Anthony Levandowsky est un ancien ingénieur Google qui a longtemps travaillé sur la Google Car, la voiture sans chauffeur qui sillonne déjà les routes de l'Ouest américain. Avec d'autres ex-Google, il a fondé une start-up à l'origine du projet Otto, un robot qui pilote un camion. Explications.

Le principe est simple : il suffit d’ajouter à un camion standard la surcouche technologique Otto pour qu’il se retrouve doté d’un pilote automatique. Attention, ce robot ne prendra les commandes qu’une fois le semi-remorque en vitesse de croisière. Pour le moment, ce projet est limité aux autoroutes pour d’évidentes raisons de sécurité. Les restaurants pour routiers peuvent donc se rassurer, les chauffeurs viendront toujours y déguster des entrecôtes…

Comme pour le train supersonique d’Elon Musk, le dispositif a été testé ce week-end sur les routes du Nevada et les résultats sont concluants (voir vidéo). Pourtant, la question de la sécurité se pose forcément. Comment faire confiance à un camion de plusieurs tonnes lancé à une centaine de kilomètres/heure ? Anthony Levandowsky et son équipe avancent en préambule l’argument du faible nombre d’incidents provoqués par la Google Car. Après 2,5 millions de kilomètres parcourus, elle n’a été impliquée que dans une vingtaine d’accidents, dont un seul où sa responsabilité a été engagée. De quoi être optimiste pour Anthony Levandowsky, qui n’avance pas de délai de commercialisation, mais qui compte à terme équiper près de 5 millions de camions au Etats-Unis.

Une nouvelle façon de transporter qui paraît révolutionnaire. Pourtant selon un professionnel du secteur, « ce n’est pas une révolution. Il existe déjà beaucoup de systèmes électroniques qui améliorent la conduite, comme la détection de ligne blanche, le freinage automatique… » Spécialisé dans le transport de matières dangereuses, son entreprise ne fera pas partie des premiers utilisateurs d’Otto : « Pour des raisons de sécurité, on laisse toujours les transporteurs classiques tester les nouveaux outils. » Il  reconnaît cependant qu’un pilote automatique permettrait de « limiter l’erreur humaine et lisser le niveau des chauffeurs, en plus d’améliorer leurs conditions de travail. »

Si la Google Car est sur la bonne voie pour une commercialisation prochaine, Otto devra, lui, encore faire ses preuves. Une certitude demeure, l’intelligence artificielle est en passe de remplacer les conducteurs humains…

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