La Melaleuca, ou tea tree, ou arbre à thé, ou myrte à miel, n’a aucun lien avec notre cup of tea. Mais elle aurait des vertus antiseptiques, antibactériennes,
antimicrobiennes, antivirales et antifongiques. Tour d’horizon de ses vertus.

Originaire d’Australie, la Melaleuca alternifolia est un arbuste à feuilles persistantes qui se rencontre encore dans les régions marécageuses d’Australie, d’Asie du Sud-Est et des Amériques centrale et du Sud. En Europe, on connaît surtout le myrte, un arbrisseau aromatique qui pousse à l’état sauvage dans la région méditerranéenne. La Melaleuca, dont on compte environ 150 espèces, tire son nom du grec –melus (noir) et leuka (blanc) –, son écorce est plutôt foncée et ses fleurs jaune pâle ont l’allure de petits goupillons. Ses fruits comportent de minuscules graines, et ses feuilles, d’un vert brillant, sont de véritables réservoirs d’huile, qu’on utilise le plus souvent sous forme d’huile essentielle en phytothérapie.

Un antibiotique avant l’heure
Connue depuis des siècles par les aborigènes d’Australie, qui en avaient repéré les propriétés curatives, et en particulier celles de son huile essentielle, elle était utilisée pour des indications proches des nôtres. Tantôt mâchées et appliquées sur le corps, tantôt distillées et administrées par voie orale, les feuilles de l’arbre à thé n’avaient cependant jamais été infusées, jusqu’à l’arrivée du capitaine Cook, en 1770 : il fut le premier à utiliser les feuilles de la Melaleuca pour se préparer du thé, qui ne présenta cependant aucun réel bénéfice sanitaire, pas même sur le scorbut dont était atteint son équipage. Un certain nombre des propriétés de l’huile de la plante n’a certes pas pu traverser les âges, mais l’essentiel a été transmis de génération en génération.
En 1925, le scientifique australien Arthur de Ramon Penfold ouvrit la voie de la recherche et montra que la plante présentait un réel potentiel antiseptique : son huile essentielle, tirée des feuilles par distillation à la vapeur d’eau, a pu atteindre treize fois l’effet antiseptique de l’acide phénique alors utilisé. Les études se sont succédé, si bien que lors de la Seconde Guerre mondiale, les cueilleurs de feuilles d’arbres à thé et les fabricants australiens de son huile essentielle se sont vu accorder des traitements de faveur pour continuer d’alimenter le pays en huile essentielle et traiter les infections ! Un article sur l’emploi de l’huile essentielle comme désinfectant avait d’ailleurs paru dans le British Medical Journal dès 1933, avant le développement des antibiotiques de synthèse, qui ont rapidement pris le relais dans les officines au cours du XXe siècle.
Il n’empêche, les revues australiennes publièrent nombre d’articles sur les propriétés antiseptiques de la plante, notamment au niveau dermatologique. Un essai clinique sur 126 individus a montré son efficacité sur les pellicules, quand d’autres ont prouvé son action sur l’acné, avec des effets indésirables bien moindres que le traitement au peroxyde. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît d’ailleurs désormais l’usage topique de l’huile essentielle de Melaleuca pour soulager les symptômes de la bromidrose (sueur nauséabonde), de l’acné, du pied d’athlète (mycose localisée sur les pieds et les orteils) et des furoncles. Elle pourrait même limiter les conséquences du très pathogène staphylocoque doré.

Reine des anti
Antiseptique, antibactérienne, antivirale, anti-microbienne et antifongique, la plante cumule les propriétés curatives. Dès 1930, le Medical Journal of Australia avait publié une étude relatant l’efficacité de l’huile essentielle pour nettoyer les plaies chirurgicales, et, en gargarismes, pour lutter contre les maux et les infections de la gorge. Au niveau ORL, la plante peut aussi agir sur le muguet, le colibacille et l’herpès labial. De plus, deux essais cliniques ont montré qu’elle était indiquée pour traiter les gingivites et la plaque dentaire. Et, dans les années 2000, une étude sur 30 individus et un essai en Corée du Sud sur 32 sujets ont mis en avant les vertus de la Melaleuca pour venir à bout de la mauvaise haleine.
Ce n’est pas tout, l’arbre à thé présente aussi des bienfaits immunitaires, digestifs et respiratoires : fatigue, infection virale ou bactérienne, infection intestinale, bronchite, grippe, otite, sinusite, rhinopharyngite, etc. Dommage que seuls des essais in vitro et in vivo aient été menés, et que les études cliniques randomisées confirmant son efficacité manquent encore. A bon entendeur…

Mode d'emploi

  • En application cutanée (herpès labial, furoncle, infection cutanée) : 1 goutte mélangée à une huile végétale. Tea Tree Bio, Naturactive, 6 € environ les 10 ml.
  • En olfaction (rhume, grippe, bronchite) : appliquer l’huile essentielle sur un tissu doux et inspirer quelques secondes, 3 fois par jour.
  • En diffusion : à l’aide d’un diffuseur, verser quelques gouttes d’huile essentielle pour diffusion de 45 min environ. Diffuseur nomade, Phytosun Aroms, 22 € environ.

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