Si la plus grande ville de Colombie‑Britannique a bénéficié d’un éclairage très avantageux lors des JO de 2010 et si elle truste régulièrement les podiums des villes du monde les plus agréables à vivre, Vancouver reste auréolée de mystère pour les Occidentaux et un aimant des plus attractifs pour les Chinois en mal de liberté et de good business.

Dès la descente de l’avion, le ton est donné. « Welcome to Canada ; bienvenue au Canada », la formule est affichée partout, en anglais et en français, les langues officielles du pays. Mais à Vancouver s’ajoute une troisième mention, en chinois, la troisième langue, non officielle, de la ville. Partout dans l’aéroport sont accrochés des panneaux publicitaires en mandarin seulement, destinés aux investisseurs chinois en quête de biens immobiliers.

Une nouvelle tour, un complexe appart-hôtel, des condominiums vendus à des prix exorbitants et qui, le déplorent certains, le seront tous à des acheteurs chinois. Vancouver est, depuis la fin du xixe siècle, la porte d’entrée des Asiatiques au Canada, qui y migrèrent de manière croissante au fil des besoins en main-d’œuvre, des aléas de la vie politique du continent asiatique (les Hong-Kongais s’y installèrent en masse à la fin du siècle dernier en raison de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, en 1997) et de l’enrichissement récent d’une partie de la population de la Chine continentale. Mais à Vancouver, on ne parle jamais de problème d’intégration, car, en 1971, le Canada a adopté une politique multiculturelle grâce à laquelle chacun peut exprimer son appartenance à une communauté. La diversité est considérée comme un atout, et si conflit de société il y a, il se règle en vertu de la loi seulement, sans débat sur une identité nationale, historiquement et géographiquement difficile à définir.

Il y a bien, comme le dénoncent certains résidents, un problème d’affichage dans le quartier de Richmond, où il devient difficile de trouver des panneaux en anglais, mais cela reste un petit conflit anecdotique contre lequel la ville privilégie la médiation – la loi oblige à ce que 50 % du contenu de l’affichage soit écrit en anglais.

Lovée entre montagne et océan, Vancouver et son agglomération sont la 3e métropole du canada, avec près de 2,5 millions d’habitants.
Lovée entre montagne et océan, Vancouver et son agglomération sont la 3e métropole du canada, avec près de 2,5 millions d’habitants. DR
Lovée entre montagne et océan, Vancouver et son agglomération sont la 3e métropole du canada, avec près de 2,5 millions d’habitants.
Lovée entre montagne et océan, Vancouver et son agglomération sont la 3e métropole du canada, avec près de 2,5 millions d’habitants. Paul Warchol

Ces Chinois qui font flamber l’immobilier

En novembre 2015, une étude réalisée par l’urbaniste Andy Yan a suscité la polémique. Selon certains, elle faisait, pour la première fois, la preuve que l’immobilier de luxe était bien aux mains des Chinois. Andy Yan a analysé le marché des maisons individuelles de Dunbar, quartier cossu de Vancouver, où leur prix moyen est de 2,5 millions de dollars canadiens (1,57 million d’euros). Il résulte de cette étude que 66 % de ces maisons appartiennent à des Chinois, dont les noms n’ont pas encore été anglicisés, ce qui signifie qu’il s’agit d’immigrés récents.

Bien que critiquée, cette étude met quelques chiffres sur une vérité connue de tous, et qui génère aussi quelques fantasmes plus ou moins justes sur l’origine des fonds, sur des propriétés achetées cash – alors que, selon cette même étude, 80 % de ces acheteurs ont souscrit un prêt – et sur de trop nombreux logements non occupés, si ce n’est par des étudiants, enfants de ces investisseurs étrangers. Si cet afflux d’argent est ­bénéfique pour l’économie de la ville, il est moins bienvenu pour ceux qui, à cause de la flambée des prix, ont de plus en plus de difficultés à devenir propriétaires. Et ça n’est pas près de s’arranger, car la crise qui sévit en Chine serait une raison de plus, pour ceux qui en ont les moyens, d’investir hors du pays, en particulier dans l’immobilier, qui est depuis vingt ans le premier secteur d’investissement étranger à Vancouver.

Entre immigrés de longue date, nouveaux arrivants, étudiants ou résidents, et investisseurs étrangers, la présence chinoise à Vancouver est flagrante. Elle a été favorisée par le gouvernement canadien grâce à des programmes d’accueil avantageux : l’Immigrant Investor Program, clos en 2014, et, plus récemment, le programme pilote Immigrant Investor Venture Capital, qui s’adresse à des immigrants « valant » au minimum 10 millions de dollars canadiens et prêts à en investir deux dans un fonds soutenant les start-up canadiennes. Des appels auxquels ont répondu, en grande majorité, des Chinois.

Se renseigner

Destination Canada : www.canada.travel
Tourism Vancouver : www.tourismvancouver.com

Y aller

  • Partir aux Amériques organise des circuits sur mesure dans l’Ouest Canadien. Auto‑tour à partir de 749 €/personne sur base double (hors vols) ou circuit accompagné à partir de 2 085 €/personne sur base double (hors vols).
    www.partirauxameriques.com
  • Air France propose 5 vols directs hebdomadaires Paris‑CDG – Vancouver, en Boeing 777‑200 équipés de la nouvelle cabine Best, à partir de 903 € en Economy et de 3 660 € en cabine Business.

A lire

  • Les éditions Be‑poles propose de découvrir Vancouver à travers le regard original de la photographe Dina Goldstein. Collection Portraits de Villes, Be‑poles, 20 €.

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