Arnaud Taquet
Montres et horlogerie

L'Exospace B55, la première montre connectée de Breitling

Pionnière depuis plus de quatre-vingts ans des smartwatches, celles dédiées aux pilotes, Breitling n’a rien à craindre des innovations made in Cupertino. Alors que son légendaire modèle Navitimer, créé en 1952 et à peine modifié depuis, reste un best-seller sur la terre et dans les airs, la marque suisse vient de lancer sa première montre connectée, l’Exospace B55.

Bien avant que l’Apple Watch ne vienne préempter médiatiquement le statut de montre intelligente, Breitling avait conçu et réalisé des modèles aux fonctions augmentées qui sont, aujourd’hui encore, les meilleures alliées des pilotes. Et sa première montre connectée, l’Exospace B55, reste fidèle à l’ADN maison, farouchement indépendante, puisque c’est elle qui commande le téléphone auquel elle est reliée, et non le contraire. Tout a commencé dans le Jura bernois avec la passion de Léon Breitling pour les instruments de précision. Couplée à un savoir-faire artisanal d’exception frôlant l’obsession – on est suisse ou on ne l’est pas ! –, cette passion a d’emblée placé la jeune marque fondée en 1884 en position de spécialiste des chronographes. Breveté en 1923, le premier poussoir indépendant séparant la fonction de mise en marche/arrêt de celle de remise à zéro lui a valu de devenir l’un des principaux leaders de cette « complication ». Impossible, au passage, de ne pas s’extasier sur l’éblouissant paradoxe de ce mot – complication – qui regroupe en horlogerie tout ce qui peut, au contraire, faciliter la vie… Retracer l’histoire des innovations Breitling, ainsi que celles de ses partenariats au long cours avec l’aviation commerciale mondiale, revient presque à feuilleter des numéros collector de Life. Dès 1936, la marque au « B » ailé (lire encadré) a été nommée fournisseur officiel de chronographes de la Royal Air Force, puis de l’US Air Force. En 1952 naîtra un evergreen : le chronographe-­bracelet Navitimer, devenu très vite indispensable aux pilotes en raison de sa règle à calcul circulaire intégrée permettant d’effectuer l’essentiel des opérations de navigation. En 1962, l’astronaute Scott Carpenter embarquera même une Navitimer dans son vol orbital à bord de la capsule Aurora 7. Tout au long des trente glorieuses, années james-­bondesques en diable (revoir Opération Tonnerre…), des hommes libres portant des Navitimer au poignet se rencontraient aussi bien sur les tarmacs que dans des dîners en ville ou sur des îles du bout du monde.

La Transocean Chronograph Unitime affiche l’heure dans les 24 fuseaux horaires.
La Transocean Chronograph Unitime affiche l’heure dans les 24 fuseaux horaires. Arnaud Taquet

Breitling, l’aristocratie de l’horlogerie

Aucun risque de ronronnement bourgeois toutefois. La preuve ? Gainsbourg deviendra en 1988 une égérie spontanée de la marque, par la grâce d’une photo de Pierre Terrasson devenue célèbre depuis lors. Breitling, qui n’avait aucunement piloté cette initiative, mais a eu toutes les raisons de s’en réjouir, a donc récemment soutenu en toute discrétion une exposition de photos de « l’homme à tête de chou », qui s’est tenue du 4 mars au 8 avril dernier à la galerie germanopratine Hegoa. Pour rester dans les flash-back gainsbouriens, 1969 n’a pas seulement été une « année érotique », mais également celle de l’apparition de la première montre chronographe à ­remontage automatique. Signée Breitling, of course. Un succès qui n’empêchera pas les décennies de turbulences qui suivront. Les raisons ? Multiples. Des concurrents suisses de qualité tout d’abord, que l’on ne citera pas – il suffit de feuilleter la liste des exposants de Baselworld pour répondre au quiz. L’arrivée des montres à quartz japonaises, puis celle des ­téléphones portables, ces derniers ayant pris de redoutables parts de marché sur les montres-bracelets. Fort heureusement, ­Breitling, qui représente l’aristocratie horlogère, n’a jamais joué dans la catégorie de milieu de gamme, la plus touchée. Tel un phénix, la marque a opéré un retournement digne des figures de haute voltige. Elle peut s’enorgueillir d’être aujourd’hui l’une des rares maisons à équiper tous ses modèles de mouvements ­officiellement certifiés chronomètres, ainsi que d’être l’une des seules à fabriquer ses mouvements de chronographes mécaniques dans ses ateliers (en clair, à ne pas dépendre de Swatch). En parallèle, mais c’est là son cœur, Breitling réaffirme plus que jamais sa passion pour les compétitions aériennes. En sponsorisant tout d’abord la Breitling Jet Team, plus grande patrouille professionnelle civile du monde, volant sur sept jets L-39C ­Albatros, et en ­s’associant, en tant que chronométreur officiel, aux meetings les plus ­courus de la planète, comme Reno ou la Red Bull Air Race, dans laquelle elle engage par ailleurs sa propre équipe. La marque participe également à la restauration d’engins mythiques comme le Breitling Super Constellation, l’un des deux derniers « Super Connies » en état de vol dans le monde. Même si Instagram et Twitter ont pris le relais de Life, la saga sponsoring de Breitling continue de clignoter, en temps réel cette fois, sur les radars des passionnés d’aviation.

B comme Breitling et comme... Bentley

Jolie coïncidence : le logo de Breitling intègre une paire d’ailes et la lettre « B », tout comme celui de Bentley, avec qui la marque de La Chaux‑de‑Fonds a créé non seulement une collection de chronographes cobrandés, mais aussi une édition limitée de sept Bentley Continental GT Speed, dévoilée en juillet 2015 lors du Seattle Boeing Seafair Airshow.

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