Depuis le 1er juillet 2016, les sacs en matière non dégradables sont interdits dans les magasins. Un symbole de la montée en puissance des bioplastiques, de plus en plus utilisés, de moins en moins chers et de plus en plus propres… même s'il reste quelques ombres au tableau.

Ces dernières décennies, la production de plastique n’a cessé d’augmenter, passant de 15 millions à 311 millions de tonnes annuelles en quarante ans. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) prévoit que si rien n’est fait pour enrayer cette montée en puissance, ce chiffre grimpera jusqu’à 2 milliards de tonnes en 2050. Des prévisions qui alarment quand on sait les dégâts que ce matériau cause à la flore et à la faune, notamment marine.

La production de plastique à base de pétrole a été multipliée par 20 en quarante ans.
La production de plastique à base de pétrole a été multipliée par 20 en quarante ans. PlasticsEurope

Pour répondre à cette augmentation exponentielle, la France a par exemple interdit l’utilisation des sacs et autres objets jetables qui ne seraient pas 100 % biodégradables. L’objectif est d’atteindre 30 % de plastiques végétaux dès 2017 et 60 % en 2025. Selon les derniers chiffres, qui datent de 2011, ces matériaux de remplacement fabriqués à partir de matière végétale ne représentaient que 5 % de la consommation totale. Une goutte d’eau… Néanmoins, l’essor des bioplastiques est très rapide. Leur production a doublé en deux ans et pourrait continuer à ce rythme effréné. La cause ? Ils sont de moins en moins chers à produire et leur coût rejoint celui des plastiques à base de pétrole. Un business florissant pour de nombreux pays émergents, le Brésil en tête.

Prévisions de production de bioplastiques. Elle pourrait tripler d’ici deux ans… En orange, la part de bioplastiques biodégradables…
Prévisions de production de bioplastiques. Elle pourrait tripler d’ici deux ans… En orange, la part de bioplastiques biodégradables… European Bioplastics

Mais le bioplastique lui aussi à ses défauts. Comme le montre le graphique ci-dessus, la majorité de la production de plastique biosourcé n’est pas biodégradable. Sa fabrication et sa destruction sont certes beaucoup moins néfastes pour l’environnement, mais seule une fraction peut servir de compost naturellement. Pour le reste, la biodégradation se fera de manière industrielle avec toutes les problématiques de coût énergétique que cela engendre. La pollution des fonds marins n’est donc pas encore résolue… D’autre part, le recyclage de ce matériau impose la création d’une nouvelle filière… Néanmoins, vu l’évolution de la demande mondiale en plastique, les bioplastiques apparaissent comme la moins pire des réponses à court terme…

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