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Bureau de Ryot à L.A.
Bryn Mooser et David Darg sont les fondateurs de Ryot, une entreprise d’une nouveau genre qui brasse journalisme, high-tech et humanitaire.
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The Good Business

La Réalité Virtuelle au secours de l’humanitaire

The Good Business

Bryn Mooser et David Darg sont les fondateurs de Ryot, une entreprise d’une nouveau genre qui brasse journalisme, high-tech et humanitaire. Lancée en 2012 à Los Angeles peu après le tremblement de terre en Haïti, cette start-up ambitionne de révolutionner la façon dont sont perçues les actions des ONG.

Témoins de l’aide titanesque apportée par les ONG en Haïti lors du séisme de 2010 malgré leur manque de moyens, Bryn Mooser et David Darg ont décidé de prendre les choses en main. Ils ont simplement commencé à rapporter les faits à leur façon pour éviter une fatalité souvent observée sur le terrain : le suivi médiatique des catastrophes naturelles dépasse rarement quelques jours et l’aide humanitaire vient rapidement à manquer faute de dons suffisants.

Le duo se tourne vers la réalité virtuelle, alors à ses balbutiements, persuadé qu’elle peut aider le grand public à mieux saisir les situations d’urgence auxquelles doivent répondre les ONG sur place. S’ils mettent leur activité au service de causes diverses, ils conservent un ancrage journalistique marqué. Ryot ambitionne modestement de devenir « le plus grand réseau d’informations à 360 degrés », explique Bryn Mooser.

Toutefois, ils ne sont pas les seuls sur ce créneau. En janvier 2015, Within (anciennement Vrse), une autre société tournée vers la production de films en 360°, projette « Cloud Over Sidra », un documentaire immersif sur le camp de réfugiés de Zaatari (Jordanie) lors du World Economic Forum de Kuweit. Cette première permet de réunir une cagnotte de 3,8 milliards de dollars ce qui encourage ensuite les Nations-Unies à créer une division « réalité virtuelle ». Cette technologie permet de créer une certaine intimité entre le spectateur et l’action qui se produit sous ses yeux, même s’il est totalement étranger à la problématique ou à la région du monde.

« Cela faisait un moment qu’on attendait un nouveau souffle dans la communication humanitaire », se réjouit Jean Javogues, directeur de la communication de Première Urgence Internationale. « On ne parvient plus à toucher efficacement les gens à l’aide de simples photos et le potentiel de la vidéo s’épuise également. Avec la réalité virtuelle, on est immergé tout en restant sur sa chaise. » Pour cette ONG comme pour beaucoup d’autres, le coût de déploiement de la réalité virtuelle demeure le principal écueil. D’où les réserves émises par Jean Javogues car les précédentes technologies liées à l’humanitaire (les webdocumentaires par exemple) se sont révélées très onéreuses pour des résultats mesurés. « On aimerait beaucoup tester la VR, c’est une technologie qui a le potentiel d’être plus qu’une simple tendance, un canal de diffusion pérenne de nos actions sur le terrain. Il est essentiel pour les ONG de montrer l’impact des dons de chacun sur le terrain. Les gens veulent savoir où va leur argent, pour quelle cause ils donnent. Si on leur montre à quoi ils ont participé, leur engouement perdurera. »

Pour les fondateurs de Ryot, c’est aussi le futur du journalisme qui se joue. Ils espèrent que, dans son évolution, le métier ne se résumera pas à documenter la souffrance mais aussi à contribuer activement à la réduire.

 

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