Comme l’indique la consonance de son nom, la firme horlogère suisse Parmigiani entretient des liens très profonds avec l’excellence italienne. Pas seulement gastronomique ! En témoigne l’harmonieuse élégance de son modèle phare, la montre Tonda 1950, créé en 2006 et dont le nom signifie « ronde » de l’autre côté des Alpes.

La lumière est filtrée, le silence, empli de douceur studieuse. Dans ses ateliers de la rue du Temple, à Fleurier, Michel Parmigiani vient d’achever la restauration d’une pendule automate Jaquet-Droz de la fin du XVIIIe siècle. Après plusieurs mois perdu dans les rouages de l’incertitude, il actionne le mécanisme de l’horloge. Sur le cadran, fond visible d’une cage dorée, la grande aiguille atteint le nombre XII, amorçant le chant de deux canaris mécaniques bleu et jaune.

L’illusion est parfaite. La vie semble naître de ces architectures microscopiques. Impossible de ne pas songer à la métaphore des célèbres vers des Cabales de Voltaire – « L’univers m’embarrasse et je ne puis songer / Que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger » – par laquelle le philosophe, qui fut aussi le créateur de la Manufacture royale des montres de Ferney, rend un vibrant hommage au génie démiurgique de Jacques Vaucanson, d’Abraham Louis Perret ou encore de Georges Graham… autant de brillants inventeurs dont Michel Parmigiani est aujourd’hui le digne héritier.
Et c’est justement ce savoir-faire technique qui fait la personnalité de Parmigiani Fleurier, marque fondée en 1996 sur le succès d’un atelier de restauration. Tout a commencé en 1976, lorsque le jeune horloger Michel Parmigiani établit sa première adresse à Couvet. Apprécié pour ses talents de restaurateur, il devient rapidement celui de la famille Sandoz, riche dynastie pharmaceutique suisse, et de sa vaste collection de pendules et d’automates, celle qui a donné naissance au musée d’Horlogerie du Locle. Une connivence qui résistera à la crise des années 80 et aboutira, en 1996, au rachat de l’atelier par la fondation de famille Sandoz ainsi qu’à la création de la marque Parmigiani Fleurier, avec la volonté de devenir rapidement – avec beaucoup de moyens – un acteur de l’horlogerie de luxe. Si le brio n’est plus à démontrer, il reste cependant à organiser une production industrielle digne de ce nom, à ­positionner une marque naissante et à résister à la puissance hégémonique du groupe Swatch, alors principal fournisseur de mouvements du secteur via son entreprise ETA. Dès 2000, c’est à Jean-Marc Jacot, figure de l’horlogerie suisse connue notamment pour ses succès chez ­Cartier et Ebel, qu’incombe la mission de structurer les créations de Parmigiani, qui compte aujourd’hui 13 calibres (27 déclinaisons) pour environ 70 modèles de montres répartis en six collections – Tonda, Kalpa, Bugatti, Pershing, Transforma et Ovale –, et de créer un outil de production indépendant.

Contrôle qualité final chez Parmigiani Fleurier.
Contrôle qualité final chez Parmigiani Fleurier. VINCENT MERCIER

Tonda, une élégance indémodable

Les premiers modèles affirment le très beau classicisme de la Maison. C’est le cas de la Tonda, dont le cadran rond réduit la montre à l’expression de sa plus simple utilité : heures, minutes, secondes. Au moment où le goût de l’époque s’éprend d’ultramodernité et de tocantes viriles, voire bling-bling, Parmigiani Fleurier choisit la force tranquille du néoclassicisme et sa sobriété heureuse, apaisée. Voilà vingt ans que le succès de ce modèle ne se dément pas. Mieux, au gré de ses déclinaisons, son profil effilé continue d’exprimer toute la philosophie de la marque.

Comme la récente Tonda 1950, proposée en or rose ou en or blanc qui complète la gamme déjà large des calibres maison en embarquant un mouvement automatique extraplat. D’un diamètre de 30 mm et d’une épaisseur de seulement 2,6 mm, le PF 701 permet désormais de nombreuses variations esthétiques et techniques, comme l’intégration d’un quantième, sans toucher au profil de la boîte, mesurant à peine 7,8 mm d’épaisseur et 39 mm de diamètre.

La Tonda 1950 : à sa sortie, ce garde-temps est devenu un nouveau jalon pour les amateurs de montres contemporaines d’inspiration classique.
La Tonda 1950 : à sa sortie, ce garde-temps est devenu un nouveau jalon pour les amateurs de montres contemporaines d’inspiration classique. DR

Malgré sa finesse, le mouvement de la Tonda 1950, entièrement réalisé par la manu­facture Parmigiani Fleurier, possède des finitions de haute horlogerie. La platine en maillechort est sablée, perlée, puis rhodiée. Les ponts sont sablés, étirés ou décorés côte de Genève, puis anglés main et, enfin, rhodiés. A noter également la finition esthétique de chaque roue, anglée, moulurée, cerclée sur les deux faces, puis dorée avant taillage. Autant de détails qui continuent d’asseoir son indémodable perfection. Une très belle montre !

Parmigiani Fleurier en quelques dates

1976 : création de l’atelier Mesure et art du temps par Michel Parmigiani.
1990 : restauration d’une pendule sympathique de Breguet (2 000 heures de travail) pour le Patek Philippe Museum.
1996 : la fondation de famille Sandoz rachète l’atelier et crée la marque Parmigiani Fleurier.
2000 : Jean-Marc Jacot est nommé délégué aux affaires horlogères auprès de la fondation de famille Sandoz pour mettre en place le pôle artisano‑industriel. Rachat des Artisans boîtiers et d’Atokalpa.
2001 : rachat d’Elwin.
2003 : rachat de Vaucher.
2004 : lancement de la Bugatti Super Sport.
2005 : rachat de Quadrance et Habillage.
2006 : lancement de la collection féminine et du prix Femme d’exception.
2013 : lancement des Parmigiani Spirit Awards, bourse de soutien à de jeunes rameurs (aviron).

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