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La Chine numérique 1/4 : l'offensive de Shanghai et de ses licornes

La révolution numérique a deux champions : les Etats-Unis… et la Chine, dont les trois géants Baidu, Alibaba et Tencent (BAT) construisent des modèles économiques innovants. A Shanghai, deux écosystèmes constitués de start‑up étrangères dynamisent un entrepreneuriat plus que foisonnant.

A Shanghai, les choses sont allées très vite. Jusque-là capitale financière et commerciale de la Chine, la mégapole se lance un nouveau défi : devenir un pôle d’innovation numérique et rivaliser avec le centre technologique dominant de Zhongguancun, à Pékin. « Les initiatives de Shanghai sont soutenues au plus haut niveau de l’Etat. Le gouvernement, désireux de garantir la montée en gamme de son économie et de ses industries, a mis en place un environnement fiscal et réglementaire favorable à l’investissement dans le numérique, au développement d’incubateurs autour du Cloud, du big data ou d’Internet, et à l’entrepreneuriat. Autre point fort de la ville et de sa région : la présence de grands groupes de technologie chinois. Le conglomérat Fosun, Lilith Games, dans les jeux vidéo, ou encore le géant de l’e-commerce, Alibaba, ont fait naître un écosystème dynamique via l’activité de leurs fonds d’investissement, d’acquisitions stratégiques et de l’essaimage », explique Frédéric Szabo, directeur du bureau de Shanghai de l’agence française Business France.

La Chine numérique se déploie autour de trois métropoles.

Pékin, qui est la capitale politique du pays, est partie très tôt sur un modèle Internet proche de celui de la Silicon Valley autour du puissant moteur de recherche Baidu, du fabricant de smartphones Xiaomi et d’incubateurs structurés et soutenus par les fonds d’investissement souverains. Au Sud, Shenzhen, véritable plate-forme de production pour des fabricants comme Xiaomi et Huawei, abrite le siège du conglomérat Tencent. Au centre, le duo ­Shanghai/Hangzhou a trouvé son positionnement. « De nombreux groupes étrangers ont choisi de s’implanter à Shanghai pour se développer en Chine. La ville a brillamment capitalisé l’expertise et le savoir-faire apportés par les ­Occidentaux. Les Chinois apprennent très vite et, aujourd’hui, ils sont en train de dépasser leurs modèles. La créativité et l’innovation y sont très fortes », affirme Gabrielle Chou, cofondatrice de la start-up Allure Systems.

L’ambition numérique de Shanghai

Avec une population de 24,15 M d’habitants et un PIB d’environ 347 Mds €, Shanghai dispose de 68 établissements d’éducation supérieure, dont les prestigieuses universités Jiaotong et Fudan. La ville a investi 11,5 Mds € dans la R&D et a enregistré près de 82 000 demandes de brevets en 2014. Son écosystème numérique compte aujourd’hui 15 entreprises innovantes de rang national, 19 entreprises innovantes expérimentales de rang national, 5 433 entreprises high-tech et 351 centres de recherche et développement étrangers. Demain, avec le lancement du programme l’Entrepreneurship in Pujiang Action Plan, la mégapole vise 200 000 start-up, 3 000  entreprises technologiques et 3 000 business-angels.

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