C’est l’une des universités les plus réputées de Chine, la meilleure de la mégapole, et elle a fait son entrée dans l’un des fameux top 50 des meilleures universités mondiales… C’est aussi l’une des portes pour accéder au pouvoir. Visite.

Son corps, droit comme un arbre, est enveloppé dans un long manteau à huit boutons tombant sur les mollets. Ses mains sont croisées derrière le dos. Au 220 de la rue Handan, à l’entrée du campus historique de l’université Fudan, un Mao de pierre continue inlassablement d’accueillir les visiteurs. Parmi eux, il y a d’abord les habitués, à commencer par les quelque 32 000 étudiants que compte cette faculté, la plus prestigieuse de Shanghai.

Courbés sur leur vélo coloré, ces jeunes Chinois ont toutefois cessé depuis bien longtemps de prêter attention à la statue du Grand Timonier. Tout comme les professeurs, trop habitués à son regard inquisiteur. Ou encore ces petits groupes de retraités qui n’ont, eux, rien oublié du maoïsme, mais qui viennent surtout à Fudan pour prendre le frais, lorsque le thermomètre shanghaïen atteint des sommets. D’autres, en revanche, ne sont que de passage. Simples touristes, jeunes couples venus poser pour leurs photos de mariage, parents en visite « pédagogique » avec leurs enfants… Pour eux, un cliché avec Mao est un passage obligé. En cette belle journée de septembre, les perches à selfie sont de sortie. Clic, clac : chacun cherche le meilleur angle pour immortaliser l’instant.

Fudan compte quelque 32 000 étudiants… et autant de vélos !
Fudan compte quelque 32 000 étudiants… et autant de vélos ! Olivia Martin-McGuire

Fondée en 1905, l’université Fudan est la plus réputée de Shanghai et l’une des trois meilleures de Chine. « Officieusement, nous sommes juste derrière Beida et Tsinghua », rappelle Zhang Yi, une professeur de 42 ans qui dirige le Fudan ­Development Institute, le think tank de l’université, citant les deux grandes facultés de Pékin où sont formées les élites du pays. Avec ses 500 diplômes (de la licence au doctorat) et ses 2 700 professeurs permanents, Fudan, elle, règne sans partage sur le monde de la finance et du management.

Mais elle ­excelle aussi dans tout un panel de disciplines : mathématiques, physique, philosophie, litté­rature chinoise, histoire ou encore journalisme. Souvent pionnière, car relativement libre dans ses choix du fait de son éloignement du pouvoir central de Pékin, Fudan a également vu naître les tout premiers ­départements de Chine dédiés aux sciences informatiques (1975), au management (1983) ou aux sciences du vivant (1986).

Chen Zhimin, président de la School of International Relations and Public Affairs, soit l’ancien département de sciences politiques, qui fut supprimé par Mao.
Chen Zhimin, président de la School of International Relations and Public Affairs, soit l’ancien département de sciences politiques, qui fut supprimé par Mao. Olivia Martin-McGuire

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