise les inflammations de la gorge et calme la toux.

La guimauve est une grande plante laineuse de la famille des Malvaceæ (du grec malake signifiant « doux »). Ses tiges dressées, qui peuvent atteindre 1,5 m de haut, portent des feuilles arrondies à bordure dentée. Épaisses, ovales et de couleur vert blanchâtre, elles sont couvertes d’un duvet soyeux. Les fleurs, de couleur blanche ou rose pâle, sont récoltées et séchées avec les feuilles en été. De la famille des mauves, cette plante vivace possède des racines larges et cylindriques, qu’on arrache à l’automne. Elles sont riches en mucilage, cette substance naturelle et gluante qui gonfle au contact de l’eau pour former une sorte de gel et qui donne aux racines un aspect de marshmallow (littéralement « mauve des marais »), le nom anglais de la guimauve. Originaire d’Europe, d’Asie tempérée et d’Afrique du Nord, la guimauve se rencontre principalement dans les zones humides et littorales. En France, on la déniche surtout dans l’Ouest atlantique, dans les milieux humides exposés au soleil, comme les marais salants, les prairies et les rives des cours d’eau.

Un ali(ca)ment qui a fait ses preuves

La guimauve s’utilise à des fins thérapeutiques depuis longtemps. Dès l’Antiquité, les Romains, les Chinois et les Égyptiens l’utilisaient comme aliment, soit en faisant frire ses racines, ce que faisaient les populations les plus pauvres en période de disette, soit en extrayant de la pâte de guimauve, en les épluchant et en les faisant bouillir – cette même pâte qui a longtemps été utilisée en confiserie, désormais remplacée par une guimauve industrielle. Connue depuis longtemps pour ses vertus médicinales, elle se consommait aussi dans l’Antiquité pour soulager les inflammations et les ulcères gastriques.

Au Moyen Âge, ses racines étaient préconisées dans le traitement des maux de gorge, car elles contiennent de nombreux principes actifs : mucilages, amidon, polyphénols, acides aminés et pectine. Cette dernière, qui présente des propriétés laxatives, est également capable de produire une action hémostatique idéale pour stopper de petites hémorragies. Les mucilages, qui confèrent à la guimauve ses propriétés adoucissantes, émollientes, antitussives, lubrifiantes, laxatives et apéritives, adoucissent la gorge et traitent les pharyngites. En médecine traditionnelle, la racine est également utilisée dans le traitement des cystites, de la dysenterie et de la diarrhée. Elle est par ailleurs souvent associée aux laxatifs ­irritants afin d’adoucir leurs effets sur l’intestin et pour sa propre action laxative.

Indications

  • En gargarismes ou en tisane : 1 ou 2 g de racine séchée infusée 3 fois par jour. La tisane peut se consommer avec de la verveine‑citronnelle ou de la sauge. L’Herbier de France, environ 3,60 € les 50 g.
  • En compresses : appliquer la décoction de guimauve à l’aide de compresses imbibées sur les furoncles, démangeaisons, etc. Feuilles de guimauve en vrac, Saniplante, 7,20 € les 200 g.
  • En gélules : de 4 à 6 gélules par jour. Comprimés transit bio, Fleurance Nature, environ 6 € les 60 comprimés.
  • En soin du corps et des cheveux : pour nourrir la peau, Lait pour le corps nourrissant, Dr. Hauschka, 30 € les 150 ml ; pour des cheveux souples et régénérés, Après‑shampoing Jojoba et Guimauve, Dr. Hauschka, 15 € les 200 ml.

Une alliée pour passer un bon hiver

Vous sentez poindre la grippe, la bronchite ou une inflammation de la gorge ? Alors buvez de la tisane de guimauve ! Trois études réalisées – certes par la même équipe de chercheurs – indiquent que les polysaccharides isolés des racines possèdent des propriétés antitussives… chez le cochon d’Inde. Mais pourquoi pas chez l’homme, d’autant que ces propriétés sont comparables à celles obtenues avec la codéine ? Eczéma, psoriasis et autres furoncles sont aussi soulagés par une solution de racines de guimauve. C’est en tout cas ce que semble indiquer une étude réalisée sur des cellules épithéliales et qui montrerait une régénération tissulaire. Enfin, hiver ou pas, chez le rat, il a été montré que l’extrait de fleurs de guimauve diminue l’inflammation aiguë ou chronique et présente des propriétés antiulcéreuses. La guimauve peut même soigner les infections urinaires et intestinales.

Seuls bémols, elle pourrait augmenter l’activité des médicaments contre le diabète et favoriser le déclenchement de crises d’hypoglycémie. De nombreux ouvrages signalent par ailleurs des interactions possibles entre la guimauve et certains médicaments… mais aucune étude ne confirme de telles allégations. Quoi qu’il en soit, l’Agence européenne du médicament (l’EMA), la Coopération scientifique européenne en phytothérapie (ESCOP) et la Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaissent l’usage traditionnel de la racine de guimauve dans le traitement symptomatique des irritations de la bouche et de la gorge, de la toux sèche et de l’inconfort gastro-intestinal. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) y ajoute l’utilisation comme émollient sur les peaux sèches et les plaies. De quoi passer un bon hiver, en somme.

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