Au premier trimestre 2016, 283 millions d'euros ont été investis dans plus d'une centaine de jeunes entreprises du numérique en France. Une somme qui a augmenté de 20 % par rapport au début d'année 2015. Décryptage.

Sur les trois premiers mois de cette année, 133 entreprises – un record ! – se sont partagées 283 millions d’euros d’investissement. Une étude menée par Capgemini et eCap Partner révèle une belle augmentation des investissements dans les startups du numérique en France. Une tendance à la hausse constante depuis plus d’un an, avec un pic exceptionnel au troisième trimestre 2015 (314 millions d’euros).

Les secteurs qui intéressent le plus les investisseurs sont les applications et les technologies d’entreprise (12 levées de fonds), la santé (11 levées) et les fintech (technologies financières, 7 levées). Les investisseurs sont majoritairement français (90 %)… mais les étrangers mettent généralement deux fois plus d’argent sur le tapis !

La levée de fonds, qu'est-ce que c'est ?

Gérald Crescione, directeur des opérations de Startup-maker.com :

« Une levée de fonds correspond au moment où une entreprise qui a besoin de se développer ouvre son capital à des investisseurs. Ceux-ci vont injecter de l’argent en échange de parts au capital de l’entreprise. C’est une sorte de pari. Généralement, les startups font appel à ces investisseurs pour faire face à une croissance de l’activité, ou lorsqu’ils ont de nouvelles idées qu’ils souhaitent développer. »

L’essor des investissements dans le secteur du numérique, comme tout ce qui touche à l’innovation, s’explique par des perspectives de croissance plus fortes que dans d’autres domaines. Et puis, comme l’explique Gérald Crescione du site Start-up maker « les startups du numérique ont des besoins de financement relativement faibles par rapport à leurs potentiels retours sur investissements ». Un site internet ou une application seront plus rapidement sur le marché qu’une montre connectée ou une enceinte Bluetooth, et de surcroît avec des coûts de production beaucoup moins élevés.

Choisir la bonne entreprise, une question de feeling
Pour intéresser de potentiels bienfaiteurs, il faut leur donner des garanties de réussite. Mais pas seulement car, comme l’explique Gérald Crescione, « les investisseurs se fient d’abord à l’équipe. Une bonne équipe avec un projet qui ne présente pas de garanties a plus de chance de réussir qu’une mauvaise équipe avec un projet abouti. » En tant qu’investisseur, les équipes de Gérald Crescione choisissent un projet en anticipant au maximum les évolutions de son secteur. Un état d’esprit qu’il résume en une phrase : « Il est inutile d’investir sur un projet sans savoir s’il y a un marché pour ça. » Du feeling donc, mais il faut aussi savoir se vendre. Pour ce faire, la méthode Kawasaki reste le grand classique de la présentation de projet : expliquer un problème, proposer une solution pertinente et convaincre que l’on est le meilleur pour la mettre en pratique. Selon Gérald Crescione, l’important est de toujours rester authentique, ne surtout pas déformer la réalité ou exagérer le potentiel du marché car « comme le disait ma grand-mère, on repère plus vite un menteur qu’un boiteux. »

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