Vasantha Yogananthan
Dallas, maximale city

Dallas : quand une mégapole riche à milliards se réinvente en hub de l’art

Symbole de richesse et porteuse de nombreux clichés, Dallas est en train d’opérer une mutation rapide qui lui garantit un avenir égal à celui de New York ou de San Francisco. Une ville qui offre d’incroyables opportunités de business et d’emplois, la qualité de vie en prime.

En chiffres

  • Géographie : Dallas est la 3e ville de l’État du Texas et le siège du comté de Dallas. Elle appartient, avec la ville de Fort Worth, à la vaste métropole de Dallas-Fort Worth-Arlington, qui s’étale sur 24 100 km2. La ville de Dallas s’étend, elle, sur 997 km2.
  • Démographie : avec plus de 7 M d’habitants, la métropole est la 4e agglomération des États-Unis. La population se répartit entre 3,3 M de Blancs, 1 M de Noirs, 2,2 M d’Hispaniques et 0,6 M d’une autre origine. La ville de Dallas elle-même se limite à 1,26 M de personnes. Le centre-ville, qu’on appelle Downtown, regroupe 40 000 habitants. Le taux de croissance de la population entre 2010 et 2014 est de 7,8 %. C’est le 2e taux de croissance démographique le plus fort des États-Unis. La métropole totalisera 10 M d’habitants en 2040.
  • Tourisme : Dallas est dans le top 5 des villes de congrès et d’expos aux États-Unis. 17 Mds $ de fonds privés ont été investis pour l’aménagement du centre-ville en destination touristique et muséographique. Le parc hôtelier représente quelque 200 hôtels, soit 75 000 chambres sur l’ensemble de la métropole. La ville en concentre 38 000. Le Sheraton est le plus grand établissement, avec 1 800 chambres. 20 M de visiteurs viennent chaque année
    à Dallas. La ville recense 41 tours de plus de 100 m de hauteur ; 7 d’entre elles atteignent ou dépassent les 200 m.
  • Économie : le Texas est le 2e État le plus riche du pays après la Californie. Le PIB de la métropole est de 460 Mds $, ce qui le place à la 4e place des États-Unis. Dallas est la 12e plus grande puissance économique métropolitaine du monde. Le PIB enregistre, en 2016, une croissance de 4,6 % d’une année sur l’autre. Le taux de chômage est de 4,6 % (août 2016). Le taux de croissance de l’emploi est de 4,1 % (août 2016). 3,6 M de personnes ont un emploi. 43 % des employés de la high-tech travaillent dans la métropole. Y. de K.

Dallas : tout le monde connaît. Du moins à la télé. Associé à l’image du business et des milliardaires, le nom de la ville est un véritable symbole. Demandez aux gens les plus pauvres de la planète où ils aimeraient vivre, ils vous répondront presque tous : à Dallas ! Un rêve américain qui a fourvoyé des millions de personnes dans les histoires lamentables de la famille Ewing. Et un traumatisme : l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, un jour de novembre 1963. « Cela a été vécu comme une honte qui a plombé la réputation de la ville pendant des années », explique Trey Bowles, 40 ans, le fondateur du Dallas Entrepreneur Center (DEC). C’était il y a cinquante-trois ans. Les temps changent. Mais derrière le symbole, quelle est la réalité ? Entre le cow-boy mal dégrossi de J. R. et les milliardaires férus d’architecture et de déco, rien à voir. Le premier est vulgaire, les autres sont plus cultivés et plutôt soucieux de se montrer à travers les œuvres qu’ils collectionnent. Certes, les ranchs sont encore là. Mais les musées occupent le devant de la scène. L’industrie du pétrole a déménagé du côté de Houston, la rivale, afin d’être plus près de la côte. Mauvais calcul. Tandis que Houston subit la chute des prix du baril, Dallas la chanceuse n’a pas vu passer la crise. « “Big D” tire parti de son exceptionnelle position logistique, grâce à sa situation géographique centrale », souligne Sean Donohue, le CEO de l’aéroport Dallas-Fort Worth.

Pas besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi les entreprises qui viennent à Dallas se sentent tout de suite chez elles. Pragmatiques et accueillants, les habitants de Dallas, riches comme pauvres, veulent que le train aille dans la même direction. Les investisseurs bénéficient de l’approche business friendly des opérateurs publics texans. Le top, pour les nouveaux venus, c’est qu’il n’y a pas d’impôt direct sur le revenu. Aux avantages fiscaux s’ajoutent les réglementations simplifiées et la souplesse des régulations. Sans compter le coût de la vie. « Il est 30 % moins élevé que dans la plupart des grandes villes américaines, précise Joseph Cahoon, spécialiste de l’immobilier et directeur du Folsom Institute for Real Estate. La qualité de la vie est comparable à celle de la Californie, mais les loyers sont beaucoup moins chers à Dallas. » Pour 1 500 dollars, on peut louer un bien de 30 m2 à San Francisco et de 110 m2 à Dallas. Enfin, l’immensité de l’espace permet de construire des bâtiments neufs sans véritable contrainte. Si San Francisco reste la localisation préférée des start-up, le choix pour commencer une petite entreprise se porte désormais de plus en plus sur Dallas. Avis aux start-up : la Silicon Prairie possède pléthore de terrains et de bâtiments à bas prix. Une maison qui vaut 1,2 million de dollars en Californie, à Washington ou à New York, en vaut 500 000 à Dallas.

Le quartier arty de Bishop.
Le quartier arty de Bishop. Vasantha Yogananthan
Bishop.
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