Traditionnellement utilisé comme condiment culinaire et dans la fabrication de parfums, le romarin présente aussi des vertus digestives, diurétiques et expectorantes. Des études récentes ont même montré que sniffer du romarin augmenterait la mémoire…

Encensier, herbe aux couronnes, rose des marins, le Rosmarinus officinalis appartient à la famille des labiées ou lamiacées. Arbuste aromatique touffu à feuillage persistant, il se distingue par ses nombreux rameaux ligneux. Ses feuilles, étroites et coriaces, à bords enroulés, sont facilement identifiables : vertes au-­dessus, couvertes d’un duvet gris en dessous. Appréciant le soleil, il se fixe volontiers dans les maquis, garrigues et rocailles du pourtour méditerranéen et peut atteindre, dans des conditions idéales, jusqu’à trois mètres de hauteur. Dès l’Antiquité, le romarin était de toutes les fêtes et cérémonies, nuptiales, funéraires et même profanes. Depuis l’Egypte ancienne, la coutume veut qu’on dépose un brin de romarin, symbole du souvenir et de l’amitié, sur le cercueil ou la pierre tombale d’un défunt. A l’époque, il s’agissait de fortifier l’âme des pharaons. Au Moyen-Age, caché sous les oreillers, il faisait fuir les mauvais esprits, et on ne le quittait pas durant les épidémies de peste. Avec seulement 131 kilocalories par 100 g, les feuilles de romarin parfument les plats en apportant quantité de fibres et de vitamines du groupe C et B, telles que l’acide folique, l’acide pantothénique, la pyridoxine, la riboflavine. On y trouve aussi un taux très élevé de folates et de très bonnes quantités de vitamine A, antioxydante et bénéfique pour la vision, mais aussi des minéraux tels que le potassium, le calcium, le fer, le manganèse, le cuivre et le magnésium.

Des vertus médicinales indéniables
Outre son usage culinaire donc, le romarin est reconnu par la Coordination scientifique européenne en phytothérapie (ESCOP) pour traiter les troubles hépatiques et soulager les problèmes digestifs. Il permettrait également de soulager les soucis gastro-intestinaux et de soigner les blessures, grâce à un effet antiseptique léger, d’atténuer la toux et de réduire l’hypertension. L’Agence européenne du médicament (EMA), l’ESCOP et la Commission E du ministère de la Santé allemand le recommandent même pour soulager les rhumatismes. Il semble d’ailleurs que la fameuse eau de Hongrie soit en réalité un alcoolat de romarin créé en 1370 pour Elisabeth de Pologne, qui souffrait de rhumatismes chroniques, et qui aurait été délivrée de ces troubles grâce à ce remède alors qu’elle était âgée de… 72 ans. Mais ce n’est pas tout. L’usage traditionnel recommande le romarin pour traiter les maux de tête, stimuler la croissance des cheveux, fortifier les convalescents, combattre les effets du stress et de la fatigue, et traiter l’inflammation des voies respiratoires et de la sphère ORL. Avec quelques précautions toutefois : il ne doit pas être utilisé par voie orale en cas d’allergie, de calculs ou de maladie du foie. L’usage local est à éviter en cas de fièvre élevée, d’infection sévère, de problème circulatoire et d’hypertension. Enfin, l’inhalation d’huile essentielle est déconseillée en cas d’asthme.

Sniffer du romarin ?
Mais un autre champ d’action se profile. Les Grecs anciens avaient déjà l’habitude de confectionner des couronnes de romarin qu’ils portaient durant les examens pour stimuler leur mémoire. En 1578, on peut lire dans un passage du Niewe Herball, du botaniste anglais Henry Lyte (1529–1607), que « les Arabes et leurs successeurs scientifiques disent que le romarin apporte du confort au cerveau, à la mémoire et aux sens internes ». Et l’Ophélie d’Hamlet affirme elle aussi : « There’s rosemary, that’s for remembrance » (« il y a du romarin, c’est pour les souvenirs », acte IV, scène 5). La légende a donc fait son chemin… jusqu’à nos jours. Une équipe de chercheurs s’est penchée sur la question en 2003. Elle a montré que l’inhalation d’huile essentielle de romarin avait considérablement amélioré la qualité globale de la mémoire des participants à l’étude. En 2009, au cours d’un essai effectué auprès de 120 étudiants au moment de quatre de leurs examens, l’huile essentielle de romarin, en inhalation, a augmenté leur concentration. Comment l’expliquer ? Les composés volatils entreraient dans la circulation sanguine par l’intermédiaire de la muqueuse nasale ou pulmonaire. En 2012, une autre étude, portant sur 28 personnes âgées en moyenne de 75 ans, a une nouvelle fois montré des améliorations significatives dans les performances cognitives après l’utilisation de doses de poudre de feuilles séchées de romarin. La légende tend donc à se confirmer… Nous, on ne demande qu’à y croire !

Indications

  • En infusion : 2 à 4 g de feuilles séchées dans une tasse d’eau bouillante.
  • En huile essentielle : avaler 1 goutte deux fois par jour. Dr Valnet, 5 ml, 3,50 €.
  • En gélules : 1 gélule, trois fois par jour. Arkopharma, 45 gélules, 6,30 €.
  • En spray : pour favoriser le bien‑être respiratoire. Fleurance Nature, 11,90 €.
  • En lotion capillaire : pour ralentir la chute des cheveux. Weleda, 100 ml, 8,87 €.
  • En shampoing : Crème de shampoing aux huiles essentielles de thym et de romarin, Opalis, 150 ml, 31 €.
  • En eau de toilette : Eau de Hongrie, Fragonard, 100 ml, 27 €.

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