Une étude publiée dans Nature Microbiology par deux chercheurs de l’Université de Düsseldorf nous en apprend plus sur le fameux ancêtre commun, Last Universal Common Ancestor (LUCA), dont on connaissait l’existence, sans connaître sa composition ni son environnement.

La théorie selon laquelle tous les êtres vivants partagent un ancêtre commun est acceptée par la majorité de la communauté scientifique, mais son patrimoine génétique ainsi que l’environnement nécessaire à son développement restent de grandes inconnues. Bill Martin et son équipe de chercheurs de l’Université de Düsseldorf ont fait un immense tri parmi 286 000 protéines présentes dans près de 2000 types de bactéries et d’archées (une bactérie sans noyau) pour découvrir qui est LUCA.

En ne conservant que les protéines présentes dans deux types d’archées et deux types de bactéries au moins, ils en ont gardé 355. Une chaîne ADN qui pourrait être celle de LUCA, et qui fait dire à Bill Martin que « c’était un organisme qui n’avait pas besoin d’oxygène. Il consommait de l’hydrogène, de l’azote et du C0² ». De quoi nous faire comprendre un peu mieux l’environnement de notre ancêtre commun, visiblement friand de sources chaudes, « comparables à celles que l’on trouve aujourd’hui au fond des océans ».

La Terre était à deux doigts de ne jamais exister

De la vie sur Terre depuis 4 milliards d’années

LUCA était donc « thermophile », autrement dit, il aimait les fortes chaleurs, et se nourrissait « de métaux, comme le fer ou le sélénium ». Toutes ces indications, déduites d’un potentiel ADN, donnent des indices sur l’âge de notre plus vieil ancêtre : « entre 3,8 et 4 milliards d’années, une période où la Terre était si chaude que les océans n’existaient plus, s’étant évaporés après le grand bombardement tardif de notre planète par des comètes ».

LUCA serait le premier être vivant, ayant ensuite donné naissance aux bactéries, et aux archées elles mêmes à l’origine des eucaryotes, les organismes micro cellulaires les plus complexes qui composent aujourd’hui les végétaux et les animaux.
LUCA serait le premier être vivant, ayant ensuite donné naissance aux bactéries, et aux archées elles mêmes à l’origine des eucaryotes, les organismes micro cellulaires les plus complexes qui composent aujourd’hui les végétaux et les animaux. Wikimedia

La découverte des chercheurs de Düsseldorf ne fait pas l’unanimité, et certains scientifiques soutiennent que l’environnement dans lequel vivait LUCA était plus hospitalier, et qu’il avait besoin d’oxygène. Ils justifient leur désaccord en avançant que Bill Martin et son équipe ne peuvent prouver que les 355 protéines qu’ils ont sélectionnées étaient en effet toutes présentes dans l’ADN de LUCA.

Les ondes gravitationnelles, aux origines de l’univers

A défaut de convaincre tout le monde, cette découverte apporte de nouveaux indices sur l’origine de la vie sur Terre, et entraînera certainement d’autres études pour déterminer plus précisément l’identité génétique de l’ancêtre commun à tous les êtres vivants. Pour cela, le tri impressionnant effectué par les équipes de Bill Martin constitue déjà un grand pas en avant…

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